Le mot de Pâques de Mgr Warin:  »La croix du Christ est devenue arbre de vie »

En ces moments particulièrement éprouvants, Mgr Warin nous invite à vivre Pâques d’une autre manière que d’habitude. De manière moins extérieure… mais tout aussi joyeuse, car  »depuis le premier matin de Pâques, même le couchant d’une vie est la promesse d’un jour nouveau ».
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Pour rappel, les prêtres et diacres du diocèse s’associent pour vous accompagner en cette période de crise sanitaire. Le Service pastorale liturgique met à votre disposition, jusqu’à la fin du confinement, les lectures du jour et une homélie: cliquez ici.
—–Le mot de Pâques de Mgr WarinParmi les chrétiens pratiquants, ceux-là mêmes qui, le dimanche, proclament:  »Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Ecritures », 60% environ croient à la Résurrection. 60%, c’est bien peu si l’on se rappelle la parole de saint Paul:  »Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi votre foi » (1 Co 15,14).
Nous aimerions des garanties matérielles. Ces garanties matérielles, je ne puis vous les donner. Ce que je puis donner, ce sont non pas des preuves, mais des signes. Quand Dieu se manifeste, ce n’est jamais de façon contraignante, mais toujours de manière discrète. Car Dieu est Amour et l’amour ne s’impose pas; il se propose seulement.
Voici les signes de la Résurrection du Seigneur Jésus.
Il y a d’abord le tombeau vide. Les premiers chrétiens ont proclamé avoir découvert, au petit matin de Pâques, que le tombeau était vide. Or la polémique juive, entamée de bonne heure contre le message chrétien de la Résurrection, ne mentionne jamais que le tombeau de Jésus serait demeuré tel quel. Elle avait pourtant tout intérêt à le faire. Si elle ne l’a pas fait, n’est-ce pas parce que la découverte du tombeau vide ne pouvait être mise en question?
Le second signe de la Résurrection du Seigneur, je le trouve dans l’attitude des disciples.
La Résurrection, une autosuggestion? Une hallucination collective? Une telle explication jure avec ce que nous savons de la psychologie des premiers disciples. Les pieds bien sur terre, ces pêcheurs du lac ne s’en laissaient pas facilement conter. Quand les femmes, revenues du tombeau, ont raconté aux Onze et aux autres ce qu’elles avaient vu, ils ne les ont pas crues. Leurs propos leur  »semblèrent un délire » (cf. Lc 24,11). Et Thomas dut parcourir une étape supplémentaire avant de chanter son credo:  »Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n’enfonce pas mon doigt à la place des clous et si je n’enfonce pas ma main dans son côté, je ne croirai pas! » (cf. Jn 20,25).
Et puis, il y a la formidable mutation qui s’est opérée dans la vie de ces hommes. Car enfin le fait est là: au lendemain du Vendredi saint, ils se terraient désolés; au lendemain de Pâques, ils sont partis sur les chemins du monde pour crier fort à qui voulait les entendre et à qui ne voulait pas les entendre: Jésus-Christ, l’homme qui était notre ami, l’ami des pauvres et des pécheurs; Jésus-Christ, sur qui on a craché, qu’on a matraqué et torturé en riant; Jésus-Christ, qu’on a pendu sur une croix et dont on était sûr que la mort n’avait pas été ratée; Jésus-Christ, qu’on a enterré avec une grande pierre et des soldats devant; Jésus-Christ est ressuscité!
Dans notre monde, nous nous heurtons de tous côtés à la mort et aux forces de mort. Mais depuis le premier matin de Pâques, même le couchant d’une vie est la promesse d’un jour nouveau. Il est ressuscité et nous ressusciterons après lui. Sa Résurrection est le gage de la nôtre. Il est revenu à la vie, premier-né d’entre les morts. Au-delà de notre mort, il nous attend sur le rivage.
Il est venu briser nos impasses. Toutes nos impasses. Dans le village de Dieu où déjà nous vivons en espérance, il n’y a pas de chemin sans issue.
Notre vie n’est plus un sursis avant l’échafaud. Le vieillissement n’est plus la catastrophe. Aucune pierre, si lourde soit-elle, n’est à jamais scellée sur nous-mêmes ou sur nos frères.
Par la Résurrection, la croix du Christ est devenue un arbre de vie qui dit non aux planches de nos cercueils et à ce qui est mortifère. Parce qu’un homme est sorti vivant du tombeau, les autres n’y resteront pas. Allégresse. Alléluia.Je vous souhaite une très joyeuse fête de Pâques. Dans les moments dramatiques que nous vivons, nous nous unissons à la Passion du Seigneur et à sa Résurrection d’une autre manière que d’habitude. De manière moins extérieure, mais tout aussi joyeuse. En communion avec tous ceux qui souffrent et tous ceux qui luttent.+ Pierre Warin

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