Les « croix de notre vie » …

Un homme, toujours insatisfait de lui-même et mécontent des autres, ne cessait de rouspéter contre Dieu en disant :

« Mais qui a dit que chacun devait porter sa croix ? Vraiment n’y a t-il aucun moyen de l’éviter ?

J’en ai franchement assez de porter des fardeaux aussi lourds ! » 

 

Le Bon Dieu lui répondit. Il guida l’homme dans un songe et celui-ci vit l’existence des hommes sur terre comme une immense procession. Chacun allait d’un pas imperceptible et régulier, portant sa croix sur l’épaule. 

Lui-même faisait partie de l’interminable cortège. Il avançait péniblement, portant le poids de sa croix.

Au bout d’un certain temps, il s’aperçut qu’elle était trop longue : voilà pourquoi la marche était si fatigante !

              « II suffirait, se dit-il, que je la raccourcisse un peu et j’aurai beaucoup moins de peine. » 

Il s’assit sur une borne et, par quelques entailles bien vigoureuses, il raccourcit sa croix d’une bonne longueur. 

 

Quand il repartit, il constata que sa marche était beaucoup plus rapide et plus légère.

Et sans se fatiguer, il atteignit l’endroit qui semblait être la destination de cette longue procession : une limite de terre bordée d’un ravin comme une blessure béante dans le sol.

Mais c’est au-delà que commençait « la Terre du Bonheur éternel ».

L’autre côté du ravin laissait entrevoir un spectacle enchanteur. Cependant, pour traverser, il n’y avait ni pont ni passerelle.

Et pourtant, hommes et femmes passaient facilement.

Chacun descendait sa croix des épaules, la posait sur les deux bords du ravin et franchissait ainsi le gouffre. 

Les croix semblaient faites sur mesure : elles reliaient exactement les bords du précipice. Tous les gens passèrent, sauf lui.

Il avait raccourci sa croix et à présent, elle était trop courte pour atteindre l’autre coté du gouffre. 

 

                                                                       * * *

 

Les croix ne manquent pas dans nos vies et il n’est pas nécessaire de chercher à en ajouter de nouvelles car l’épreuve, quand elle trop lourde, peut nous anéantir.

Il ne faut surtout pas associer Dieu à la douleur, d’imaginer que pour lui plaire il faut empoisonner notre vie.

Mais à certaines occasions, la souffrance peut aussi nous faire grandir et nous ouvrir sur plus Grand que nous !

Véronique Lévy, sœur cadette de Bernard-Henri Levy (philosophe), est une juive convertie au christianisme.

Elle témoigne avec ces mots : « Le Christ est là, il se donne au creux de ma blessure, dans la faille tectonique de mon âme ravagée… ».

  

Pour le mystique et poète Angélus Silesius, « On ne contemple, en cette vie, l’aveuglante lumière, jamais mieux que lorsqu’on est entré dans la nuit. » 

En prenant sur lui la douleur, Dieu l’a transfigurée et en a fait une source de salut.

 

Et Bertrand Révillion (diacre et journaliste français) d’ajouter :

« Porter sa croix, c’est accepter de prendre le chemin escarpé de ce détour vers cet autre où Dieu se cache et nous espère. Alors, la croix que nous portons deviendra l’arbre où fleurit notre propre résurrection. » 

Envoyé par Frère Albert André (Communuauté du Bua à Habay-la-Vieille) à ses collègues assistants paroissiaux du diocèse de Namur ce dimanche 9 avril 2017, jour des Rameaux.

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