« Quand une chambre devient chapelle »

Le 11 février, jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes, a été choisi comme date pour la Journée Mondiale du Malade. À cette occasion, Isabelle Michiels, coordinatrice de la Pastorale de la Santé, nous partage une bribe de la vie de Monique, une dame qui a besoin de beaucoup de soins médicaux. Ce partage nous rappelle que de nombreuses prières s’élèvent des chambres des malades.

Elle s’appelle Monique et vit en Maison de Repos et de Soins en région namuroise. Elle y est entrée assez jeune suite à de lourds problèmes de santé qui ne lui permettaient plus de vivre seule. Elle souffre beaucoup physiquement malgré des doses importantes d’antalgiques. Elle fait régulièrement des allers-retours entre l’hôpital et la Maison de repos. Son dossier médical est épais comme un bottin et pourrait nourrir l’ensemble de ses conversations. Mais Monique a fait un autre choix, celui de ne pas se laisser réduire à ses maux, à ses séjours hospitaliers, à ses nombreux diagnostics. Elle a plutôt décidé de retenir le prénom de tous les membres du personnel qui franchissent le seuil de sa chambre, et Dieu sait qu’il y en a, surtout en ces temps de turn-over du personnel accentué par la covid : aides-soignantes, techniciennes de surface, infirmières… Un soin prodigué, un plateau-repas reçu… Pour chacun d’entre eux elle a une attention, une écoute, un mot calibré. Elle vit comme un grand bonheur les jours où il lui est donné de pouvoir recevoir la communion. De son lit, elle voit droit devant elle le crucifix fixé au mur. Avec ce Jésus qu’elle a appris à aimer depuis l’enfance, elle engage des dialogues simples et intenses à la fois. Même si certains jours sont rudes, Il demeure Celui auprès de qui elle puise sa force. C’est à Ses pieds aussi qu’elle dépose au fil du temps tous ceux qui se confient à elle. Son chevet est devenu le lieu où, dans un murmure, les uns et les autres déposent leurs intentions. La nuit, quand le sommeil vient à manquer ou une larme à couler, elle se dépose dans le cœur de la Vierge, refuge inégalé. Et durant la journée, elle égrène ce chapelet où chaque dizaine lui évoque un visage, une situation, un besoin particulier.

Le pape François, dans son Message à l’occasion de la 30ème Journée Mondiale du Malade, parle du temps de la maladie comme d’un temps qui invite à être uni au Christ crucifié et ressuscité. Il rappelle aussi le magnifique ministère de consolation auquel sont appelés tous les baptisés. J’étais malade et vous m’avez visité (Mt 25,36). Parfois on ne sait plus très bien quel est celui qui, du bien-portant ou du malade, console ou est consolé, mais ce qui est certain, c’est que dans l’espace d’une vie nous pouvons être tour à tour et parfois en même temps l’un et l’autre…

À son réveil en ce 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes, Monique se souviendra-t-elle que cette 30ème Journée Mondiale du Malade lui est en un sens dédiée ? Pas certain. Mais ce qui semble sûr en revanche, c’est que le monde viendrait à se refroidir s’il manquait à celui-ci la prière qui s’élève des chambres de tant de malades, de tous ceux dont le cœur est devenu peu à peu, doucement, un vivant oratoire…

Isabelle Michiels
Coordinatrice de la Pastorale de la Santé

Retrouvez le Message du pape François en téléchargement ci-dessous.

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