Homélie – 6ème dimanche de Pâques (année A) – Abbé Fernand Stréber

  • Nous sommes à quelques jours de la Pentecôte et dans l’évangile de ce jour Jésus commence à parler du Don de L’Esprit.
    L’Esprit- Saint nous sera partagé pour que nous ‘gardions ses commandements’ et que nous nous efforcions d’aimer Dieu, comme le Christ l’a aimé et nous en a montré l’exemple.  
  • Nous sommes entre le 8 mai et le 10 mai : deux dates qui nous renvoient au début et à la fin de la seconde guerre mondiale.
    Une pensée pour toutes les victimes des guerres et Dieu sait qu’il y en a encore trop de nos jours. 
  • Nous sommes à la veille de la fête des mères.
    Nous pensons à toutes nos mamans qui sont sur terre ou dans le ciel.

Abbé Fernand Stréber

ÉVANGILE (Jn 14, 15-21)

En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Homélie

NB : Les mots en italique sont issus du texte évangélique

Saint Jean, l’auteur de l’extrait que nous venons d’entendre, place 4 chapitres sur les 21 de son livre dans la bouche de Jésus, entre le lavement des pieds (Jeudi-Saint) et la passion (lendemain).  Cela montre l’importance accordée par l’apôtre au testament spirituel de Jésus.

         Aujourd’hui, c’est à nous que Jésus adresse ces mêmes paroles, à quelques jours de l’Ascension.

N’avez-vous jamais assisté à un grand départ: quand votre (petit) enfant prend le chemin de l’école pour la 1ère fois, quand nous accompagnons une personne aimée jusqu’à l’aéroport, quand nous sommes sur la place du village au moment  où l’autocar emmène les (petits) enfants en classe verte, quand un proche quitte sa maison pour rejoindre l’hôpital ou la maison de repos,  quand nous sommes au chevet d’un mourant.  A ces moments, les sentiments de présence et d’absence se mélangent, s’embrouillent.  Des visages sont attristés, des larmes coulent.  Nous voudrions ne pas devoir nous séparer.  Nous acceptons mal de voir l’être aimé s’éloigner et quitter notre regard.  Mais ne va-t-il pas être présent autrement ?

Pour mieux comprendre, laissez-moi aussi prendre un exemple avec un bouquet de fleurs.  Au premier regard, il n’y a que des végétaux dont nous pouvons dire le nom, la taille, le poids et le prix.  Mais si ce bouquet a été offert par un conjoint militaire qui s’en va au loin pour une mission humanitaire assez longue, le bouquet sera chargé d’une signification particulière :  l’intention de ce conjoint n’est pas seulement d’offrir des fleurs à sa femme pour égayer sa maison mais il veut dire aussi qu’il est triste de partir et qu’il a envie de rester proche d’elle.  Il souhaite que sa présence demeure dans la maison.  Voilà donc des fleurs qui changent de sens.  Elles ne sont plus seulement de simples végétaux mais le support visible d’une présence que le militaire veut réelle et que sa femme ressentira de la même manière.  Grâce à ce que l’homme a partagé avec sa femme, les fleurs vont continuer à le rendre présent d’une manière symbolique mais réelle.  Ces fleurs vont être comme un rappel de cette volonté du compagnon de rester proche de son foyer.  Tout cela n’est possible que grâce à une parole : celle du militaire à sa femme sur la manière dont il veut vivre cette absence.  Ce sont ces paroles-là qui vont changer complètement la nature et la signification de ces fleurs.

Ces exemples m’aident à comprendre l’attitude de Jésus dans l’Evangile de ce jour.  Pour lui et ses apôtres, l’heure de la séparation est venue.  Dans l’espace vide que l’absence physique de Jésus va créer, une présence nouvelle  va surgir: « Je ne vous laisserai pas orphelins….  Dieu vous donnera l’Esprit de vérité. » : dit le texte de ce jour.  Jésus n’est pas un lâche.

Les apôtres et les amis de Jésus vont passer de la vision d’un Jésus palpable à celle d’un Jésus invisible.  Ils vont passer d’une présence charnelle à une présence impossible à décrire tellement elle est différente, tellement elle relève de l’Esprit et non plus des cinq sens :  (ouïe, vue, goût, toucher, odorat).

