« Une pause par jour » – 22 décembre 2017

3ème  Semaine de l’Avent – Première lecture (1 S 1, 24-38)

En ces jours-là, lorsque Samuel fut sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la maison du Seigneur, à Silo ; l’enfant était encore tout jeune. Anne avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. On offrit le taureau en sacrifice, et on amena l’enfant au prêtre Éli. Anne lui dit alors : « Écoute-moi, mon seigneur, je t’en prie ! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi pour prier le Seigneur. C’est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande. À mon tour je le donne au Seigneur pour qu’il en dispose. Il demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie. » Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur. — Parole du Seigneur. 

Évangile (Lc 1, 46-56)

En ce temps-là, Marie rendit grâce au Seigneur en disant : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. – Acclamons la Parole de Dieu. 

Un responsable à tout prix

«Ah, la vie est bonne pour moi!», disent certains devant un événement heureux. Pour d’autres, les planètes sont bien alignées, pour d’autres encore, c’est une puissance supérieure qui les protège. Aujourd’hui, nous savons que le hasard, nos gènes ou nos dispositions intérieures ont une certaine part dans tout ce qui nous arrive de réjouissant ou de douloureux. Nous n’évoquons pas spontanément le nom de Dieu comme explication.

L’ouverture à un sens plus large

Pour Anne, la mère de Samuel, pour Marie et sa cousine Élisabeth, il ne fait aucun doute que, quand des merveilles arrivent, c’est Dieu qui en est l’auteur. Mais ce n’est pas simplement une confiance aveugle, une sorte de naïveté enfantine, Il s’agit plutôt de la conscience d’un projet de Dieu pour le monde. Les deux femmes reconnaissent dans leur propre vie ce que le Seigneur est en train de faire pour l’humanité. Comme le dit la prière d’ouverture de la messe, Dieu ne supporte pas que l’être humain «soit abandonné à la mort». C’est pourquoi il rend féconde la femme stérile, il guérit les malades, il délivre les prisonniers. En eux, c’est le salut qui est en marche.

Une conscience à renouveler

Nous pouvons nous aussi élever à une dimension supérieure les heureux événements qui nous arrivent. Pour une naissance longtemps désirée, une guérison, une libération, plutôt que de remercier les planètes, pourquoi ne pas inscrire cette bonne nouvelle dans le salut en marche? Cette attitude nous aidera à situer ce qui nous arrive dans une aventure humaine plus large et contribuera à renforcer notre confiance que Dieu réalise sa promesse. Bien sûr, il faut le croire pour le voir…

Noël : Méditation d’un p’tit poète devant le calendrier de l’Avent

Pour Allégra

 »Dommage et ennuyeux,
ce carreau trop étroit pour un si long voyage ! »
C’est ce que j’ai pensé puis bougonné tout haut
en contemplant Joseph, attentif à Marie,
assise sur le dos du petit âne gris dans mon calendrier.

Dommage côté vue !
Imagine Allégra,
ce paysage ami bouclé dans une case,
et nos yeux vagabonds interdits de séjour
en Terre de l’Avent !

Ennuyeux pour l’effet !
Comment les dénombrer,
s’ils demeurent figés sur cet instantané :
tous les pas de Joseph (et ceux de son bâton),
les double-trots de l’âne,
… et les balancements oh ! ces balancements …
au tempo de l’ânon – pour une femme enceinte !’ –
Pas qu’un seul
Plus de cent et sur des kilomètres !
Encore un. Puis dix mille … à lui tourner le coeur …
jusqu’à Bethléem.

Heureusement pour eux qu’ils ignoraient la suite.
Mais nous deux, Allégra ! Nous connaissons d’avance :
les auberges bondées, aucun lit pour dormir et,
au coeur de la nuit, point de moïse bleu pour y bercer l’enfant.

Nous savons et comptons leurs pas bien mieux qu’eux-mêmes
… et les balancements oh ! ces balancements …
tandis qu’ils voyageaient, sûrs de trouver repos
au douillet d’une auberge.
Et ces pas bout-à-bout
… si différents des leurs qui ne s’en doutaient guère …
et les balancements s’avancent en nos coeurs,
pour nous ouvrir les yeux sur le dépouillement
de l’Étable à Noël.

Point d’auberge, point de lit, point de moïse bleu.
De toute éternité le Père aussi savait,
Lui qui additionnait les mêmes pas que nous
(… et les balancements …).
C’est d’ailleurs pour nous deux, Allégra, qu’Il n’a pu
…forcer tel hôtelier à héberger Marie.

Car nous n’aurions pas su, Allégra,
ni même additionné au boulier de l’Amour
la somme d’enjambées
… et les balancements oh ! ces balancements …
dessinant le chemin vers l’Étable à Noël
où, inlassablement sans jamais S’imposer,
nous sourit l’Enfant-Dieu
… né au bout du voyage en Terre de l’Avent.

Marie-Claude Pellerin

Tiré de  »Pèlerin de l’Avent »

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