« Une pause par jour » – 23 décembre 2022

S. Jean de Kenty, prêtre

Première lecture – « Je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que vienne le jour du Seigneur » (Ml 3, 1-4.23-24) – Lecture du livre du prophète Malachie

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que j’envoie mon messager pour qu’il prépare le chemin devant moi ; et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. Le messager de l’Alliance que vous désirez, le voici qui vient, – dit le Seigneur de l’univers. Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs. Il s’installera pour fondre et purifier : il purifiera les fils de Lévi,
il les affinera comme l’or et l’argent ; ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur,
présenter l’offrande en toute justice. Alors, l’offrande de Juda et de Jérusalem sera bien accueillie du Seigneur, comme il en fut aux jours anciens, dans les années d’autrefois. Voici que je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que vienne le jour du Seigneur, jour grand et redoutable. Il ramènera le cœur des pères vers leurs fils, et le cœur des fils vers leurs pères, pour que je ne vienne pas frapper d’anathème le pays ! – Parole du Seigneur.

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Homélie fête de NOEL 2022

Avez-vous déjà remarqué ce petit détail qu’on retrouve dans la plupart des crèches de Noël : l’Enfant Jésus y a les bras grand ouverts ! Cela veut dire beaucoup ! Il nous ouvre les bras : c’est Lui qui prend l’initiative de nous accueillir : « Venez, venez tous, tels que vous êtes ! Venez à Moi ! ». Les bergers, eux aussi le disent : « Venez, allons voir ce qui se passe dans cette étable remplie de lumière inconnue ! ». Merveilleux échange entre Dieu et les Hommes : Dieu appelle à venir à Lui et les Hommes s’appellent pour venir chez Lui. En cette nuit de la Nativité, Jésus nous invite à déposer dans ses bras et dans son cœur tout ce qui nous habite: nos joies et nos peines, nos espérances et nos incertitudes, nos qualités et nos faiblesses, ce que nous sommes et ce qui fait notre vie de chaque jour. Et Il prend tout pour que tout puisse se revêtir de sa tendresse ! Jésus naît au cœur de la nuit et tout s’illumine : la crèche, le cœur de Marie, celui de Joseph et des bergers. Ce qui s’est passé, il y a plus de deux mille ans, c’est encore, aujourd’hui, ce qui se passe : car, oui, Dieu vient éclairer la vie des Hommes ! Étrange affirmation en ces temps de tempête, de désarroi, de nuages sombres qui planent sur le monde et parfois même sur notre propre vie. Et pourtant, oui, la lumière de la Nativité est une lumière destinée à tous, hier, aujourd’hui et demain. L’étoile de Bethleem ne perd jamais son éclat : elle brille sur le monde, elle s’arrête sur chacun et chacune de nous et nous voyons alors toutes choses avec un tout autre regard. Nouvel échange merveilleux : Dieu nous accueille et nous L’accueillons : aujourd’hui, près de la crèche, les « Seigneur, je T’aime » s’unissent aux « Comme Tu nous aimes, Seigneur ! ». Ce regard d’amour du Seigneur combien ne s’est-il pas posé par priorité sur Marie et Joseph !

MARIE ! 

