Homélie du « Jeudi Saint » par le diacre Xavier de VOGHEL

Frères et sœurs,

II y a dans le déroulement de l’année liturgique des temps très forts, des occasions uniques de penser, de méditer et de rendre grâce au Seigneur pour des actions précises, des événements marquants ou des ministères particuliers. Et le Jeudi Saint est certainement un de ces grands temps forts du temps de Pâques.

Aujourd’hui, en effet, nous revivons le dernier repas que Jésus prit avec ses apôtres et au cours duquel, comme nous le rappelait Saint Paul, il nous fit le don de l’Eucharistie. Mais, par le choix du passage de l’évangile de St Jean, au cours duquel Jésus se mit aux pieds de ses disciples pour les leur laver, c’est aussi le don de l’amour par le service que Jésus nous donne. Lire la suite

« Une pause par jour » – 7 avril 2023

Vendredi Saint
Première lecture – « C’est à cause de nos fautes qu’il a été broyé » (Is 52, 13 – 53, 12) – Lecture du livre du prophète Isaïe

Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s’élèvera, il sera exalté ! La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ; il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme. Il étonnera de même une multitude de nations ; devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit, ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler. Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ? Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple. On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche. Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira. Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part,
avec les puissants il partagera le butin, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort,
et il a été compté avec les pécheurs, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les pécheurs. – Parole du Seigneur.

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« Une pause par jour » – 6 avril 2023

Jeudi Saint
Première lecture – Prescriptions concernant le repas pascal (Ex 12, 1-8.11-14) – Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur. Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte. Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. » – Parole du Seigneur.

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« Une pause par jour » – 5 avril 2023

Mercredi Saint
Première lecture – « Je n’ai pas caché ma face devant les outrages » (Is 50, 4-9a) – Lecture du livre du prophète Isaïe

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, Celui qui me justifie.
Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble ! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi ! Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ? – Parole du Seigneur.

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Editorial Journal « Dimanche » par Vincent Delcorps

« Chers Eric, Xavier, Jean, Danny-Pierre, François, Jean, Christian, Ildefonse, Benjamin, Pierre, Christophe, Luc, Etienne, Benoît, Antoine, Dominique, Charles, Raymond, Serge, Denis, Jean-Marie, Guy, Thierry, Tommy, Jean-Luc, Herman, Jozef, Ralph, Franck,
Vous l’ai-je déjà dit? En tous les cas, certainement pas assez! Alors, aujourd’hui, je vous l’écris: merci.
Parce que la foi, c’est grâce à vous que je l’ai découverte. Oh, pas seulement grâce à vous – vous le savez bien, vous n’en avez pas le monopole.
Mais vous m’avez permis de la découvrir d’une façon particulière. En priant, en célébrant, en racontant, en chantant, en expliquant, en écoutant… Et, peut-être plus encore, en étant. En étant prêtres.
Cette ordination, vous le savez, n’a pas fait de vous des super-hommes. Sans doute n’a-t-elle pas même permis d’ôter vos défauts. Mais elle nous offre, à tous, un témoignage extraordinaire. Un témoignage ultime de l’amour de Dieu. Car votre don nous montre, à la suite de Jésus, que l’amour de Dieu peut combler une vie. Il m’arrive souvent de l’oublier; vous m’aidez à m’en rappeler.
Il n’y a pas que la foi que vous m’aidez à découvrir.
La vie aussi. Dans toutes ses dimensions. Au fil de longues années, vous m’avez offert une écoute, des encouragements, des conseils, des clés pour discerner. Mais aussi des éclats de rire et des repas de fête. J’ai souvent trouvé chez vous une sagesse. Une invitation à dépasser les apparences.
A ancrer mes choix dans une certaine profondeur. Souvent, ce fut pour moi une source de bonheur. Longtemps, j’ai d’abord été frappé par votre côté lumineux. Votre joie de vivre, bien réelle. Logique: par définition, des hommes d’Eglise se doivent de
rayonner.
Avec le temps, vous m’avez parfois laissé découvrir d’autres aspects. Et notamment les difficultés propres à votre ministère. Votre solitude. Votre inquiétude aussi. Vos ras-le-bol. Vos blessures…
Oserais-je écrire que ces aspects-là sont peut-être ceux qui m’ont le plus touché? Je découvrais alors que l’amour de Dieu ne préservait pas de la souffrance. Que pour gagner Pâques, il fallait traverser le Vendredi saint.
Je découvrais alors que vous n’étiez pas ces hommes que j’avais peut-être idéalisés, mal compris. Mais que vous étiez vraiment des frères, des amis.
Pour cela aussi, merci.
Vincent