L’abbé Quentin Collin:  »L’aventure commence dans la joie »

L’abbé Quentin Collin, 30 ans, est un homme toujours souriant. Il a aussi montré, dimanche, lors de son ordination presbytérale un autre visage. Celui d’un prêtre ému aux larmes au moment de faire ses premiers pas dans le ministère. Les paroissiens de Rochefort ont appris avec bonheur que l’abbé Collin était nommé vicaire dominical chez eux, dans la paroisse où il était depuis de longs mois en insertion pastorale. Il suivra encore des cours de liturgie et sacramentaire à l’Institut Supérieur de Liturgie de l’Institut Catholique de Paris.

Une ordination attire, chaque année, des centaines de personnes dans la cathédrale. Il y a ceux qui connaissent l’ordinand et qui veulent être à ses côtés au moment de son engagement. Il y a encore ceux qui sont heureux pour l’Église diocésaine et qui veulent s’associer à la joie de compter un nouveau prêtre. Dimanche, l’ambiance était différente. Et cela, comme le dira, non sans humour, le jeune prêtre à cause d’un « petit » virus. Covid-19 qui a plané sur cette ordination. Une assemblée limitée à 200 personnes. Pour tout le monde: port du masque obligatoire. Pour les concélébrants principaux ce sera aussi passage des mains au gel hydro-alcoolique à plusieurs reprises. L’habituelle Maîtrise de la cathédrale se résumait à une schola. Cinq professionnels chargés de conduire avec bonheur et talent chacun dans la prière.

Yvonne dans les pensées

A son entrée dans la cathédrale, l’ordinand a une pensée pour Yvonne, sa grand-mère. Une grand-mère partie pour son dernier voyage il y a quelques mois à peine. Une grand-mère qu’il a accompagné tant de fois à Beauraing pour y vivre un triduum. Une grand-mère qui l’accompagnait encore par ses prières dans son cheminement vers la prêtrise.
L’abbé Barbieux, président du Séminaire de Namur dressera le portrait du jeune ordinand. Les deux hommes se connaissent et s’apprécient. Quentin était encore adolescent lorsqu’il a vu arriver dans sa paroisse de Habay-la-Neuve, un jeune séminariste pour un stage. Ce séminariste, c’était François Barbieux. Pour Quentin, cette présence était le signe qu’un jeune peut donner sa vie à Dieu. On connaît la suite.
Avant de recevoir l’ordination, l’ordinand s’est ainsi engagé à  »accomplir avec sagesse et dignement le ministère de la Parole, en annonçant l’Evangile et en exposant la foi catholique. » Il a aussi  »promis de vivre en communion avec l’évêque et ses successeurs. »
Dans son homélie, l’évêque a eu ces mots:  »Bien cher Quentin, tout porte à croire que tu seras, pour le plus grand bonheur de Dieu et des communautés chrétiennes, un prêtre rayonnant. Non sans émotion, je vais maintenant accueillir et rendre effective ta volonté d’être prêtre. Mais auparavant, à travers un chant, nous allons accueillir l’Esprit de Dieu. N’oublie jamais cela: l’engagement de l’homme est précédé du don de Dieu. Au moment où tu t’engages, il s’engage lui aussi et lui d’abord. N’oublie pas de t’appuyer sur lui, sur la grâce qu’il te fait aujourd’hui et qui ne te fera jamais défaut. Alors, ce ne sont pas tes richesses que tu apporteras à tes frères, mais les trésors de Dieu. Et au lieu de faire du bien, tu feras des miracles! »

Agenouillé devant l’évêque, celui-ci lui a imposé les mains suivra la prière d’ordination. Deux rites essentiels pour que l’ordinand devienne l’ordonné. Une ordination qui se poursuit par des rites complémentaires: la remise de l’écharpe sacerdotale et de la chasuble. Ce sont les abbés Gobert, doyen de Habay et Solot, doyen de Rochefort ont eu ce plaisir. Mgr Warin lui marquera les mains avec le saint chrême, une huile consacrée lors de la messe chrismale. Les mains ne sont-elles pas, pour le prêtre, le moyen de donner les sacrements. L’ordination se termine habituellement avec le baiser fraternel. Un moment vécu, cette année, dans la réserve. Un simple salut toujours dans le respect des mesures sanitaires.
L’abbé Quentin Collin s’est, à la fin de l’ordination, adressé à l’assemblée:  »Je confie à votre soutien à tous et à vos prières mon ministère à venir: l’aventure commence, mais avec beaucoup de joie. Oui, MERCI… 5 petites lettres anodines mais qui brûlent de toute la charité avec laquelle je veux vraiment vous les adresser. De tout cœur, à votre service,  »pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». MERCI! »

Christine Bolinne

Site du diocèse de Namur

Une ordination presbytérale ce dimanche à la cathédrale de Namur…

Quentin Collin, de Habay-la-Neuve, sera ordonné prêtre dimanche prochain.  À 23 ans, il a tout plaqué pour entrer au Séminaire.

