« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »
Pendant des années, à partir de cette phrase, on a entretenu l’idée que la religion n’avait rien à voir avec la politique. N’est-il pas regrettable de reléguer ainsi la religion dans la sphère du privé ? Même si nous nous sentons trop petits pour changer les mentalités ou le cours des choses, nous avons à contribuer à assurer à tous, surtout aux plus pauvres, des conditions décentes d’existence. Travailler à une bonne gestion de notre cité, n’est-ce pas rendre à Dieu ce qui est à Dieu ?
Abbé Fernand Stréber
29ème dimanche ordinaire Année A : « L’impôt à César » – Evangile : Mt 22, 15-21 (+ v 22)
NDLR : La dernière phrase ( v. 22) est absente du texte utilisé pour la liturgie officielle.
Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens. Donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? » Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’argent. Il leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? De l’empereur César », répondirent-ils. Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » A ces mots, ils furent tout étonnés et, le laissant, ils s’en allèrent.
Commentaire
Décidément, les adversaires de Jésus n’ont pas l’intention d’enterrer la hache de guerre.
Plantons le décor :
1° tableau : une grenade, un véritable piège tendu à Jésus. La stratégie des pharisiens est simple : Jésus doit parler. Un peu trop si possible. Comment ? Par la torture ? Non. Mieux que çà. L’idéal serait qu’il prononce quelques mots piégés. Et pour bien amorcer l’explosif, rien de tel qu’une question qui divise l’opinion publique : l’impôt dû à César. Cet impôt perçu par les agents du fisc impérial est considéré comme très avilissant par la population. Il s’ajoute à l’impôt du temple – , la célèbre dîme (le dixième des récoltes et des troupeaux) – perçue par les lévites et à l’impôt civil perçu par les publicains. Cà nous fait donc trois impôts qui se cumulent. Lire la suite



















