Un extrait d’évangile qui insère une béatitude en conclusion d’un sondage : merveilleux !
Heureux es-tu Pierre d’avoir choisi de suivre Jésus,
Heureux-ses êtes-vous Pol, Jacques, Jean, Myriam, Chantal, …. qui faites ce choix aujourd’hui.
Abbé Fernand Stréber
ÉVANGILE « Je te donnerai les clés du royaume des Cieux » (Mt 16, 13-20)
En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ.
Homélie
Comme vous le constatez après l’écoute de l’évangile de ce jour, les sondages d’opinion ne datent pas d’aujourd’hui. Jésus les a aussi pratiqués. Je vais vous présenter cela en 4 étapes.
Dans sa petite enquête il demande : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Déjà à l’époque, les avis étaient très partagés.
1 Ainsi des adversaires de Jésus ont dit : C’est un ivrogne, un ami des pécheurs, un ami de Satan, un blasphémateur qui s’attribue les pouvoirs de Dieu jusqu’à pardonner les péchés.
2 Par contre ses amis ont dit : c’est un prophète comme Elie, Jérémie ou Jean-Baptiste. Il est le Christ, le Fils de David, le Messie, un guérisseur, l’envoyé de Dieu. Il a une autorité surprenante.
3 Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?
Pierre s’aventure à une réponse sous forme de profession de foi. pour Pierre, Jésus est bien un prophète de son temps et non du passé. Il est tout entier habité par Dieu et vivant pour Lui. Ailleurs, Pierre osera certifier : « Jésus, Tu es Celui qui a les Paroles de la vie éternelle ».
Pour Pierre, Jésus a des paroles neuves qui l’aident à vivre. Il pose des gestes de considération et d’espérance, qui sont bien plus que de simples gestes de compassion pour les plus délaissés. Ces paroles et ces gestes révèlent le vrai visage du Père : un Dieu passionné par l’homme et qui manifeste à chacun-e sa tendresse, quel que soit son passé, sa condition, son origine… Tout cela, Jésus le dit par des actes concrets et prophétiques. Oui, pour Pierre, Jésus est bien « le Messie, le Fils du Dieu vivant. »
4 Aujourd’hui, Jésus attend que nous disions, nous aussi, ce qu’Il est, ce qu’il représente pour nous dans notre vie.
La réponse, c’est à nous de la trouver. Dans notre vie de tous les jours. Idéalement cela ne devrait pas être une réponse toute faite.
Car nous aussi, nous écoutons sa Parole. Nous aussi, nous mangeons son pain. Et c’est à cause de lui que nous nous sommes rassemblés ce matin à Serinchamps.
Soyons humbles. Alors, nous comprendrons que nous pouvons le rencontrer. Ici, mais aussi hors de cette église, à travers les événements de chaque jour. Par exemple: la rencontre d’un malade, la douceur d’une caresse, la confiance d’un enfant, le chant d’un oiseau, le bonheur de travailler, l’accueil du réfugié, la joie du service rendu. Alors, nous le découvrirons, marchant discrètement à nos côtés.
Il attend de nous une confession de foi qui exprime quel type de relation nous tissons avec Lui. Il attend de nous une réponse en acte, une parole qui nous engage à l’exemple de celle de Pierre qui lui a exprimé toute sa foi, sa confiance.
Alors nous comprendrons qu’elle s’adresse aussi à nous, cette parole de Jésus à Pierre dans l’évangile de ce jour: «Heureux es-tu!».
P’tit rawett’ : « Oser la visite » (A lire juste après l’homélie)
Il était toujours assis devant sa porte quand je passais pour aller travailler.
Tous les jours, cet homme me saluait et il faisait un commentaire sur le temps.
A vrai dire, si je m’arrêtais, j’avais peur qu’il me demande quelque chose.
Un jour, alors que je m’attendais à un mot sur la pluie qui venait d’arriver, il m’a interpellé :
-Vous n’auriez pas un peu d’argent ?
C’est vrai qu’il avait l’air affamé. Je lui ai glissé un billet.
Un matin, il m’a interpellé de nouveau :
-Avez-vous une minute pour entrer ?
J’ai hésité, étonné… Oui, après tout, pourquoi pas ?
C’était la première fois qu’il me le proposait.
Je suis entré et j’ai vu : la chaise cassée et la toile cirée pleine de trous.
Mais surtout, j’ai entendu : juste au- dessus de l’évier, dans une cage, deux petits oiseaux chantaient.
Il a dû lire la surprise sur mon visage.
-« Je voulais vous présenter mes oiseaux. »dit-il. Grâce à votre billet, enfin, je me suis offert un peu de compagnie.
Ce que j’ai compris, ce jour-là, m’a rendu heureux.
Inspiré de « Racontez-nous » – Vervier André, p.18