Nouvelle réflexion sur l’évangile de ce 24ème dimanche du temps ordinaire.

Chers Frères et Sœurs,

Il y a quelques temps, je lisais cette étrange réflexion : « La foi chrétienne , c’est un croyance parmi d’autres et surtout truffée de balivernes et d’invraisemblances ».

Pauvre Seigneur, me suis -je dit ! Lui dont la Parole et le don extrême de sa vie sont tenus pour rien ou à tout le moins pour de naïves rêveries ou d’inconcevables choix !

De tels propos ne sont pourtant pas aussi rares qu’on pourrait le penser et surtout pas anodins.  Ils ont au moins le mérite de nous faire réfléchir sans détours  à cette foi qui imprègne notre vie.

Et c’est bien cette question vitale que le Seigneur nous pose, aujourd’hui : Qui suis-Je pour vous ? Croyez-vous en ce que Je suis, en ce que Je dis, en ce que Je fais ?». Nul doute que, spontanément, nous répondons tous dans un même élan : « Bien sûr, Seigneur, Tu es notre Dieu, nous avons foi en Toi ! ».

Mais Jésus ne se contente pas de nous l’entendre dire, Il veut sonder les profondeurs de notre cœur, la pleine vérité de notre âme…

« Qui suis-Je pour vous ? Croyez-vous en Moi ? »

Cette question posée par Jésus à ses disciples, elle avait été déjà posée à maintes reprises par Dieu aux Fils d’Israël : il leur faudra du temps pour comprendre qui est vraiment ce Dieu de tendresse qui les conduit, les accompagne et les protège.

Nul doute qu’Isaïe soit entré dans cette connaissance du cœur et dans l’intimité de Dieu… Et il ne cachait pas la confiance qu’il avait en Lui pas plus qu’il ne taisait ce que Dieu était et faisait pour lui. Sa parole et son témoignage lui ont valu d’ailleurs l’inimitié, la maltraitance morale et physique. Car, de tous temps, Dieu en dérange beaucoup et surtout ceux qui entendent bien faire leur vie sans Lui…

Il a aussi fallu du temps aux apôtres pour découvrir pleinement qui était ce Jésus qui les avait séduits  et dont la Parole les avait touchés en plein cœur.

Aujourd’hui, après trois ans de proximité avec ses apôtres, une question brûle le cœur de Jésus « Mais VOUS, qui dites-vous que Je suis ? ». Ne Me dites pas ce que d’autres disent, dites-moi le fin fond de votre âme !

C’est un peu comme ce qui se passe entre deux êtres qui s’aiment : peu leur importe ce que les autres pensent d’eux, seul compte ce qu’ils sont l’un pour l’autre.

Le Seigneur ne montre pas là le moindre souci de s’entendre dire quelque flatterie ou de percevoir son degré de popularité. Il n’y a pas l’ombre d’un regard sur Lui-même. Mais  la réponse qui Lui sera donnée témoignera de la profondeur et de la vérité de la foi de ceux qui L’aiment.

Quand Pierre s’écrie : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » il devient le témoin par excellence de ce Dieu Sauveur qui fait passer de la mort à la Vie. Pierre ne dit pas : « Tu es la force de l’univers, Tu es le principe de la vie, Tu es notre frère, notre ami, notre guide ». Non, car si Jésus est tout cela, Il est infiniment plus que cela… Il est le Tout Autre. Il est le Fils d’un Dieu d’amour et de vie. Et ce n’est que parce qu’Il est Dieu et Dieu fait Homme que la Passion toute proche prendra tout son sens.

En faisant nôtre cette profession de foi de Pierre, nous touchons à la grâce de la foi dans toutes ses dimensions. C’est un saut dans la confiance émerveillée même s’il ne nous est pas donné de tout comprendre. Ce n’était pas plus facile pour Pierre de le dire qu’à nous de le proclamer aujourd’hui dans notre Credo. Ce cri du cœur, ce cri de notre propre foi, ne vient pas de notre nature humaine.  Comme le dira Jésus à Pierre: « Heureux es-tu, Simon, car ce n’est pas la chair et  le sang qui t’ont révélé cela mais mon Père qui est dans les Cieux ». C’est tellement vrai ! Car il y a parfois des choses que nous disons et que nous faisons qui ne peuvent être inspirées que par Dieu Lui-même tant elles sont un défi à notre faiblesse et à nos limites… Mais quand nous nous abandonnons à Dieu dans la foi nue et la conscience de nos pauvretés, c’est alors que Dieu peut faire en nous de grandes choses !

