« Le poids des mots… »

Dans un petit coin de notre mémoire nous avons tous, bien rangé, un message publicitaire que nous extirpons et pouvons glisser dans la conversation de tous les jours, histoire de lui donner des couleurs. Immédiatement votre interlocuteur est sur la même longueur d’ondes. Un exemple? « Ton permis tu l’as trouvé dans un paquet de B…? » Publicité qui n’évoquera sans doute aucun souvenir aux moins de 40 ans. On retiendra pourtant que ce message était nettement plus classe que les insultes d’aujourd’hui destinées à des automobilistes distraits, maladroits… Une référence à un fabricant de poudre à lessiver qui avait l’habitude de mettre dans ses paquets un cadeau. Ces slogans, on peut les multiplier quasi à l’infini. Il y a encore ceux non pas liés à un produit mais plutôt à ces actes, à ces attitudes du quotidien. Ainsi « un verre ça va, trois verres bonjour les dégâts. » Une invitation à la sobriété lancée aux automobilistes quand ils prennent le volant. Ou encore, symbole des années 80, le tout aussi célébrissime  « Touche pas à mon pote. » Juste quelques mots mais qui associés à l’image sont percutants, efficaces… 
Un prêtre français vient de faire son entrée dans le cercle fermé des publicistes plutôt doués. L’abbé Philippe Boyer, prêtre de la paroisse de Saint-Flour en Panèze, dans le Cantal s’est lancé avec un slogan. Son slogan: « Venez à la messe… n’attendez pas que les autres vous y amènent. » La photo? Elle a été prise lors de funérailles. On y voit un cercueil porté à l’épaule par 4 hommes faire son entrée dans une église. Le texte et la photo ont été réunis en une affiche qui a été apposée à la Toussaint sur la porte de la cathédrale de Saint-Flour puis sur celle des églises des environs. Le père publiciste ayant déjà su séduire des confrères qui ont immédiatement décidé de lui emboîter le pas.
Le message, a-t-il confié à la presse régionale, est double. Un prêtre quelque peu excédé de célébrer devant des assemblées bien clairsemées. Il veut faire réagir les chrétiens « par intermittence », comme il les qualifie, ceux présents à l’église à des périodes clés de leur vie ou à leur mort. Faire réagir encore les chrétiens par habitude. Ceux, comme il n’hésite pas à dire, « qui viennent à l’église comme au supermarché » sans ne pas/plus prendre conscience de la beauté du message du Christ. « Certains trouvent cela corrosif, grinçant, amusant, insolent car parler de la mort n’est pas une chose aisée, mais pour moi, c’est tout le contraire. La sépulture est devenue un rite social plus que religieux. Et pour ma part, je pense que  l’on peut interpeller avec la mort. »
C’est sans doute, pour plagier la publicité pour un célèbre magazine français, ce que l’on appelle « le poids des mots, le choc des photos. »
Christine Bolinne
Chargée de communication du diocèse
Source : Info diocèse de Namur 13 novembre 2019
NDLR : l’abbé Casmir Nnubia a aussi apposé cette affiche aux valves des églises du secteur Bièvre/Daverdisse. 🙂 

Quelques activités à vivre à l’académie d’icônes « Saint Joseph »

AVENT 2019 

Préparation à Noël en peignant l’icône de la Vierge du Signe à l’Académie d’icônes « St Joseph »

les 15-16-17 novembre et 6-7-8 décembre 2019   

En 2 weekends prolongés : vendredi-samedi-dimanche (avec ou sans hébergement sur place)  
Avec la Mère de Dieu, préparons-nous à la naissance de son Fils, le Fils de Dieu, notre Sauveur. Accueillons avec Elle l’Enfant de la crèche au cœur de notre existence. Réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse pour entrer dans le mystère de l’Incarnation en toute humilité et confiance. Nous aurons la joie et la grâce de nous préparer avec cœur à la venue du divin Messie par la réalisation de l’icône de la Vierge du Signe. Préparons notre demeure intérieure dans l’attente joyeuse de la naissance de Jésus. Chemin de Lumière…L’Avent m’apprend à vivre éveillé ! A prendre conscience que ma vie est faite pour se déployer en pleine lumière, à la suite du Christ.

L’icône sera bénie le dimanche de l’Immaculée Conception à 16h durant les vêpres à la Fraternité de Tibériade à Lavaux-Ste-Anne.  

Les conditions sont disponibles sur simple demande.

ATELIER « St Joseph » 
animé par Astride HILD, iconographe diplômée par l’Eglise Orthodoxe russe, Patriarcat de Moscou
E-Mail : astride.hild@gmail.com 
Site internet : http://www.atelier-icones.be

« Une pause par jour » – 20 novembre 2019

Première lecture – « Le Créateur du monde vous rendra l’esprit et la vie » (2 M 7, 1.20-31) – Lecture du deuxième livre des Martyrs d’Israël

