Il nous est déjà arrivé de dire d’abord « non » puis de changer d’avis et de répondre finalement à la demande de l’autre.
C’est l’histoire que raconte l’évangile de ce jour.
« Un humain avait deux enfants » c’est la traduction littérale du début la parabole. Tandis qu’à la fin, on est dans une relation père-fils.
Que s’est-il passé entre les deux ? A la demande de l’humain d’aller travailler à sa vigne, le premier enfant commence par dire « je », « je ne veux pas ».
Il commence par s’affirmer face à un « père » qui, du haut de son autorité, le considère toujours comme un enfant.
Puis il se ravise et se rend compte qu’en tant que fils, il est tout autant responsable de la vigne.
Finalement il s’ajuste au désir de son père, ce désir devient le sien.
Un « je » peut rencontrer un « tu ».
Le second rejeton ne fera pas le même chemin, il s’enferme dans une relation de maître-esclave et n’agit pas.
Abbé Fernand Stréber
ÉVANGILE (Mt 21, 28-32)
En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’ Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. »Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »
Commentaire
Plantons le décor de cette parabole qui vient d’être proclamée. Dans la société juive, il y a les docteurs de la Loi. Ils sont garants de l’orthodoxie des textes sacrés qui remontent au temps de Moïse. Mais, Ils y ont ajouté 613 prescriptions souvent tatillonnes.
Il y a les pharisiens, qui partagent leur conviction, et tout le pouvoir religieux autour du temple ou des synagogues. Et ils se considèrent les premiers, méprisant souvent les autres.
Dans l’évangile d’aujourd’hui, ils sont appelés les grands prêtres et les anciens du peuple. C’est à eux qu’est adressée cette parabole. Lire la suite