« Qui suis-Je pour vous ? »

Notre réponse à cette question brûlante du Seigneur va orienter toute notre vie et la qualité de notre relation à Lui et aux autres. Car si le Seigneur est réellement, fondamentalement Celui qui nous fait vivre et que nous aimons, c’est bien toute notre vie qui va se calquer sur la sienne, nos priorités s’ancrer dans les siennes.
Et tout se résume alors à l’amour : l’amour que nous avons pour Lui et qui ne peut que rejaillir sur ceux qui nous entourent. C’est bien ce que Saint Jacques nous rappelle dans sa Lettre : « Votre foi est morte si elle ne se traduit pas dans vos actes ». Il fait ainsi écho à ce qu’avait dit Jésus : « Celui qui dit qu’il aime Dieu et qui n’aime pas ses frères est un menteur »…

Saint Jacques explicite concrètement sa pensée : « N’allez pas dire à celui qui a faim d’aller chercher à manger ! Donnez-lui au moins le nécessaire ! 

Cela me rappelle un petit refrain que l’on chantait et que l’on chante ou récite avant de prendre le repas et qui m’a toujours interpellé : « Bénissez-nous, Seigneur, bénissez ce repas, cette table accueillante et procurez du pain à ceux qui n’en ont pas ». Comme c’était facile et confortable de remettre à Dieu seul la tâche de rassasier tout un chacun et de nous dédouaner ainsi de nos propres responsabilités et devoirs !

Bien sûr, nous avons à tout confier au Seigneur car c’est Lui la source de tout bien mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous détourner d’aimer en actes et en vérité ceux qu’Il met sur notre route…

Tout amour vrai a ses exigences, que ce soit l’amour envers Dieu ou envers les autres.

Ces exigences peuvent aller jusqu’au don total de notre vie et c’est bien ce que Jésus a manifesté en donnant sa vie sur la Croix. Jésus ne cache d’ailleurs pas cette réalité : Le suivre c’est accepter de porter sa croix, de parcourir des chemins que le monde rejette.

Servir le Seigneur nous réserve, à coup sûr, de grandes joies mais aussi des oppositions et des rejets.

Comme l’a dit le Seigneur : « Comme on a traité le Maître ainsi seront traités ses disciples ».

Il faut le savoir, Sœurs et Frères, il faut aussi nous y préparer.

Le Seigneur nous convie à une parole forte et sans détours, jamais à des compromis . Il nous demande un témoignage fort, jamais en demi-teinte : « Que ton oui soit oui. Que ton non soit non. Tout le reste vient du Malin ».

Serait-ce si facile, si confortable ?

Comment appréhendons-nous les lois qui justifient l’avortement et l’euthanasie ? Comment nous positionnons-nous face au pouvoir de l’argent, à la course au confort et aux loisirs, à l’emprise dégradante de l’immoralité, à la légitimation du racisme, de la violence, à la banalisation de la médisance et de la malveillance sur les réseaux sociaux ?   

Dites-moi, Sœurs et Frères, comment nous dire chrétiens et vivre à contre-sens de l’Evangile ? Comment nous dire chrétiens et reléguer le Christ au rang de grand penseur et bienfaiteur de l’humanité  parmi tant d’autres ?

Puisse le Seigneur n’avoir jamais à nous dire ce qu’Il a dit à Pierre : «  Retire-toi loin de Moi car tes pensées ne sont pas celles de Dieu mais celles des Hommes »…

Quand Pierre laisse parler son cœur et sa foi, Jésus en est profondément touché : « Heureux es-tu ! ». Mais dans le même temps, Il ne veut pas qu’il se berce d’illusions : son engagement à sa suite est une source de joie mais qui lui réservera aussi bien des renoncements, des peines et des épreuves.

Disciples d’hier ou disciples d’aujourd’hui nous sommes appelés à mettre nos pas dans les pas- mêmes du Seigneur, qu’ils nous mènent au Mont Thabor ou à la colline du Golgotha… « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il prenne sa croix et qu’il Me suive ». C’est la Parole-même du Seigneur…
La refuser ou la minimiser c’est toujours se tenir loin de Lui.

Bien évidemment, le Seigneur ne magnifie ni n’exalte la souffrance mais Il lui donne un sens : elle n’est jamais vaine quand elle est greffée sur l’amour et le don de soi.

« Je suis venu pour que vous ayez la vie et la vie en plénitude » nous a dit Jésus.

Cette vraie Vie, notre foi en Lui nous en ouvre déjà les portes.

Alors, Frères et Sœurs, comme Pierre, par-delà toutes nos limites humaines, osons crier au Seigneur  la force de notre foi en Lui. Mais surtout, demandons-Lui de fortifier en nous, cet attachement inconditionnel qui nous lie à Lui et que seul l’amour saura toujours préserver.

Amen.

Diacre Xavier de VOGHEL

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