Texte de réflexion sur la fête de la Toussaint

« Les toutes saintes,
les tous saints,
marchent parmi nous.
Parfois d’un pas hésitant.
Ni tout à fait devant,
plutôt fixant leurs pas
sur celles, ceux qui marchent lent.
On ne les entend pas,
ou alors juste un mot
comme un bonjour, comme un ça va ?
Elles, ils ne portent pas en dossard
les poids de leurs blessures,
taisent un peu trop, sans doute,
le couplet de leurs tourments, de leur rage aussi.
Elles, ils respectent, comme on respecte le chêne centenaire
grandi au coin de notre pré, ce qu’elles, ils ont bâti avec nous.
Ils ne nous brisent pas la Vie, pas la vue.
Elles, ils nous adoucissent de leurs teintes pastel,
et lorsqu’on les voit, ça ressemble à du réconfort.
Lorsque l’heure est creuse,
elles, ils regardent germer la graine. « 
Marie Jeanne Absil 30 octobre 2026

« Dans l’horizon politique, quel avenir pour les femmes ? » – Journée régionale de l’ACRF Ardenne-Condroz-Famenne à Gedinne

La revoilà déjà 😃 Notre journée régionale !
Chaque année, nous nous retrouvons entre femmes quelque part sur notre grand territoire Ardenne-Condroz-Famenne pour s’informer et discuter autour d’un thème, se rencontrer, partager nos pratiques locales.
Après Farnière et la santé 🫀 des femmes l’année dernière, rendez-vous à Gedinne le mardi 3 novembre prochain pour échanger autour de la question « Dans l’horizon politique, quel avenir pour les femmes? » 🚺
Suivra un moment convivial pour faire connaissance et partager entre femmes des groupes locaux et des activités diverses qui prennent place dans la région 🥰☕️
Infos pratiques : 
⏰ De 10h à 15h.
📍Au Ciné Gedinne, rue de la Croisette, 11 à Gedinne.
💸 Gratuit!
🥂Café, biscuits et verre de l’amitié offert.
🥪 Apportez votre pique-nique.
📧 Informations et inscriptions souhaitées auprès de Françoise: francoisedebournonville@acrf.be
Alors, tu viens? 😊

Page FB de l’ACRF Ardenne-Condroz-Famenne :  https://www.facebook.com/profile.php?id=100064306554658

Analogie sur le deuil

« Le deuil, c’est comme des paillettes.
Au moment où ton monde s’effondre, c’est comme si quelqu’un les avait lancées en l’air – et qu’elles étaient retombées partout. Elles s’incrustent dans ta peau, dans tes cheveux, jusque dans les fissures les plus profondes de ta vie.
Tu essaies de les balayer, désespéré de reprendre le contrôle de quelque chose. Tu crois les avoir éliminées… jusqu’à ce qu’elles réapparaissent. Des mois plus tard. Des années plus tard. Dans le coin d’un cadre que tu époussettes chaque semaine. Sur la manche d’un pull que tu as porté une dizaine de fois sans remarquer qu’elles s’y étaient accrochées.
Collées au sol, là où la lumière frappe juste comme il faut – et soudain, c’est de nouveau indéniable.
Tu n’en viendras jamais complètement à bout. Elles seront toujours là – ces paillettes du deuil, qui accrochent la lumière de façon à la fois magnifique et cruelle. »
Savoir bien s’entourer de personnes bienveillantes qui comprennent que les vagues du deuil peuvent réapparaître et frapper à des moments imprévus, c’est vraiment précieux et important. »

𝐀𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐯𝐚𝐜𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐜𝐞𝐧𝐭, 𝐬𝐚𝐢𝐧𝐭 𝐀𝐮𝐠𝐮𝐬𝐭𝐢𝐧 𝐥𝐢𝐯𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐚𝐭𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐞𝐢𝐥𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐫𝐞𝐝𝐞́𝐜𝐨𝐮𝐯𝐫𝐢𝐫 𝐥𝐞 𝐯𝐫𝐚𝐢 𝐬𝐞𝐧𝐬 𝐝𝐮 𝐫𝐞𝐩𝐨𝐬.

