Semaine virtuelle à Lourdes. Retrouvez toutes les séquences.

Chers pèlerins,

Ce message vous rejoint alors que nous aurions dû nous mettre en route vers Lourdes pour notre pèlerinage diocésain du mois de mai. 

Notre déception est grande car un pèlerinage est toujours un temps fort de ressourcement humain et spirituel, comme une retraite en plein air, où nous prenons le temps de vivre notre foi et de beaux moments de fraternité. Je pense particulièrement aux jeunes de l’école de Suarlée qui se faisaient une joie de vivre une expérience au service des malades et en offrant l’enthousiasme de la jeunesse à notre Hospitalité.
 
Le Sanctuaire de Lourdes a rouvert prudemment ses portes aux pèlerins de la région ce samedi 16 mai après deux mois de fermeture. Un événement qui ne s’était jamais produit depuis 162 ans ! Les conditions sanitaires sont très strictes et le flux des pèlerins particulièrement encadré par le personnel et les chapelains. Mais l’esplanade du Rosaire était presque déserte alors qu’elle aurait dû être bondée et briller de toutes les couleurs des uniformes des membres du Pèlerinage militaire international. 
 
Pendant le confinement, les chapelains se sont relayés toute la journée pour continuer à faire vivre l’espace de la Grotte en portant à Marie la prière des nombreux pèlerinages qui avaient annoncé leur venue à Lourdes. Ceux-ci sont symboliquement représentés par un grand cierge qui brûle devant la statue de Marie. 

Des intentions de notre pèlerinage seront envoyées aux chapelains qui les porteront dans la prière lors de la célébration de la messe du matin et du chapelet de l’après-midi. 
 

Chaque jour, vous pourrez ainsi suivre en direct de la grotte de Lourdes la messe à 10h00 et le chapelet à 15h30 :

– en télévision sur KTO (sauf la messe du mercredi matin) ;
– par internet sur www.lourdes-france.org (en direct ou en rediffusion).

Comme Bernadette à Nevers, nous pourrons nous transporter en esprit tous les jours devant la grotte car elle aimait dire : « La grotte c’était mon ciel ! » Et elle disait aussi aux religieuses de l’Hospice de Lourdes : « C’est à la grotte que vous me trouverez en esprit, attachée au pied du rocher que j’aime tant. » 

Cette semaine virtuelle à Lourdes nous permettra de vivre plus intensément encore la préparation à la fête de la Pentecôte qui clôture le temps pascal. Nous demanderons au Seigneur, par Marie, son Esprit pour qu’il rajeunisse notre foi et la rende plus vivante, qu’il affermisse notre espérance et suscite en nous une charité inventive. 

Durant les jours qui viennent, nous vous proposerons un accompagnement en pèlerinage sous forme de petites vidéos. Vous trouverez la première de ces vidéos, réalisée par l’Hospitalité, au bas de ce message

En communion

Philippe Goffinet

Monseigneur Warin, évêque de Namur, nous raconte son pèlerinage à Lourdes en septembre…

 

A Lourdes, Mgr Warin a tenu le langage du cœur

Encore beaucoup d’émotion dans la voix de Mgr Pierre Warin lorsqu’il raconte son dernier pèlerinage à Lourdes. Arrivé dans la cité mariale bien fatigué après un été pour le moins chargé, Mgr Warin est rentré au pays ressourcé:  »A Lourdes, je n’ai pas les soucis du quotidien, j’ai pu faire de la pastorale pure. » Comme après chaque pèlerinage, il est toujours autant séduit par la générosité de chacun des participants. Par la disponibilité, la solidarité envers les moins valides.

