Homélie fête de NOEL 2022

Avez-vous déjà remarqué ce petit détail qu’on retrouve dans la plupart des crèches de Noël : l’Enfant Jésus y a les bras grand ouverts ! Cela veut dire beaucoup ! Il nous ouvre les bras : c’est Lui qui prend l’initiative de nous accueillir : « Venez, venez tous, tels que vous êtes ! Venez à Moi ! ». Les bergers, eux aussi le disent : « Venez, allons voir ce qui se passe dans cette étable remplie de lumière inconnue ! ». Merveilleux échange entre Dieu et les Hommes : Dieu appelle à venir à Lui et les Hommes s’appellent pour venir chez Lui. En cette nuit de la Nativité, Jésus nous invite à déposer dans ses bras et dans son cœur tout ce qui nous habite: nos joies et nos peines, nos espérances et nos incertitudes, nos qualités et nos faiblesses, ce que nous sommes et ce qui fait notre vie de chaque jour. Et Il prend tout pour que tout puisse se revêtir de sa tendresse ! Jésus naît au cœur de la nuit et tout s’illumine : la crèche, le cœur de Marie, celui de Joseph et des bergers. Ce qui s’est passé, il y a plus de deux mille ans, c’est encore, aujourd’hui, ce qui se passe : car, oui, Dieu vient éclairer la vie des Hommes ! Étrange affirmation en ces temps de tempête, de désarroi, de nuages sombres qui planent sur le monde et parfois même sur notre propre vie. Et pourtant, oui, la lumière de la Nativité est une lumière destinée à tous, hier, aujourd’hui et demain. L’étoile de Bethleem ne perd jamais son éclat : elle brille sur le monde, elle s’arrête sur chacun et chacune de nous et nous voyons alors toutes choses avec un tout autre regard. Nouvel échange merveilleux : Dieu nous accueille et nous L’accueillons : aujourd’hui, près de la crèche, les « Seigneur, je T’aime » s’unissent aux « Comme Tu nous aimes, Seigneur ! ». Ce regard d’amour du Seigneur combien ne s’est-il pas posé par priorité sur Marie et Joseph !

MARIE ! 

Il lui en a fallu de la confiance ! Cette naissance tant attendue, voilà qu’un
recensement officiel s’en vient perturber les jours heureux qui s’annonçaient : il a fallu partir au loin, trouver un logement, assumer les risques du voyage, préserver ce tout-petit prêt à venir au monde. Et, une fois encore, Marie s’en remet à Dieu.
Jamais Il ne l’a abandonnée, même au plus fort des épreuves qu’elle a déjà connues : des fiançailles fragilisées, des rumeurs malveillantes face à sa grossesse, la douleur qu’a ressentie Joseph ! Oui, Dieu veille. Les choses vont s’arranger mais le dénuement remplacera la chaleur de la maison de Nazareth : Marie et Joseph trouvent une étable où s’abriter, loin des auberges bruyantes et de l’indifférence des Hommes. Le Fils de Dieu va naître : la chaleur ne Lui vient que de simples animaux qui se sont mis à l’abri de la nuit froide, peut-être Lui vient-elle d’un feu sommaire
allumé par Joseph mais elle Lui vient très sûrement de l’immense tendresse dont
ses parents L’entourent. Tout va bien. Dieu veille. Et de la confiance, Marie passe
à l’émerveillement. Quel n’est pas ce sentiment de toute maman devant l’enfant à qui elle vient de donner la vie ! Mais l’émerveillement de Marie est habité par une réalité bien plus profonde : son enfant est le Fils de Dieu, le Sauveur promis à toutes les
générations. Tout au fond de son cœur résonnent sûrement ces paroles : « Que soit béni le Nom de Dieu, de siècles en siècles ! Magnificat ! ». Le mystère même de Dieu rejoint le mystère de la vie ! Et c’est avec Joseph qu’elle le partage dans le recueillement et la gratitude.

JOSEPH ! 

Véritable cadeau du Seigneur dans la vie de Marie! A la fois tellement humain et
tellement « homme de Dieu » ! Traversé par le doute, déconcerté par les
événements imprévus, mais toujours attentif, vigilant, fidèle et aimant! Ouvert aux imprévus du Ciel, disponible à la volonté de Dieu, confiant en sa sollicitude. Tout, en lui, traduit cet amour de Dieu qui l’habite. Lui aussi a dû méditer ce magnifique psaume de confiance : « Le Seigneur est mon Berger, près de Lui, je ne crains rien, je ne manque de rien ! ». Oui, Marie et Joseph sont, l’un pour l’autre, une merveille et surtout, Dieu est, pour eux, « la Merveille des merveilles » manifestée dans leur Jésus. Cette joie tout intérieure de la crèche, un ange s’empresse de la dévoiler : « Je
vous annonce une grande joie ! ». Les premiers à être touchés, ce sont les bergers, des gens simples, sans culture, sans titres et sans fortune. Mais leur cœur est ouvert, peut-être en attente aussi, et ils font l’expérience d’une Présence qui leur était jusqu’alors inconnue : Dieu ne se révèle-t-Il pas d’abord aux humbles et aux petits?
A peine né, Jésus bouscule déjà les priorités humaines: ni présents ni
effervescence mais l’action de grâce, une joie douce et sereine, le silence et l’adoration… Cette joie, comme nous en avons besoin !
De toutes les fêtes de l’année, c’est sans doute celle de Noël qui suscite le plus
en nous le désir d’être meilleurs, de donner toute notre attention aux autres, de
partager ce que nous avons et ce que nous sommes, de croire en un avenir plus doux et plus paisible. Chaque fois que, croyants ou non, nous essayons d ’être plus fraternels, c’est déjà une lueur qui éclaire la nuit, c’est déjà l’espérance qui nous rassemble.
Mais, pour nous, chrétiens, la joie de Noël revêt une intensité encore bien plus
grande ! Car elle nous vient du Seigneur Lui-même qui rejoint notre humanité pour la transfigurer : « Un Sauveur vous est né ! ». Ce Sauveur vient remettre en pleine lumière le lien d’amour entre Dieu et les Hommes. C’est ainsi que Dieu sauve. C’est ainsi que Dieu sauve le monde : par l’amour et seulement par l’amour L’ange de Bethleem nous dit, à nous aussi : « Soyez sans crainte ! ». Venez vers votre Dieu ! Ne Le laissez pas à la porte de votre vie ! Remettez tout entre ses mains et l’étoile de sa tendresse vous guidera quel que soit votre chemin, ses ornières, les ronces et les pierres qui en rendent le parcours difficile ou douloureux. Ne craignez rien des aléas de votre vie, ne craignez rien des tempêtes qui s’y attardent. Ne craignez rien : Dieu veille ! Puissions-nous accueillir Jésus avec le même regard intérieur que celui de Marie, avec la même confiance que celle de Joseph, avec le même émerveillement que celui des bergers. Ce soir, entrons dans la crèche ! Ouvrons nos cœurs à Celui qui nous ouvre les bras ! Entrons , tout simplement, dans le Cœur de Dieu…

Edith de VOGHEL-JACQUES

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