Homélie de l’abbé Fernand Stréber : 2ème dimanche de l’Avent – Année B – 10 décembre 2023

Évangile- « Rendez droits les sentiers du Seigneur » (Mc 1, 1-8) – Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

Homélie

Le texte qui vient d’être proclamé débute avec cette phrase :

« Commencement de l’Evangile de Jésus. »

Ce sont les premiers mots du livre de Marc.  Ce n’est pas un titre ajouté par la liturgie.

Globalement, la première partie de la bible – autrement dit le premier testament – a été traduite en grec et la seconde, écrite en grec.  Et en grec, « Bonne Nouvelle » et « Evangile » c’est le même mot.

* Dans un premier temps, ce mot ne désigne pas un livre ou un ensemble de livres dans lesquels le message de Jésus a été consigné.  Ce terme  « Evangile » signifie la Bonne Nouvelle de la libération de Juifs.  En effet, après une longue période de déportation et d’exil à Babylone (c’est en Irak) pendant 60 ans au 6° siècle avant notre ère, une partie de l’élite juive rentre en Palestine.  Dans ce contexte, le mot « Evangile » évoque un peuple anéanti qui se relève et se remet en route vers son pays d’origine.

* Chez Saint Marc, le sens du mot « Bonne nouvelle » se précise.  Il se concentre sur une personne et plus sur un pays.  La Bonne Nouvelle, l’Evangile, c’est ce que Jésus dit, ce que Jésus fait, parce que désormais en lui se concrétise la libération promise depuis des siècles.

C’est pourquoi on ne met pas ce qu’on veut sous le mot « Evangile ».  Jésus en sera toujours la référence, l’étalon or. 

Marc dit encore : « Commencement de l’Evangile… « . Ce n’est donc qu’un début.  Marc fait commencer ce début au désert.  Cela fait écho à la citation d’Isaïe dans le verset suivant : « J’envoie mon messager pour ouvrir ton chemin.  Voix de celui qui crie dans le désert. »  Le mot « Evangile » ne recevra tout son contenu qu’au terme de l’histoire de Jésus, quand son amour jusqu’à la mort sera reconnu par Dieu qui le ressuscitera le jour de Pâques. 

« J’envoie mon messager pour ouvrir ton chemin. » 

–  Non pas des messagers, manipulateurs qui prétendent avoir une ligne téléphonique avec le ciel. Les « Hérode » ne manquent pas.

–  Non pas des messagers, beaux parleurs qui cherchent à nous endormir par leurs incantations, leurs envoûtements.  Les pratiques sectaires ne manquent pas. 

–  Non pas des messagers rétrogrades qui n’aiment que le passé, qui regardent en arrière au risque de se trébucher.  Les passéistes ne manquent pas.

–  Mais des prophètes à l’image de Jean-Baptiste, messager du Christ qui regardent en avant, qui osent s’engager.

Un prophète n’est pas quelqu’un qui prédit l’avenir, à la manière de Nostradamus, mais quelqu’un qui porte un autre regard sur les événements, qui lit le présent avec d’autres yeux, les yeux de Dieu ; qui montre et désigne ce que nous ne voyons pas, qui discerne dans le présent quelque chose d’important qui se mijote.

Il n’y a pas que des prophètes religieux.  Il y a aussi dans le domaine de l’art, la santé, le climat, la littérature, etc….

Jean-Baptiste prêche la conversion.  Par le baptême qu’il pratique dans le Jourdain, il appelle à accueillir la nouveauté que Jésus apporte.

« Préparez le chemin du Seigneur », dit‑il.  Cela ne consiste pas en terrassements et en pavements mais plutôt dans une attitude de cœur.  On rencontre nécessairement Jean-Baptiste sur la route qui mène à Jésus.  On passe obligatoirement par lui.  On ne va à Jésus que si l’on se convertit en permanence.  Autrement dit si on change de mentalité.  C’est une des significations du baptême.

