Méditation sur les lectures de ce 2ème dimanche ordinaire (Année A)

Trois lectures, trois éclairages, trois noms étroitement liés dessinent, aujourd’hui, le profil de ceux et celles qui ont mis leurs pas dans ceux du Seigneur. Et nous en sommes : il nous faut être serviteurs, apôtres et témoins.

  • Le prophète Isaïe, bien connu pour son « Chant du Serviteur », évoque la venue d’un Sauveur qui sera Lumière des nations. Ce Sauveur ne réalisera pas sa mission par la puissance et la gloire mais dans le service de son Père et celui des Hommes.

C’est à cette même attitude que Jésus nous appelle lorsqu’Il nous dit : « Je suis venu, non pour être servi mais pour servir. Ainsi, vous, faites de même ».

Mais, qu’est-ce que « servir Dieu » ?

C’est peut-être, tout d’abord, se mettre à son écoute. Car, comment servir quelqu’un sans savoir ce qu’il attend de nous ?

La Pensée de Dieu, ses projets pour l’Humanité, les multiples expressions de son Amour personnel pour chaque être humain, nous pouvons les découvrir d’abord dans l’Evangile, les Ecritures de l’Ancien et du Nouveau Testament. Et puis, il y a les nombreux écrits qui ont émaillé l’histoire des croyants et ceux de notre temps qui, tous à leur manière, nous sensibilisent au Cœur de Dieu et à ses attentes. Ne laissons pas ces textes si précieux dormir au fond de nos bibliothèques ! Non, ouvrons-les, lisons-les, imprégnons-nous de ce qu’ils veulent nous transmettre. Pourquoi, chaque matin, ne prendrions-nous pas une simple petite Parole de l’Evangile qui orientera notre journée vers le Seigneur et, à  travers Lui, vers les autres?

Rien ne remplacera non plus la prière, ce moment unique qui nous met en présence de Dieu et qui crée en nous un espace de rencontre et de communion avec Celui qui se révèle dans le silence de l’âme. Il y a quelques jours, nous apprenions que les dernières paroles prononcées par notre Pape Benoît avaient été : « Seigneur, je T’aime ». Il n’y a pas plus beau, plus simple et plus grand à la fois ! Rien, absolument rien ne nous empêche de redire ces quelques mots, mille fois dans nos journées ! Nous serons alors « en état de prière », ancrés en Celui qui nous aime et qui n’attend que de nous le dire : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ». « Mon âme attend le Seigneur plus sûrement que le veilleur n’attend l’aurore ».

Servir le Seigneur, c’est aussi nous tourner vers les autres et leur donner le meilleur de nous-mêmes : « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à Moi que vous le faites ». Notre proximité avec Dieu ne portera ses fruits et ne sera vraie que si elle se préserve d’un cocon spirituel et rejaillit sur autrui.

Être au plus près du Seigneur est extrêmement précieux et doux et nous avons besoin de ces moments irremplaçables pour pouvoir, ensuite, devenir pour les autres le regard de Jésus qui encourage et réconforte, les mains de Jésus qui relèvent et entraînent, le cœur de Jésus qui aime et qui pardonne. Se donner au Seigneur et se donner aux autres, voilà ce qui fait notre valeur à ses yeux, voilà qui fait de nous des « serviteurs », des êtres de lumière.                      

  • Saint Paul, quant à lui, rappelle à l’Eglise de Corinthe qu’il est apôtre du Christ. Il ne s’est pas fait apôtre, de lui-même, mais il y a été appelé à la seule initiative de Dieu.

Pour Paul, nous le savons, il y a eu d’abord une conversion radicale de tout son être à l’amour du Christ. Cette conversion s’est concrétisée dans un oui sans détours à l’appel qu’Il lui a fait de Le servir et de conforter l’Église naissante. Être apôtre signifie beaucoup plus encore qu’être disciple. Là où les disciples choisissent de conformer leur vie à celle de Jésus, les apôtres, eux, sont choisis personnellement par Lui : « Viens, suis-Moi ! » et se voient confier une mission exigeante : « Allez dans le monde entier, annoncez la Bonne Nouvelle, baptisez-les ! ». Voilà pourquoi la trahison de Judas sera tellement grave : il abandonnera non seulement son Seigneur mais il abandonnera aussi ses propres frères dans la foi…

Qu’en est-il pour nous, chrétiens, baptisés ? Sommes-nous disciples ou apôtres ?

Tous les Hommes sont évidemment les enfants bien-aimés de Dieu. Mais, par le Baptême que nous demandons librement, non seulement nous exprimons notre désir de greffer notre vie sur celle du Seigneur mais le Seigneur nous marque alors tout spécialement du sceau de son Amour et nous investit de cette vocation particulière à L’annoncer, à Le faire connaître et aimer. Notre regard posé sur Lui et son regard posé sur nous fait de nous à la fois des disciples et des apôtres ! C’est dire si le Baptême est une démarche capitale bien éloignée d’un joli rite d’entrée dans la communauté des Hommes…

  • Et puis, nous avons écouté Saint Jean qui met en lumière la personne de Jean-Baptiste.

De « précurseur » qui annonçait l’avènement du Messie, il devient son « témoin ».

Ce Messie dont il avait préparé la venue, voici qu’Il se tient à présent devant lui.

Par deux fois, Jean-Baptiste dit à la foule : « Je ne Le connaissais pas ». C’est-à-dire : « Je ne savais pas qui Il était vraiment. Je savais bien qu’Il était le fils de Marie, je voyais bien qu’Il était proche de Dieu. Mais rien de plus ». Il a fallu la manifestation expresse de l’Esprit-Saint lors du baptême de Jésus pour que Jean-Baptiste découvre en Lui l’Agneau de Dieu, le Sauveur. Cette intuition profonde, cette certitude nouvelle, Jean ne peut se retenir de la proclamer et d’en témoigner : « J’ai vu l’Esprit descendre et demeurer sur Lui. Oui, je rends témoignage : c’est Lui le Fils de Dieu ».

Il en va de même pour nous. Plus nous nous approchons du Seigneur plus nous ressentons comme une nécessité vitale de témoigner de son Amour vécu jusqu’à l’extrême, pour nous et pour toute l’humanité. Car aucun amour vrai ne se cache jamais !

Notre monde a un besoin vital d’être confronté à des témoins solides et enthousiastes : aucun écrit si saint soit-il ne  touchera aussi profondément l’âme humaine que la rencontre de ceux-ci. Mère Térésa aurait-elle autant bouleversé les gens de tous bords si elle s’en était tenue à écrire un « Traité de la charité » ? C’est bien par ses gestes concrets de respect et de tendresse envers les laissés pour compte des rues de Calcutta qu’elle a su toucher les cœurs. Et elle n’a jamais caché à ceux qu’elle tentait de soulager qu’elle le faisait au nom de Jésus et par amour de Lui. Elle le disait et elle le montrait.

N’ayons jamais la moindre réticence à nous réclamer de Jésus ! Ne croyons jamais  qu’évoquer sa Présence et son Amour serait une atteinte au respect et à la liberté humaine.

Rappelons-nous la Parole de Jésus : « Si quelqu’un a honte de Moi devant les Hommes, J’aurai honte de lui devant mon Père »… Rappelons-nous Pierre et Jean qui guérissent un miséreux : « Au nom de Jésus, je te le dis, lève-toi et marche! ». 

Au nom de Jésus ! Quel précieux « sésame » au cœur de notre vie : faire tout en son Nom !

Le faire tout simplement parce que … « Seigneur, je T’aime ! ».

Edith de VOGHEL-JACQUES

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