« Hippolyte, Jésus et mon Noël »

J’écumais les marchés de Noël, cherchant un nouveau Jésus pour l’installer dans ma crèche. Comme tout le monde le sait, les chats sont friands de cette fête et les trois miens particulièrement. Après avoir fait tomber plus de cinq fois mon sapin artificiel, couru dans la maison, plus rapide que Messi (Tiens ! le nom est bien choisi) une boule incassable à la patte, l’an dernier, il s’en était pris à mon petit Jésus. Il aurait pu choisir le grand Melchior, ou avoir le courage de s’attaquer au bœuf, non. D’un coup de coussinet, il avait emporté l’enfant. 
Comme le 25 décembre approchait, je décidai donc de me mettre en quête pour rendre à ma crèche son élément central. Il ne fallait pas qu’il soit plus grand que ses parents, ou d’une teinte de peau différente ou habillé dans un style diamétralement opposé.  Je cherchais un Jésus à ma mesure. Un Jésus qui écoute mes demandes, qui ne râle pas trop que je ne prie que très rarement, un Jésus qui exauce mes vœux, guide mes espoirs, soit endormi lorsque je critique les autres et éveillé lorsque je les complimente.  Un Jésus qui n’est pas trop présent mais qui se manifeste lorsque j’ai besoin de lui. 
Tout à coup, je l’ai vu. Il était parfait. J’ai sorti Marie et Joseph, que j’avais emportés avec moi, de ma poche, pour m’assurer que l’ensemble de la famille semblait recomposé. J’ai payé les 10 euros requis et, heureuse, j’ai emporté l’enfant dans un sachet de papier blanc. C’est au moment où j’allais mettre le contact de ma voiture que j’ai entendu sa petite voix. 
« Je suis vraiment heureux de renaître chez toi. »
Je me suis dit que, finalement, c’était plutôt vrai, il était temps.  J’ai donc choisi de discuter avec un sac de papier blanc. Et lorsque je suis arrivée à bon port, je savais la place que je lui ferais.  J’ai déposé mon tout nouveau Jésus entre son père et sa mère, son visage éclairé de façon intermittente, sous le regard bienveillant du bœuf et plutôt envieux d’Hippolyte qui se pourléchait déjà les babines. 
Et dans mon intériorité, j’ai installé un nouveau panneau d’affichage (C’est le moment des grandes illuminations). J’ai choisi cette phrase pour accueillir sa renaissance :
« Tout le bien que vous aimeriez qu’on vous fasse, faites-le vous-mêmes aux autres ». 
Je me suis assise dans le canapé, Hippolyte calé sur mes genoux, le rythme de mes battements clignotant en symbiose avec ma guirlande.
Noël pouvait venir, je n’attendais plus que Jésus soit à ma mesure.
J’avais décidé de laisser mon cœur battre à la sienne.
Laurence Fourrier
Tiré du bulletin d’information Hiver 2017 RCF Sud Belgique

2 réflexions sur “« Hippolyte, Jésus et mon Noël »

  1. « Coup de foudre » commun alors pour cette jolie histoire toute simple mais, pleine d’enseignements pour ce temps de Noël, ET aussi, pour toute l’année ! 😉

    A vous aussi ! Merci beaucoup ! 🙂

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