« Une pause par jour » – 29 décembre 2021

S. Thomas Becket, évêque, martyr

Première lecture – « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière » (1 Jn 2, 3-11) – Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés, voici comment nous savons que nous connaissons Jésus Christ : si nous gardons ses commandements. Celui qui dit : « Je le connais », et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n’est pas en lui. Mais en celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection : voilà comment nous savons que nous sommes en lui. Celui qui déclare demeurer en lui doit, lui aussi, marcher
comme Jésus lui-même a marché. Bien-aimés, ce n’est pas un commandement nouveau que je vous écris, mais un commandement ancien que vous aviez depuis le commencement. La parole que vous avez entendue, c’est le commandement ancien.
Et pourtant, c’est un commandement nouveau que je vous écris ; ce qui est vrai en cette parole l’est aussi en vous ; en effet, les ténèbres passent et déjà brille la vraie lumière. Celui qui déclare être dans la lumière et qui a de la haine contre son frère
est dans les ténèbres jusqu’à maintenant. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n’y a en lui aucune occasion de chute. Mais celui qui a de la haine contre son frère est dans les ténèbres : il marche dans les ténèbres sans savoir où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux. – Parole du Seigneur.

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« Une pause par jour » – 28 décembre 2021

Les Saints Innocents, martyrs

Première lecture – « Le sang de Jésus nous purifie de tout péché » (1 Jn 1, 5 – 2, 2) – Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés, tel est le message que nous avons entendu de Jésus Christ et que nous vous annonçons : Dieu est lumière ; en lui, il n’y a pas de ténèbres. Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, alors que nous marchons dans les ténèbres, nous sommes des menteurs, nous ne faisons pas la vérité. Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché. Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste va jusqu’à pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice. Si nous disons que nous sommes sans péché, nous faisons de lui un menteur, et sa parole n’est pas en nous. Mes petits enfants, je vous écris cela pour que vous évitiez le péché. Mais si l’un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père : Jésus Christ, le Juste. C’est lui qui, par son sacrifice, obtient le pardon de nos péchés, non seulement les nôtres, mais encore ceux du monde entier. – Parole du Seigneur.

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« Une pause par jour » – 27 décembre 2021

Saint Jean, apôtre et évangéliste

Première lecture – « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons » (1 Jn 1, 1-4) – Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés, ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons. Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage : nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous. Ce que nous avons vu et entendu,
nous vous l’annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Or nous sommes, nous aussi, en communion avec le Père et avec son Fils, Jésus Christ. Et nous écrivons cela, afin que notre joie soit parfaite. – Parole du Seigneur.

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« Je devais vous dire… »

C’est l’histoire d’un jeune garçon qui, le soir de Noël, jouait le rôle de l’aubergiste dans une crèche vivante. Après plusieurs répétitions, l’heure de la célébration était venue. Au début de la scène, l’aubergiste dormait bruyamment dans un coin. Puis, au moment où Marie et Joseph frappaient à son auberge, il devait se réveiller de bien mauvaise humeur et, sur le pas de la porte à peine entrouverte, dire d’un ton très désagréable : « allez-vous en, y’ a plus de place ». Or, voilà qu’au moment de sa réplique, le garçon est là, mais comme tétanisé devant la foule venue très nombreuse assister à la messe de Noël. Après quelques secondes de silence, il ouvre la bouche et finit par articuler : « je devais vous dire qu’il n’y a plus de place, mais, tant pis, venez quand même ! » – L’histoire ne raconte pas comment la scène s’est terminée…

Ne jouons pas au chrétien, soyons chrétien.

1. Cette petite histoire nous apprend ce que célébrer Noël signifie réellement. À un moment donné, vous l’aurez compris, l’enfant ne jouait plus l’aubergiste, il était l’aubergiste. Il ne répétait pas un rôle appris d’avance, il s’est laissé toucher par ce jeune couple qui était là devant lui dont la femme était enceinte et qui cherchait une chambre. Peut-être qu’il fut le seul à véritablement célébrer Noël Qu’il en soit de même pour nous: ne jouons pas au chrétien, soyons chrétien. N’assistons pas à cette célébration comme derrière une vitre ou du haut d’un balcon – simplement parce que c’est la tradition – mais laissons-nous saisir par le mystère de cette Nuit très Sainte.

Approchons-nous de la crèche, abaissons-nous, mettons-nous à genoux, dans notre cœur ou avec notre corps, pour reconnaître l’amour complètement fou du Créateur de l’univers. Voyez : Dieu est venu dans ce monde, il a frappé à la porte en risquant le refus, il s’est rendu vulnérable en risquant des blessures. Ce soir, Marie dépose l’Enfant Jésus dans chacun de nos bras ; allons-nous le laisser tomber par terre ? Ce soir, pour ceux qui communieront, le prêtre déposera ce même corps de Jésus au creux de nos mains ; comment le recevrons-nous ?

D’une certaine manière l’aubergiste représente chacun de nous avec cette question qui nous est adressée et à laquelle nous devons répondre : acceptes-tu que Dieu te dérange ? Qu’il te demande du temps et du cœur ? Noël est la fête du grand dérangement. C’est la grande différence entre la liturgie et Youtube. Lorsqu’on a regardé une vidéo, youtube nous en propose aussitôt une deuxième qui va dans le même sens que la première, puis une troisième, etc. Youtube nous flatte, il renforce nos convictions, il nous endort. La liturgie, elle, cherche plutôt à nous réveiller et à nous convertir.