Le sourire aux lèvres, Quentin Collin nous attend devant la porte du presbytère de Habay. Dans quelques jours, il sera le seul du diocèse à être ordonné prêtre, à Namur. Il discute avec l’abbé Romuald. Peut-être échangent-ils sur cette journée importante qui attend l’Habaysien. Le jeune vicaire originaire du Bénin a vécu ce moment important l’an passé.

Avenant, Quentin Collin semble auréolé d’une joie sereine et d’une paix intérieure. On ne rencontre pas tous les jours un jeune de la région sur le point de devenir prêtre. La curiosité nous titille.

Quentin était instituteur. Alors qu’il allait être nommé, il a tout plaqué pour entrer au Séminaire. Il avait 23 ans.

Quentin Collin, comment est née cette vocation de devenir prêtre?

J’ai été élevé dans une famille chrétienne. J’ai eu la chance enfant d’aller à l’église tous les week-ends. Dès sept ans, j’étais acolyte (enfant de chœur). Étant petit, je priais déjà tous les soirs, avec mes mots d’enfant. À 16 ans, un séminariste-stagiaire est venu dans la paroisse de Habay, François Barbieux (NDLR: il est maintenant président du Séminaire de Namur). Son témoignage de vie m’a bousculé. Je me suis rendu compte qu’on pouvait être jeune et se donner à Dieu et pour l’Église.

Et pourtant la prêtrise n’a pas été votre premier choix…

À 18 ans, les premiers choix importants s’imposent. Je me voyais devenir prêtre, mais je ne me sentais pas prêt. Et si jamais ce n’était pas ma vocation, je n’aurais pas eu de bagage. Je me disais aussi que si Dieu doit vraiment m’appeler, il peut attendre. J’ai donc suivi des études d’instituteur. J’ai été diplômé en 2011. Je ne me voyais pas alors dire à mes parents qu’ils avaient payé mes études pour rien, et je me sentais le besoin d’exercer.

Qu’est-ce qui vous a poussé à changer de voie?

Je me suis occupé des 1re, 2e et 3e primaire de Toernich pendant deux ans, puis des 4e, 5e et 6e primaire dans d’autres écoles de la région. Le désir de devenir prêtre était toujours présent, mais plus enfoui. Je me rendais quand même tous les jours à l’église.

Et puis, j’ai vécu un moment assez fort. Je suis arrivé en retard à une messe à la chapelle du mont Carmel, à Rulles. Une petite chapelle, au fond d’un cimetière. Je suis arrivé au moment de l’Évangile. Oui, j’étais très en retard (rires). Au moment où je franchis le seuil de la chapelle, le prêtre dit: «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.» C’est une parole qui parle de la vocation. Je m’étais toujours dit: si Dieu m’appelle, j’ai besoin d’un signe. C’était le signe que j’attendais.

Comment votre famille, vos proches, vos amis ont-ils réagi?

Je ne leur avais jamais parlé de mes hésitations. Ils n’ont pas tous bien compris ce revirement, mais ils l’ont accepté. Et ils ont vu au fur et à mesure que je m’épanouissais dans cette voie.

C’est difficile de mettre des mots pour expliquer ce qu’on ressent. Quand je parle à des jeunes, je leur explique que c’est comme un coup de foudre pour une fille. On ne sait pas expliquer pourquoi, mais on sait que c’est celle-là.

Renoncer à vous marier, à avoir des enfants, cela n’a pas été difficile?

Pour moi, non. Les sept années de séminaire permettent de mûrir le choix qu’on a fait. Choisir implique un certain nombre de renoncements. C’est sûr que j’y pense, mais j’ai été élevé dans une famille nombreuse, je suis déjà oncle six fois. Je ne serai jamais père biologique, mais j’ai une famille autour de moi. L’Église aussi est notre famille.

L’Église ne devrait-elle pas autoriser le mariage des prêtres?

Certains disent qu’avec le mariage des prêtres, il y aurait plus de vocations. Je ne le pense pas. L’Église protestante manque de pasteurs. Autoriser le mariage n’est pas une solution. C’est un vaste débat. Le désir de servir Dieu prend le pas sur le reste. C’est un don de soi, en toute liberté et en conscience, pour le Christ et l’Église. Un don si fort qu’il implique des renoncements.

Autres controverses: la position de l’Église sur des sujets comme l’homosexualité, l’avortement, le préservatif… Des positions qui peuvent paraître d’un autre temps. Comment un jeune occidental, sur le point de devenir prêtre, réagit-il?

