« Si Jésus s’était promené en Ardennes… »

Ça y est, elles commencent à tomber ! Des feuilles par centaines, de toutes formes et de toutes couleurs. Un plaisir pour les yeux mais aussi un travail quotidien de soigneux ratissage.

Tout en maniant mon râteau, des scènes de l’Evangile me reviennent en mémoire…

Nul doute que le Seigneur, arpentant nos chemins d’automne, aurait évoqué les feuilles mortes en guise de parabole.

Car ces feuilles nous ressemblent étrangement.

Au premier coup de râteau, voilà une bonne partie d’entre elles qui est rassemblée. Mais il y en a toujours l’une ou l’autre qui s’échappe. Il faut recommencer à plusieurs reprises pour qu’elles rejoignent enfin leurs consœurs.

Il y a aussi les récalcitrantes : elles résistent ou elles s’en vont se cacher sous une racine.

D’autres s’envolent à la moindre brise, d’autres sont ancrées dans la terre, d’autres encore, éprises de liberté, désertent le grand sac qui leur était destiné.

Et puis, il y en a qui sont déterminées à ne pas se laisser prendre : elles se désagrégeront lentement.

Sur les grands arbres, il en est tant qui doivent encore tomber ! Malgré leur obstination, tantôt ou demain, elles rejoindront pourtant les autres.

Oui, ces feuilles nous ressemblent…

…elles sont à l’image de notre existence.

Le râteau, c’est l’amour que le Seigneur nous porte et par lequel Il veut nous rassembler.

Si d’aucuns veulent s’y soustraire, cette liberté leur est donnée. Mais le Seigneur s’y reprendra maintes fois pour les attirer à Lui.

Il y a ceux qui rejettent cet amour et se blottissent dans les chimères, ceux que le plus petit coup dur de la vie décourage, d’autres qui sont ancrés dans la matérialité éphémère, d’autres encore qui ne se soucient guère de leur entourage et s’en vont faire leur vie tout seuls. Et puis il en est qui ne veulent rien entendre et s’enlisent dans le non-amour : ni Dieu ni les autres…

En ramassant les feuilles, je me laisse à penser : comment sommes-nous face à Dieu ?

Des feuilles récalcitrantes ? Fragiles ? Versatiles ? Heureuses d’être ensemble sous la douce houlette de la tendresse divine ?

Il y a enfin notre monde : tant de feuilles qui doivent encore tomber dans ce creuset d’amour du Seigneur…

C’est pour cela qu’Il est venu, qu’Il a tout donné de Lui-même : « Père, que pas un de ceux que Tu M’as donnés ne se perde ! Qu’ils te connaissent, Toi, le Dieu de tout amour ! ».

Moi, je râle un peu – ou beaucoup – quand, chaque jour, il me faut recommencer ce travail de ratissage ! Je voudrais que tout aille vite, que rien ne me résiste.

Le Seigneur, Lui, est patient : Il fait de multiples tentatives mais Il ne force pas.

Il attend. Il nous attend : « Si tu veux, viens ! ».

Alors, nous oublions le vent, la terre boueuse et les racines pour nous laisser emmener par cet Amour qui s’offre à nous, si discret et si fort à la fois….

Il ne nous reste qu’à nous déposer entre ses mains, à nous blottir contre Lui, à profiter de cette proximité de cœur : « Seigneur, comme il est bon que nous soyons ensemble ! ».                   

Edith De Voghel-Jacques

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