Nous convertir, devenir disciples, c’est à la fois reconnaître en Jésus le visage de Dieu et poursuivre les solidarités et les priorités qu’il s’est donné.

Sans être grand observateur il est évident que la situation n’est pas rose pour une grande majorité de personnes : les hôpitaux regorgent de monde, les homes sont pleins à craquer de même que les prisons, les CPAS ainsi que la multitude des associations caritatives sont débordés d’appels au secours, les files s’allongent au chômage… et je ne parle ici que de notre pays.

A l’image de l’ asbl « Action Vivre Ensemble » Il existe encore aujourd’hui des prophètes

   –   qui luttent contre la faim et pour plus de justice,

  • qui préparent des chemins et rendent droits des sentiers pour les hommes et les femmes que Dieu aime,
  • qui aplanissent la route pour ceux qui peinent à se tenir debout.

Le travail ne manque pas, il y en a pour tous individuellement mais aussi collectivement.  En effet pour déployer davantage encore notre efficacité, des associations innombrables dont « l’Action  Vivre Ensemble » agissent pour structurer notre aide.  « Vivre Ensemble » veut cette année fixer notre attention sur la pauvreté qui augmente. C’est pour améliorer leur condition que cette asbl nous demande pendant la période de l’Avent de faire un don soit par virement soit lors de la collecte le W-E prochain.

Depuis huit jours, et jusqu’à Noël, nous vivons le temps de l’Avent autrement dit le temps de l’Avènement, de l’attente de la venue de Jésus.

Serons-nous prophète ? Parviendrons-nous à le reconnaître sans le laisser passer ?

Abbé Stréber Fernand

Prière universelle

Introduction par le célébrant .

Cette deuxième étape vers Noël ouvre nos cœurs à la promesse d’un monde plus beau.

Sûrs de la parole du Seigneur, Confions-lui maintenant tous ses enfants de la terre.

  • Tant de personnes âgées sont revêtues de tristesse et de misère.
    Prions le Seigneur de faire se lever des personnes
    comme le prophète Jean-Baptiste
    pour les envelopper du manteau de la tendresse.
  • Ce week-end , est célébrée le 75° anniversaire de la déclaration
    universelle des Droits Humains.
    Qu’en allumant la bougie d’Amnesty International
    devant notre fenêtre, nous contribuions à la lutte
    en faveur des personnes arbitrairement emprisonnées.
    Seigneur, nous te prions.
  • La collecte de la semaine prochaine est destinée
    aux 110 associations relayées par « l’Action Vivre Ensemble. »
    Demandons à l’Esprit de nous inciter à laisser une part judicieuse
    de notre argent et de notre énergie pour ceux qui luttent contre les causes de la misère.
    Seigneur, nous te prions.
  • Le travail de l’Eglise ressemble à celui du cultivateur :
    Le temps est long entre les semailles et les récoltes. Prions Dieu de mettre en nous la patience des apôtres.

P’TIT RAWETT

COMMENT FAIRE BOIRE UN ANE QUI N’A PAS SOIF?

Comment faire boire un âne qui n’a pas soif?

Des coups de bâton? Mais l’âne est plus têtu que nos bâtons.

Et cette méthode ancienne est déclarée trop directive par les éducateurs d’aujourd’hui.

Lui faire avaler du sel?  Pire encore et qui relève presque des tortures psychiatriques.

Comment donc faire boire cet âne en respectant sa liberté?

Une seule réponse: trouver un autre âne qui a soif… et qui boira longuement, avec joie et volupté, au côté de son congénère.
Non pas pour donner le bon exemple,
mais parce qu’il a fondamentalement soif, vraiment, simplement soif, perpétuellement soif.

Un jour, peut-être, son frère, pris d’envie, se demandera s’il ne ferait pas bien de plonger, lui aussi, son museau dans le baquet d’eau fraîche.

Inspiré de : Jacques Loew et Jacques Faizant
Paraboles et fariboles, Fayard, Paris, 1978, p. 30

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