Il lui en a fallu de la confiance ! Cette naissance tant attendue, voilà qu’un
recensement officiel s’en vient perturber les jours heureux qui s’annonçaient : il a fallu partir au loin, trouver un logement, assumer les risques du voyage, préserver ce tout-petit prêt à venir au monde. Et, une fois encore, Marie s’en remet à Dieu.
Jamais Il ne l’a abandonnée, même au plus fort des épreuves qu’elle a déjà connues : des fiançailles fragilisées, des rumeurs malveillantes face à sa grossesse, la douleur qu’a ressentie Joseph ! Oui, Dieu veille. Les choses vont s’arranger mais le dénuement remplacera la chaleur de la maison de Nazareth : Marie et Joseph trouvent une étable où s’abriter, loin des auberges bruyantes et de l’indifférence des Hommes. Le Fils de Dieu va naître : la chaleur ne Lui vient que de simples animaux qui se sont mis à l’abri de la nuit froide, peut-être Lui vient-elle d’un feu sommaire
allumé par Joseph mais elle Lui vient très sûrement de l’immense tendresse dont
ses parents L’entourent. Tout va bien. Dieu veille. Et de la confiance, Marie passe
à l’émerveillement. Quel n’est pas ce sentiment de toute maman devant l’enfant à qui elle vient de donner la vie ! Mais l’émerveillement de Marie est habité par une réalité bien plus profonde : son enfant est le Fils de Dieu, le Sauveur promis à toutes les
générations. Tout au fond de son cœur résonnent sûrement ces paroles : « Que soit béni le Nom de Dieu, de siècles en siècles ! Magnificat ! ». Le mystère même de Dieu rejoint le mystère de la vie ! Et c’est avec Joseph qu’elle le partage dans le recueillement et la gratitude.

JOSEPH ! 

Véritable cadeau du Seigneur dans la vie de Marie! A la fois tellement humain et
tellement « homme de Dieu » ! Traversé par le doute, déconcerté par les
événements imprévus, mais toujours attentif, vigilant, fidèle et aimant! Ouvert aux imprévus du Ciel, disponible à la volonté de Dieu, confiant en sa sollicitude. Tout, en lui, traduit cet amour de Dieu qui l’habite. Lui aussi a dû méditer ce magnifique psaume de confiance : « Le Seigneur est mon Berger, près de Lui, je ne crains rien, je ne manque de rien ! ». Oui, Marie et Joseph sont, l’un pour l’autre, une merveille et surtout, Dieu est, pour eux, « la Merveille des merveilles » manifestée dans leur Jésus. Cette joie tout intérieure de la crèche, un ange s’empresse de la dévoiler : « Je
vous annonce une grande joie ! ». Les premiers à être touchés, ce sont les bergers, des gens simples, sans culture, sans titres et sans fortune. Mais leur cœur est ouvert, peut-être en attente aussi, et ils font l’expérience d’une Présence qui leur était jusqu’alors inconnue : Dieu ne se révèle-t-Il pas d’abord aux humbles et aux petits?
A peine né, Jésus bouscule déjà les priorités humaines: ni présents ni
effervescence mais l’action de grâce, une joie douce et sereine, le silence et l’adoration… Cette joie, comme nous en avons besoin !
De toutes les fêtes de l’année, c’est sans doute celle de Noël qui suscite le plus
en nous le désir d’être meilleurs, de donner toute notre attention aux autres, de
partager ce que nous avons et ce que nous sommes, de croire en un avenir plus doux et plus paisible. Chaque fois que, croyants ou non, nous essayons d ’être plus fraternels, c’est déjà une lueur qui éclaire la nuit, c’est déjà l’espérance qui nous rassemble.
Mais, pour nous, chrétiens, la joie de Noël revêt une intensité encore bien plus
grande ! Car elle nous vient du Seigneur Lui-même qui rejoint notre humanité pour la transfigurer : « Un Sauveur vous est né ! ». Ce Sauveur vient remettre en pleine lumière le lien d’amour entre Dieu et les Hommes. C’est ainsi que Dieu sauve. C’est ainsi que Dieu sauve le monde : par l’amour et seulement par l’amour L’ange de Bethleem nous dit, à nous aussi : « Soyez sans crainte ! ». Venez vers votre Dieu ! Ne Le laissez pas à la porte de votre vie ! Remettez tout entre ses mains et l’étoile de sa tendresse vous guidera quel que soit votre chemin, ses ornières, les ronces et les pierres qui en rendent le parcours difficile ou douloureux. Ne craignez rien des aléas de votre vie, ne craignez rien des tempêtes qui s’y attardent. Ne craignez rien : Dieu veille ! Puissions-nous accueillir Jésus avec le même regard intérieur que celui de Marie, avec la même confiance que celle de Joseph, avec le même émerveillement que celui des bergers. Ce soir, entrons dans la crèche ! Ouvrons nos cœurs à Celui qui nous ouvre les bras ! Entrons , tout simplement, dans le Cœur de Dieu…