En ces jours-là, sept frères avaient été arrêtés avec leur mère. À coups de fouet et de nerf de bœuf, le roi Antiocos voulut les contraindre à manger du porc, viande interdite. Leur mère fut particulièrement admirable et digne d’une illustre mémoire : voyant mourir ses sept fils dans l’espace d’un seul jour, elle le supporta vaillamment parce qu’elle avait mis son espérance dans le Seigneur. Elle exhortait chacun d’eux dans la langue de ses pères ; cette femme héroïque leur parlait avec un courage viril : « Je suis incapable de dire comment vous vous êtes formés dans mes entrailles. Ce n’est pas moi qui vous ai donné l’esprit et la vie, qui ai organisé les éléments dont chacun de vous est composé. C’est le Créateur du monde qui façonne l’enfant à l’origine, qui préside à l’origine de toute chose. Et c’est lui qui, dans sa miséricorde, vous rendra l’esprit et la vie, parce que, pour l’amour de ses lois, vous méprisez maintenant votre propre existence. » Antiocos s’imagina qu’on le méprisait, et soupçonna que ce discours contenait des insultes. Il se mit à exhorter le plus jeune, le dernier survivant. Bien plus, il lui promettait avec serment de le rendre à la fois riche et très heureux s’il abandonnait les usages de ses pères : il en ferait son ami et lui confierait des fonctions publiques. Comme le jeune homme n’écoutait pas, le roi appela la mère, et il l’exhortait à conseiller l’adolescent pour le sauver. Au bout de ces longues exhortations, elle consentit à persuader son fils. Elle se pencha vers lui, et lui parla dans la langue de ses pères, trompant ainsi le cruel tyran : « Mon fils, aie pitié de moi : je t’ai porté neuf mois dans mon sein, je t’ai allaité pendant trois ans, je t’ai nourri et élevé jusqu’à l’âge où tu es parvenu, j’ai pris soin de toi. Je t’en conjure, mon enfant, regarde le ciel et la terre avec tout ce qu’ils contiennent : sache que Dieu a fait tout cela de rien, et que la race des hommes est née de la même manière. Ne crains pas ce bourreau, montre-toi digne de tes frères et accepte la mort, afin que je te retrouve avec eux au jour de la miséricorde. » Lorsqu’elle eut fini de parler, le jeune homme déclara : « Qu’attendez-vous ? Je n’obéis pas à l’ordre du roi, mais j’écoute l’ordre de la Loi donnée à nos pères par Moïse. Et toi qui as inventé toutes sortes de mauvais traitements contre les Hébreux, tu n’échapperas pas à la main de Dieu. » – Parole du Seigneur.

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« Une pause par jour » – 19 novembre 2019

Première lecture – « En choisissant de mourir pour nos vénérables et saintes lois, j’aurai laissé le noble exemple d’une belle mort » (2 M 6, 18-31) – Lecture du deuxième livre des Martyrs d’Israël

En ces jours-là, Éléazar était l’un des scribes les plus éminents. C’était un homme très âgé, et de très belle allure. On voulut l’obliger à manger du porc en lui ouvrant la bouche de force. Préférant avoir une mort prestigieuse plutôt qu’une vie abjecte, il marchait de son plein gré vers l’instrument du supplice, après avoir recraché cette viande, comme on doit le faire quand on a le courage de rejeter ce qu’il n’est pas permis de manger, même par amour de la vie. Ceux qui étaient chargés de ce repas sacrilège le connaissaient de longue date. Ils le prirent à part et lui conseillèrent de faire apporter des viandes dont l’usage était permis, et qu’il aurait préparées lui-même. Il n’aurait qu’à faire semblant de manger les chairs de la victime pour obéir au roi ; en agissant ainsi, il échapperait à la mort et serait traité avec humanité grâce à la vieille amitié qu’il avait pour eux. Mais il fit un beau raisonnement, bien digne de son âge, du rang que lui donnait sa vieillesse, du respect que lui valaient ses cheveux blancs, de sa conduite irréprochable depuis l’enfance, et surtout digne de la législation sainte établie par Dieu. Il s’exprima en conséquence, demandant qu’on l’envoyât sans tarder au séjour des morts : « Une telle comédie est indigne de mon âge. Car beaucoup de jeunes gens croiraient qu’Éléazar, à 90 ans, adopte la manière de vivre des étrangers. À cause de cette comédie, par ma faute, ils se laisseraient égarer eux aussi ; et moi, pour un misérable reste de vie, j’attirerais sur ma vieillesse la honte et le déshonneur. Même si j’évite, pour le moment, le châtiment qui vient des hommes, je n’échapperai pas, vivant ou mort, aux mains du Tout-Puissant. C’est pourquoi, en quittant aujourd’hui la vie avec courage, je me montrerai digne de ma vieillesse et, en choisissant de mourir avec détermination et noblesse pour nos vénérables et saintes lois, j’aurai laissé aux jeunes gens le noble exemple d’une belle mort. » Sur ces mots, il alla tout droit au supplice. Pour ceux qui le conduisaient, ces propos étaient de la folie ; c’est pourquoi ils passèrent subitement de la bienveillance à l’hostilité. Quant à lui, au moment de mourir sous les coups, il dit en gémissant : « Le Seigneur, dans sa science sainte, le voit bien : alors que je pouvais échapper à la mort,
j’endure sous le fouet des douleurs qui font souffrir mon corps ; mais dans mon âme je les supporte avec joie, parce que je crains Dieu. » Telle fut la mort de cet homme. Il laissa ainsi, non seulement à la jeunesse mais à l’ensemble de son peuple, un exemple de noblesse et un mémorial de vertu. – Parole du Seigneur.

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