Au moment du grand départ, Jésus invite les apôtres à passer d’une présence du dehors à une présence du dedans, autrement dit à ne plus voir Jésus physiquement présent là à côté d’eux mais présent en eux et chez tous ceux qui sont fidèles à ses commandements.  Une proximité vivifiante du Christ va naître de la séparation.

A l’Ascension, Jésus va-t-il monter au ciel ?  Oui ! mais pour en redescendre aussitôt et être présent via l’Esprit de vérité, au plus profond du cœur de chaque baptisé.  Il se fera leur « Défenseur ».

Et s’il nous arrive d’être découragé, souvenons-nous que Jésus a dit : « Je ne vous laisserai pas orphelins. »

Prière universelle

1) Prions le Père pour nos frères croyants qui ne partagent pas la foi chrétienne, afin qu’ils découvrent que le Dieu de Jésus-Christ n’écarte pas leur prière ni ne détourne d’eux son amour.

2) Prions le Père pour les penseurs, les théologiens et les écrivains chrétiens, afin, qu’avec la grâce du Christ, ils rendent compte aux hommes de l’espérance qui est en nous.

3) Prions le Père pour les jeunes épris d’authenticité, afin qu’ils rencontrent parmi nous des témoins du Christ, guidés par l’Esprit de vérité.

4) Prions le Père pour les personnes engagées en politique et dans le monde du travail, pour ceux qui luttent pour les droits et le respect de tous, particulièrement des personnes les plus fragiles.

P’tit  rawett en marge de la fête des mères : « Un roi pour la ville »

Il était une fois une ville célèbre située au milieu d’une vallée fertile.  Ses habitants étant des hommes et des femmes dynamiques, leur ville se développa en très peu de temps.  Les gens de passage étaient éblouis par la splendeur de ses marbres et de ses bronzes dorés.  Bref, c’était une ville heureuse où tout le monde vivait en paix.

Un jour, ses habitants eurent l’idée d’élire un roi.  Au son des trompettes d’or, ils se réunirent tous devant l’Hôtel de Ville.  Personne ne manquait à l’appel.  Riches et pauvres, jeunes et vieux s’observaient mutuellement et chuchotaient.  La sonnerie d’une trompette imposa le silence à toute l’assemblée.

Un petit homme superbement vêtu, s’avança.  C’était le plus riche de la ville.  Levant sa main ornée d’anneaux scintillants, il proclama : « Citadins ! Nous sommes immensément riches.  Nous avons de l’argent à volonté.  Notre roi doit être un noble, un comte, un marquis, un prince afin que son haut lignage inspire respect à tous et à chacun. »

Non ! Va-t’en ! Faites-le taire ! Hou, hou, hou ! rétorquèrent les moins riches, provoquant un vacarme indescriptible.  Le roi que nous voulons doit être riche, mais surtout généreux et savoir proposer des remèdes à nos problèmes !

Les soldats hissèrent sur leurs épaules un géant musclé et, brandissant leurs lances menaçantes, crièrent : « C’est lui qui sera notre roi ! Lui, le plus fort ! » ; Dans la confusion générale, personne ne comprenait plus rien.  De toutes parts éclataient des cris, des menaces, des applaudissements.

La trompette retentit à nouveau et peu à peu la foule s’apaisa.  Un ancien, serein et prudent, monta sur la plus haute marche et dit : « Chers amis ! ne commettons pas la folie de nous battre pour un roi qui n’existe pas encore ! Faisons appel à un petit enfant innocent et demandons-lui d’élire un roi parmi nous ! »

Ils prirent un enfant par la main et le placèrent devant la foule.  L’ancien lui dit : « Qui voudrais-tu comme roi de notre si grande ville ? »  Le bambin les regarda tous, suça un instant son pouce et répondit : « Les rois sont méchants.  Je ne veux pas de roi ! Je veux que ce soit une reine : ma maman ! »

Les mères au gouvernement ! Quelle magnifique idée ! Le monde serait certainement plus honnête. On dirait moins de gros mots . Chacun donnerait la main à plus grand que lui avant de traverser la rue, et cela sans fausse honte ! Même Dieu a sa mère.

 Dozon, « N’aie pas peur » B. Ferrero  1978) Coll. « Graines de sagesse »; Ed. du Signe.

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