2. Il y a un élément de l’histoire que je ne vous ai pas dit : le garçon qui avait été choisi pour être l’aubergiste n’était pas tellement apprécié, ni par les autres enfants, ni par les adultes. Il faut dire qu’il était peu motivé, ne tenait pas en place et râlait beaucoup. Alors on s’était dit : « donnons-lui le rôle de l’aubergiste, le râleur de service, ça au moins, il le fera bien ». Ainsi sont les hommes : ils enferment dans des rôles. Mais la grâce de Dieu, elle, peut toujours davantage. On n’avait pas prévu que Dieu agit vraiment dans nos cœurs et nos âmes et qu’il peut nous transformer. Je crois très fort à la grâce de Noël.

L’une des plus célèbres est celle du Noël de 1886 – c’était il y a 135 ans – en France, à Lisieux en Normandie et cette année-là, Noël tombait également la nuit du vendredi au samedi[1]. C’est l’histoire de Thérèse qui a 14 ans à l’époque et qui a vécu un drame à l’âge de 4 ans : sa maman est morte. Depuis, Thérèse a grandi mais quelque chose est reste abîmée. Elle est très sensible et pleure pour un oui ou pour un non. Sa vie est pénible pour elle et son entourage. En rentrant de la messe, venait habituellement le rite de l’échange des cadeaux. En réalité, les sœurs de Thérèse étaient grandes et il n’y avait qu’elle à vouloir encore mettre ses petits souliers au pied de la cheminée pour en retirer ensuite les cadeaux reçus. Ce soir-là, son Papa était très fatigué ; en rentrant à la maison et en voyant les souliers, il soupira : « Enfin, heureusement que c’est la dernière année ». Vous imaginez la réaction de la jeune fille : des larmes lui montèrent aussitôt dans les yeux. Sa sœur Pauline, qui l’aimait beaucoup, s’empressa de lui dire pour éviter un drame : « ne descend pas [tout de suite], cela te ferait trop de peine ». Mais Thérèse raconte – et c’est là le coup de grâce, qu’en une seconde « Jésus avait changé son cœur », « elle n’était plus la même », et surtout, qu’à partir de ce jour-là, elle devint forte et courageuse, elle ne fut vaincue en aucun combat, elle marcha de victoires en victoires et commença pour ainsi dire une course de géant. Bouleversée par la faiblesse de Jésus, elle n’avait plus eu peur de sa propre faiblesse.

On appelle cela la grâce : le contact avec Dieu (car Thérèse avait une grande foi) agit réellement sur nous : éclaire notre intelligence, assouplit notre volonté, apaise notre sensibilité, soulage notre santé. Nous l’avons entendu en première lecture : la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes.

3. Enfin, cette petite histoire est une formidable leçon de liberté. Vous avez entendu ce qu’a dit le garçon : « je devais vous dire qu’il n’y a plus de place… » Que de pressions en effet s’exercent sur nous comme au temps de l’Évangile et auxquelles les lectures font écho : les bottes qui frappent le sol, les manteaux couverts de sang, le bâton du tyran, l’ordre de César, les histoires familiales, etc. Face à toute cette nécessité implacable, s’élève la voix d’un petit enfant, dont on pouvait croire qu’il n’avait pas de courage : « eh bien, tant pis, venez quand même » ! C’est grâce à ce genre d’audace que l’histoire bascule et que le mal est vaincu. En cette nuit de Noël, le Seigneur peut encore nous guérir de nos peurs, redonner de l’audace à notre liberté et pardonner tous nos refus.

L’histoire que je vous ai racontée est une histoire vraie. P. Dominique qui en avait été le témoin oculaire, il y a maintenant 35 ans de cela, me l’a racontée il y a quelques années. Elle s’est donc passé en 1986, cent ans après la grâce de Noël cde Thérèse, bien loin d’ici, à Lubumbashi (Congo) et l’enfant répondait au beau nom de Désiré.

Ce soir, je te salue, Désiré, toi et tes semblables, pour cet acte prophétique que tu as posé un jour et qui nous rejoint en cette nuit de Noël. C’est grâce à toi, l’écorché vif mais dont le cœur avait gardé quelque chose de sa beauté originelle, que le monde ne s’est pas encore écroulé malgré les coups qui s’abattent sur lui. Apprends-nous à célébrer avec foi le mystère de la naissance de Dieu au milieu des hommes. Aide-nous à nous laisser toucher par la grâce. Donne de l’audace à notre liberté pour qu’elle s’engage au service du bien véritable.

Homélie de la nuit de Noël – Père Sébastien Dehorter (Paroisse Saint François Louvain la Neuve)

[1] Voir Sainte Thérèse de Lisieux, Manuscrits autobiographiques, Manuscrit A, Folio 44-45.

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« Une pause par jour » – 26 décembre 2021

La Sainte Famille — Année C

Première lecture – « Samuel demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie » (1 S 1, 20-22.24-28) – Lecture du premier livre de Samuel

Elcana s’unit à Anne sa femme, et le Seigneur se souvint d’elle. Anne conçut et, le temps venu, elle enfanta un fils ; elle lui donna le nom de Samuel (c’est-à-dire : Dieu exauce) car, disait-elle, « Je l’ai demandé au Seigneur. » Elcana, son mari, monta au sanctuaire avec toute sa famille pour offrir au Seigneur le sacrifice annuel et s’acquitter du vœu pour la naissance de l’enfant. Mais Anne n’y monta pas. Elle dit à son mari : « Quand l’enfant sera sevré, je l’emmènerai : il sera présenté au Seigneur, et il restera là pour toujours. » Lorsque Samuel fut sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la maison du Seigneur, à Silo ; l’enfant était encore tout jeune. Anne avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. On offrit le taureau en sacrifice, et on amena l’enfant au prêtre Éli. Anne lui dit alors : « Écoute-moi, mon seigneur, je t’en prie ! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi pour prier le Seigneur. C’est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande. À mon tour je le donne au Seigneur pour qu’il en dispose. Il demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie. » Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur. – Parole du Seigneur.

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