« Une pause par jour » – 15 décembre 2016

Jeudi de la troisième semaine de l’Avent – Isaïe 54, 1-10 – Psaume 29 (30) – Luc 7, 24-30 – Jean est le messager qui prépare le chemin du Seigneur (Lc 7, 24-30) – Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Après le départ des messagers de Jean, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? Un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous allés voir ? Un homme habillé de vêtements raffinés ? Mais ceux qui portent des vêtements somptueux et qui vivent dans le luxe sont dans les palais royaux. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis ; et bien plus qu’un prophète ! C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.

Je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne n’est plus grand que Jean; et cependant le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui. Tout le peuple qui a écouté Jean, y compris les publicains, en recevant de lui le baptême, a reconnu que Dieu était juste. Mais les pharisiens et les docteurs de la Loi, en ne recevant pas son baptême, ont rejeté le dessein que Dieu avait sur eux. »                 

Dans la langue hébraïque, on peut faire un jeu de mots avec désert et parole. Les deux ont la même étymologie: désert (midbar) et parole (dabar). Alors que le désert évoque le vide et l’absence, la parole évoque la plénitude et la présence. Le vide, nous le savons, crée un appel d’air. Il faut faire le vide pour se laisser envahir par la Parole. Voilà pourquoi le désert est devenu le lieu privilégié des chercheurs et chercheuses de Dieu. Dans le silence, la Parole retentit. «Le désert est monothéiste» a écrit Renan. On pourrait compléter en disant que le désert rend monothéiste. Le désert décape. C’est un lieu de vérité, de purification, de conversion. Le désert libère de tout ce qui n’est pas essentiel.
«Qu’êtes-vous allés voir au désert?» Dans le contexte historique, il s’agit de Jean Baptiste. Ce dernier vivait en ermite dans le désert de Judée. À quelle occasion avait-il commencé sa quête d’absolu? On ne le sait pas. Il avait commencé tôt, car déjà dans le sein de sa mère Elisabeth, il avait réagi à la présence de Marie, enceinte de Jésus. « L’enfant a remué de joie en moi.» (Luc 1, 44) Sur les bords du Jourdain, Jean Baptiste prêche la conversion du cœur; une conversion qu’il actualise par le rite du baptême. Pour beaucoup, il est devenu un passeur de sens, un décodeur de signes.

Fais de nous, Seigneur, des éveilleurs de conscience. Puissions- nous devenir, à la manière de Jean Baptiste, des témoins de ta présence parmi nous.

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