Homélie – 19ème dimanche du temps ordinaire Année A – Abbé Fernand Stréber

Lorsque les forces du mal surgissent inexorablement au cœur de nos vies et dans celle du monde,

lorsque nous pensons couler,

nous pouvons toujours saisir la main que Dieu nous tend.

Le murmure d’une brise légère viendra nous caresser…

Abbé Fernand Stréber

ÉVANGILE  « Ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux » (Mt 14, 22-33)

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier.  Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »  Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

Homélie : « N’ayez plus peur »

En lisant lentement le récit de la marche de Jésus sur l’eau, j’y aperçois un grand parallélisme (9) avec les événements qui se sont passés au moment de la passion – résurrection de Jésus.

L’objectif du récit de la marche sur les eaux est de  proposer un avant-goût de la résurrection.

1° : Jésus invite ses apôtres à « aller sur l’autre rive ». L’autre rive est une image qui me fait penser à la traversée « mort-résurrection ».  Passer sur l’autre rive symbolise donc bien la résurrection.

2°: Dans le récit que nous venons de lire comme au moment de la passion, Jésus s’isole pour aller prier.

3°: Dans le récit d’aujourd’hui les disciples ne comprennent pas l’attitude de Jésus qui vient de nourrir une foule avec 5 pains et 2 poissons et ensuite qui marche sur l’eau.

Au jardin des Oliviers les disciples ne comprendront pas l’attitude de Jésus. 

4°: Dans le récit de la marche sur l’eau, les disciples ne reconnaissent pas Jésus.  Ils le prennent pour un fantôme.  N’est-ce pas le risque que Dieu a pris en se faisant homme, le risque d’être pris pour un autre, pour son contraire.  Lors de sa résurrection aussi, Jésus ne sera pas reconnu par les disciples d’Emmaüs.  Marie de Magdala le confondra avec le jardinier.

5°: La peur ! Les disciples barricadés dans la maison au matin de Pâques seront effrayés de voir Jésus ressuscité.  Ils seront terrorisés par l’inconnu de la même manière que quand ils voient Jésus marcher sur la mer dans le récit qui nous occupe aujourd’hui.  En se faisant reconnaître, Jésus supprime cette peur à deux reprises.

6°: C’est vers la fin de la nuit que Jésus vient vers les disciples en marchant sur la mer.  C’est aussi au moment où le jour commence à se lever que Jésus ressuscité se manifeste.

7°: Dans les 2 récits Jésus se fait reconnaître par des paroles d’apaisement. « Confiance, c’est moi n’ayez plus peur. »  .

8°: Le doute de Pierre voyant Jésus marcher sur les eaux fait écho à celui de Thomas lors de la résurrection de Jésus.

Si l’épisode lu aujourd’hui souligne aussi la fragilité de Pierre à qui Jésus va confier son Eglise, il veut avant tout souligner et assurer que Jésus vient toujours au secours de cette faiblesse.

9°: La profession de foi des apôtres dans le texte d’aujourd’hui, peut être mise en parallèle avec celle du centurion lors de la mort de Jésus.  Les 2 formulations sont identiques : « Vraiment, celui-ci est le fils de Dieu. »

Est-ce un hasard qu’autant de rapprochements soient possibles entre les 2 récits.  Personnellement je ne le crois pas.  Le parallélisme entre les 2 textes m’aide à formuler une bonne nouvelle : A nous qui sommes souvent ballottés comme les disciples sur la barque, si nous croyons être seuls à nous débattre, si le Christ auquel nous croyons nous fait peur, ce n’est pas le Jésus de l’Evangile, c’est une fake news, une fiction en provenance d’une imagination quelconque ou un fantôme de carnaval. 

Le Jésus de l’Evangile ne peut que dire « Confiance » et « N’ayez plus peur« .  Il se fait proche de nous, se fait l’un de nous, nous tend la main comme il l’a tendu à Pierre quand la mer était démontée.  Jésus se fait reconnaître par des messages d’apaisement.  Dès lors, il n’est plus possible d’avoir peur de lui.

Ce que Jésus nous propose, c’est une attitude de confiance, c’est croire qu’il vient toujours nous tendre la main pour nous sortir de nos ténèbres et pour nous faire entrer dans sa vie et dans sa joie.

Nous sommes invités à le reconnaître à travers cette main tendue : celle d’un membre de notre famille, d’un ami, d’un voisin, d’un témoin de l’évangile, d’une association, d’une communauté chrétienne,  . Alors nous pourrons dire comme ceux qui étaient dans la barque : « Vraiment, celui-ci est le fils de Dieu. »

Abbé Fernand Stréber

Li p’tit rawett’ – « Une souris qui avait peur »

Un jour une souris vint se plaindre au dieu des dieux.

            – J’ai peur des chats, ô dieu des dieux, s’il te plait, transforme-moi en chat !

            Le dieu des dieux la transforma en chat.

            Quelques jours plus tard elle revint :

            – J’ai peur du tigre….ô dieu des dieux s’il te plait transforme-moi en chasseur !

            Le dieu des dieux la transforma en chasseur.

            Mais bientôt le chasseur mal dans sa peau souhaita devenir une femme. Laquelle prit peur d’une souris.

            Le dieu des dieux lui dit en souriant :

            – Sois une vraie petite souris et tu sauras alors vivre sans peur….

Voyage au pays des 500 contes ( compilation de A. VERVIER et F STREBER)

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