Entre le dernier mail professionnel et le premier jour des vacances, il y a parfois un décalage. Arrivés à la plage, à la montagne ou chez leurs proches, beaucoup gardent le téléphone allumé, l’esprit encore encombré par les dossiers laissés en suspens et cette impression tenace qu’il faudrait profiter de ce temps libre pour faire quelque chose d’utile. Le repos était pourtant au programme, mais il semble parfois difficile d’y entrer pleinement. Les vacances ont commencé, sans que l’esprit, lui, ait véritablement décroché.
Pour saint Augustin, le repos n’est pas l’absence de travail, il en est l’accomplissement. Une invitation à redécouvrir, à travers quatre conseils inspirés de sa pensée, l’art de s’arrêter vraiment.
𝟭. 𝗟𝗲 𝗿𝗲𝗽𝗼𝘀 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗿𝗲́𝗰𝗼𝗺𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲
Un temps volontairement tourné vers la recherche de la vérité plutôt que vers les exigences du travail. Ce loisir, loin d’être une fuite ou une perte de temps, est devenu l’un des moments les plus féconds de sa vie.
Le premier conseil d’Augustin serait sans doute de cesser de considérer le repos comme une simple récompense. La logique moderne des vacances repose souvent sur une forme de transaction. Après avoir beaucoup travaillé, accumulé suffisamment d’argent et rempli ses obligations, il serait enfin permis de s’arrêter.
Le repos n’est pas seulement un dû accordé au terme de l’effort, mais un état dans lequel l’homme retrouve ce pour quoi il est fait. Un espace où l’amour de la vérité peut pleinement s’épanouir. Comme l’évêque d’Hippone l’écrit dès les premières lignes des Confessions, l’homme est fait pour Dieu et son cœur demeure inquiet tant qu’il ne repose pas en Lui. Une inquiétude que quinze jours au soleil ne suffisent pas toujours à apaiser, et qui invite plutôt à tourner son attention vers ce que le cœur cherche véritablement. Concrètement, le premier pas vers un été vécu selon cet esprit n’est donc pas seulement de choisir une destination ou de remplir un agenda, mais de s’interroger sur le sens donné à ce temps de repos. Non pas seulement ce qui sera fait pendant les vacances, mais ce qu’elles permettront d’accueillir.
𝟮. 𝗗𝗲́𝗰𝗼𝘂𝘃𝗿𝗶𝗿 𝗹𝗮 𝗿𝗶𝗰𝗵𝗲𝘀𝘀𝗲 𝗱𝘂 𝘀𝗶𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲
Le deuxième conseil de saint Augustin serait sûrement de redécouvrir le silence et la richesse de la vie intérieure. Bien remplie, la vie du Père de l’Église était intense. Rhéteur, orateur puis évêque chargé d’un diocèse et sollicité par d’innombrables échanges, son œuvre revient sans cesse à l’image de l’intériorité comme un vaste espace où Dieu est déjà présent et attend l’homme. « Tu étais au-dedans de moi, et moi j’étais au-dehors », écrit-il dans les Confessions. L’été, avec ses longues journées et son rythme plus lent, offre justement l’occasion de retrouver ce chemin intérieur. Non pas dans notre quotidien, mais en apprenant à habiter ce silence. Éteindre le bruit, laisser de côté les distractions, savourer une longue soirée sans chercher à la meubler à tout prix. Accueillir le silence plutôt que de chercher à le combler.
𝟯. 𝗔𝗽𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗮̀ 𝗽𝗲𝗿𝗱𝗿𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀
Le troisième conseil de saint Augustin serait de redécouvrir la valeur de ce qui ne sert apparemment à rien. L’évêque d’Hippone distinguait le negotium, le temps de la vie active et de l’utilité, de l’otium, ce temps consacré aux choses faites pour elles-mêmes. Une promenade sans but précis, un repas qui se prolonge, une conversation avec un vieil ami… Ces moments de vie ne sont pas nécessairement des heures perdues. Au contraire, pour saint Augustin ils comptent parmi les instants les plus humains, car ils échappent à la seule logique de l’utilité pour laisser place à la contemplation, à la rencontre et à la joie d’être simplement présent, essence même de l’être. Bien compris, le loisir devient alors comme un avant-goût de l’éternité, qui, Augustin l’avait compris, ne se mesure pas à l’agitation mais à la plénitude.
𝟰. 𝗦𝗲 𝗿𝗲𝗽𝗼𝘀𝗲𝗿 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁
Le quatrième conseil de saint Augustin pourrait être d’apprendre à réellement s’arrêter. Aujourd’hui, le repos est souvent perçu comme un moyen de récupérer des forces pour être ensuite plus efficace. Une vision que l’évêque d’Hippone aurait probablement jugée erronée. L’otium sanctum n’est pas un outil au service de la productivité. Il ne vise pas à rendre plus performant à la rentrée, mais existe parce que l’amour de la vérité demande du temps et de la disponibilité. Un cœur toujours en mouvement risque de passer à côté de ce qu’il recherche profondément. Cet été, l’attitude la plus augustinienne est peut-être aussi la plus simple. S’arrêter. Non pas seulement pour reprendre des forces, mais pour revenir à l’essentiel. Car le cœur humain, comme le savait Augustin, n’est pas fait pour une agitation permanente. Il est fait pour trouver enfin le repos auquel il aspire.
Une intuition que rejoignait le pape François qui, lors de l’audience générale du 5 septembre 2018 consacrée au troisième commandement, rappelait l’importance du repos dominical. Le souverain pontife relevait alors un paradoxe de notre époque. Alors que l’homme ne s’est jamais autant reposé qu’aujourd’hui, il semble pourtant n’avoir jamais connu autant de vide. Car le véritable repos, expliquait-il, n’est pas une fuite de la réalité. « C’est le moment de la contemplation, c’est le moment de la louange, pas de l’évasion », affirmait le pape François. Un temps pour redécouvrir, tout simplement, « comme la vie est belle ».
Extrait de l’article complet à consulter ici !