Ce sont des sujets très délicats. L’Église prône la vie, elle nous accompagne dans nos difficultés. Contrairement à l’étiquette qu’on veut lui mettre, l’Église ne juge pas les personnes. Elle nous offre un chemin à parcourir, à la lumière de l’Évangile.

Pour un jeune, comment se retrouver dans une Église que beaucoup considèrent vieillotte? N’est-il pas temps de la dépoussiérer?

L’Église ne se résume pas au bâtiment et à la messe du dimanche. Certes, la pratique diminue et les cheveux gris se font plus nombreux. Si on ne voit que cela, c’est dommage. Il y a de très belles choses qui se font et qui se vivent, notamment dans les mouvements et associations. Il faut se donner la peine de découvrir sans a priori, et d’oser faire la rencontre de Dieu dans sa vie. Il ne vous enlève rien, il donne tout.

Comment envisagez-vous votre futur sacerdoce?

Bien (sourires). Je considère le prêtre comme étant un serviteur de Dieu et de la communauté qui lui a été confiée. Il est porteur d’une mission, avec l’ensemble de l’équipe pastorale. Il n’est pas tout seul, il n’est pas quelqu’un qui joue de tous les instruments. Il est aussi un témoin, il est là pour aider les personnes à découvrir le Christ et annoncer la bonne nouvelle.

Article tiré du Vers l’Avenir du Luxembourg, 7 septembre 2020 à découvrir ici !

Etant donné que la célébration eucharistique est ouverte uniquement aux personnes ayant reçu une invitation nominative et afin de permettre à chacun de vivre ce beau moment, l’ordination sera filmée et retransmise en direct.

Voici un lien YouTube  pour accéder à la retransmission en direct, à 15h :
En union de prières avec le futur prêtre et tout le diocèse de Namur ! V.P.

Au revoir, Père Basile !

Triste dimanche que ce 30 août 2020 !

Plus de soixante personnes se sont réunies dans l’église de Sugny pour un dernier « Au revoir ». Notre curé, le père Basile Amari nous quitte, appelé à remplir d’autres fonctions près d’Arlon. Après trois ans, son sourire, sa simplicité, son ouverture aux autres, sa disponibilité, son engagement avaient conquis tout Sugny, croyants ou incroyants. Nous étions tous là pour sa messe de départ. Dans son homélie, le cœur gros mais le sourire sur son visage, il nous a rappelé qu’il avait trouvé à Sugny un village avec une atmosphère semblable à son village de Côte d’Ivoire. Yvon d’Oye et Roger Nicolas se sont adressés au père Basile pour lui exprimer ce que le village ressentait et ont su trouver les mots justes pour décrire les sentiments de tous. A la fin de l’office, la chorale lui a offert un petit cadeau. Le père Basile nous a tous remercié pour notre accueil, notre collaboration et notre soutien.

Comme le covid-19 nous empêche de faire un petit drink d’amitié, Etienne Wanlin a fait une photo-souvenir de groupe où nous étions tous réunis autour de notre curé.

Bonne route, père Basile, nous ne t’oublierons pas.

Marc de Sugny pour le texte et Etienne Wanlin pour les photos !

Merci à eux ! 🙂

Véro

Le presbytère de Bouillon ravagé par un incendie

Dans la nuit de lundi à mardi, un violent incendie a ravagé le presbytère de Bouillon. Un bâtiment entouré de part et d’autre d’habitations qui elles aussi ont été touchées par les flammes. Les dégâts sont importants mais heureusement aucune victime n’est à déplorer.

L’abbé Ireneusz Gosk, vice-doyen de Bouillon et curé notamment de cette paroisse a été sorti, en sursaut, de son sommeil par les pompiers. Les hommes du feu avaient été alertés un peu plus tôt par des habitants réveillés par une forte odeur de brûlé.
Le presbytère se trouve rue du Brutz dans un quartier ancien de Bouillon. Les pompiers de Bouillon mais aussi de Paliseul, Florenville et Vresse-sur-Semois se sont rendus sur les lieux. L’incendie, vraisemblablement d’origine accidentelle, aurait pris naissance, selon le bourgmestre de Bouillon, dans le local des archives. Il se serait ensuite communiqué à la charpente. Les toitures des maisons voisines ont été touchées par les flammes mais aussi par l’eau déversée par les pompiers pour venir à bout de l’incendie.
Au moment de l’incendie, l’abbé Gosk était seul dans le presbytère. L’abbé Santiago Couchonnal, actuellement en retraite, était absent. Les dégâts provoqués par le feu et l’eau sont très importants. Les deux jeunes prêtres ont tout perdu et devront être relogés.

vidéo Tv Lux (25 août 2020)

Courage et en union de prières avec les prêtres qui résident dans ce presbytère ! Véro

Contenu du texte : Site internet du diocèse de Namur