Edith de VOGHEL-JACQUES

Conte de Noël : « Le berger à la jambe cassée »

Ceci ressemble à un conte de Noël, or c’est une véritable histoire.
Quelqu’un me raconta un jour une anecdote à propos de la crèche de Noël que montait chaque année sa famille…
« Chaque année on ressortait du placard les décorations de Noël ainsi que tous les personnages en plâtre de la nativité. Cette année-là l’un des bergers avait été endommagé par son long séjour dans la boîte. Sa jambe était cassée et, par malheur, il fallait que ce soit le berger préféré du petit garçon. Vous savez, c’est le berger qui porte un agneau sur ses épaules… Il en faut au moins un dans toutes les crèches qui se respectent. Le petit garçon était bien triste. Il lui était impossible de recoller la jambe cassée du berger qui ne pouvait pas tenir sur une seule jambe. Que faire ? Le petit garçon n’en avait pas vu un pareil au magasin. Sa mère, qui avait l’esprit pratique et une plus longue expérience que son fils, lui dit alors :
– Essaie d’appuyer ton berger sur le berceau du petit Jésus, peut-être qu’il pourra ainsi tenir.
Le jeune garçon essaya et revint en courant vers sa mère en disant :
– Maman, cela marche, mon berger tient bien !
La maman ajouta alors :
– Tu vois, pour nous c’est pareil, on ne tient bien que si on s’appuie sur Jésus. »

Si l’Enfant-Dieu nous ouvre les bras c’est pour que nous venions à Lui avec nos joies, nos souffrances et nos rêves.

Et n’hésitons pas un seul instant, comme le berger, à nous appuyer sur lui !

Sainte fête de Noël !

Merci au Frère Albert André pour ses « Petites miettes spirituelles » du dimanche 18 décembre 2022.

« Une pause par jour » – 22 décembre 2022

Première lecture – Anne rend grâce pour la naissance de son fils Samuel (1 S 1, 24-28) – Lecture du premier livre de Samuel

En ces jours-là, lorsque Samuel fut sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la maison du Seigneur, à Silo ; l’enfant était encore tout jeune. Anne avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. On offrit le taureau en sacrifice, et on amena l’enfant au prêtre Éli. Anne lui dit alors : « Écoute-moi, mon seigneur, je t’en prie ! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi pour prier le Seigneur. C’est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande. À mon tour je le donne au Seigneur pour qu’il en dispose. Il demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie. » Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur. — Parole du Seigneur.

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« Une pause par jour » – 21 décembre 2022

S. Pierre Canisius, prêtre, docteur de l’Église

Première lecture – « Voici mon bien-aimé qui vient. Il bondit sur les montagnes » (Ct 2, 8-14) – Lecture du Cantique des Cantiques

La voix de mon bien-aimé ! C’est lui, il vient… Il bondit sur les montagnes, il court sur les collines, mon bien-aimé, pareil à la gazelle, au faon de la biche. Le voici, c’est lui qui se tient derrière notre mur : il regarde aux fenêtres, guette par le treillage. Il parle, mon bien-aimé, il me dit : Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens… Vois,
l’hiver s’en est allé, les pluies ont cessé, elles se sont enfuies. Sur la terre apparaissent les fleurs, le temps des chansons est venu et la voix de la tourterelle s’entend sur notre terre. Le figuier a formé ses premiers fruits, la vigne fleurie exhale sa bonne odeur. Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens… Ma colombe, dans les fentes du rocher, dans les retraites escarpées, que je voie ton visage, que j’entende ta voix ! Ta voix est douce et ton visage, charmant. – Parole du Seigneur.

OU BIEN

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