L’Esprit de Pentecôte est claustrophobe, il est toujours dehors, il a besoin d’espace, de liberté et de nouveauté. Comme pour les apôtres, il nous fait sortir de notre chambre close pour oser prendre le large.
Ouvrons-lui les portes pour que chacun l’entende dans sa propre langue et puisse le recevoir dans l’émerveillement de la rencontre.
Belle fête à chacun.e !
Fernand
Première lecture (Ac 2, 1-11)
Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours après Pâques, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »
Évangile (Jn 20, 19-23)
C’était après la mort de Jésus ; le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Homélie : La Pentecôte à l’envers
NB : Cette homélie sera prononcée en wallon ce dimanche. Cela explique son style un peu particulier permettant une adaptation à la langue des amoureux de la langue wallonne. J’utiliserai un aimant.
1* Dans un premier temps, je vais vous dévoiler le sens de la Pentecôte à l’envers.
Le jour de la Pentecôte, les apôtres se sont cachés au fond d’une grande salle. L’Esprit-Saint surpris resta discret.
Ils se dirent que Jésus les avait oubliés depuis Pâques. Alors, ils le rangèrent au fond d’un tiroir comme un beau souvenir de leur enfance.
Plusieurs devinrent muets sur leur foi. Les autres, très bavards de paroles vides, passe-partout ne dérangeaient plus personne.
En les voyant, des étrangers disaient : « Comme ils sont tristes, ils ne parlent que de la météo, de maladies et d’accidents. Ils devraient boire un peu de vin çà leur ferait beaucoup de bien. Ils ont vraiment peur que la tendresse et les merveilles de Jésus les bouleversent. »
Le lendemain de la Pentecôte, les apôtres rentrèrent chez eux. Ils reprirent leur ancien métier de pêcheur et de publicain. Les soucis quotidiens de la vie prirent progressivement le dessus. Le dynamisme et la joie provoqués par la résurrection de Jésus s’en allèrent tout à fait. Ils devinrent flegmatiques jusqu’à leur mort. Lire la suite