Mgr Warin connaît bien Lourdes. Comme évêque auxiliaire, il y est allé, en pèlerinage, chaque année. Lourdes et Mgr Pierre Warin c’est une belle et bien plus longue histoire encore. Alors qu’il était scout, il accompagnait son oncle médecin dans ce que l’on appelait alors le  »train blanc », le train des malades. Avec Foi et Lumière, il accompagnera, par la suite, un ami fortement handicapé par la polio.  »Pour lui, il y avait un avant et un après Lourdes. Aujourd’hui, il est décédé mais c’est lui qui a contribué à faire entrer Marie dans mon cœur. Avant un pèlerinage, je me rends sur sa tombe près de Tongres et je le recommande à ses prières. »
Les derniers mois ont été très chargés en émotions et en travail pour le nouvel évêque de Namur. Le jour du départ de ce pèlerinage, Mgr Warin a embarqué heureux mais très fatigué.  »Dans le train, l’abbé Philippe Goffinet, directeur des Pèlerinages Namurois a reçu un message de Lourdes. Son interlocuteur souhaitait que je préside la célébration du dimanche dans la grotte souterraine. Il me demandait encore de faire l’homélie dont le texte devait être rédigé pour le vendredi et ainsi permettre aux traducteurs de faire leur travail. » Mgr Warin, en boutade, d’ajouter:  »On veut le nouvel évêque partout! » Et retrouvant son sérieux:  »Comme beaucoup, je me suis senti transfiguré par tant d’humanité. L’apport des malades est essentiel. Les malades font sortir des cœurs des trésors de générosité. Et ça, c’est propre au pèlerinage de septembre. »

Complicité

L’évêque a bien sûr connu le pèlerinage de juillet qui emmène lui plus de familles, de jeunes vers Marie. Là aussi, il a apprécié. C’est juste différent. Lors du pèlerinage de septembre qui mène à Lourdes des personnes moins valides, des malades, le rôle des hospitaliers est essentiel. Tout comme celui des jeunes, des étudiants d’écoles supérieures qui se forment dans l’aide à la personne. Sur place, il y avait des représentants de l’INDA d’Arlon , un établissement qui forme les assistants familiaux de demain. Ou encore l’Henallux et ses futurs infirmiers. Mgr Warin:  »Ces jeunes même s’ils sont indifférents à la religion se voient confier une personne malade: les comportements changent. » Après le pèlerinage, il est fréquent qu’une belle complicité se soit développée.
Un évêque encore heureux du travail réalisé par les Pèlerinages Namurois.  »Ils sont un fleuron de notre diocèse » dit-il. L’évêque est admiratif devant une organisation aussi bien réglée. Ce sont 18 cars partis d’un peu partout dans le diocèse qui sont arrivés à Charleville-Mézières où, depuis quelques années, se fait l’embarquement dans le TGV. Et lorsque les participants arrivent – ils étaient 1050 pèlerins – les hospitaliers sont déjà prêts à donner le coup de main bien précieux pour porter une valise trop lourde, gravir une marche trop haute…

Les moments impossibles à oublier

 »Je tremble encore en me souvenant de la messe célébrée à la grotte avec 350 Sénégalais, quelle émotion. Le dimanche, j’ai donc présidé la messe à la basilique souterraine devant 7000 pèlerins. Même si le pape fait mieux, c’est quelque chose! Les fidèles répondent directement, c’est encore très porteur. J’ai tenu à saluer, en italien, les ‘Amis italiens venus de la belle Italie.’ » Mgr Warin a conquis des fidèles très enthousiastes.
Emotion toujours au moment de l’onction des malades. Et cette année, les nouveaux hospitaliers, ceux qui officiaient pour la première fois, ont aussi reçu la bénédiction de l’évêque.  »Ils ont tendu les mains vers moi et j’ai pu les bénir. Bénir ces mains avec lesquelles ils font tant de bien était vraiment magnifique. »
Et de poursuivre:  »Je souhaite que beaucoup de prêtres participent à des pèlerinages, qu’ils invitent des paroissiens des jeunes, des moins jeunes, des malades, des moins valides… et vivent, avec eux, ce moment merveilleux. » Autre nouveauté souhaitée, cette fois, par l’abbé Goffinet, une conférence donnée à l’attention des pèlerins la veille du retour. Mgr Warin a redéfini pour son auditoire ses défis pastoraux pour les années à venir.  »J’ai parlé le langage du cœur. »
C.B.
Photos: Pèlerinages Namurois

Source : Site du diocèse