Une jolie histoire de vocation …

Légendes des photos : au-dessus 1944 – au milieu 1970 et en dessous 2021.
Dans ce blog, il y a longtemps, j’avais publié une prière « Je n’ai plus d’autres bras que les tiens ».  Pour illustrer cet article, j’avais choisi sur internet un cliché d’un Christ sans bras dont je ne connaissais pas l’origine. Il y a quelques semaines, une lectrice assidue du blog a demandé des renseignements sur ce Christ. Cela m’a directement rappelé le Christ sans bras de l’église de Frahan, qui avait suscité la vocation (cfr texte tout en bas de cet article) de prêtre du Père Jean Marie Denis, originaire du village et
décédé en 2016.  Et je me suis demandé si ce Christ dont l’histoire globale me touchait beaucoup existait encore. Avec le concours de plusieurs personnes, l’enquête a donc commencé … et voici les infos récoltées : la statue est actuellement sur le grand autel dans l’église du village, elle a été réparée dans les années 1960, on voit sur la photo  en noir et blanc (cfr cliché noir et blanc en tête de cet article) qui date de 1970  que les bras sont différents. La statue est en chêne sculpté et mesure 66 cm ; le sculpteur est inconnu, la date est 1601-1700. Le crucifix a bien été volé comme l’explique le Père Jean Marie dans le texte ci-dessous et retrouvé ; c’est à ce moment là qu’on a modifié les bras. L’église de Frahan était bien dédiée à Saint Matthieu pour ensuite devenir l’église de l’Assomption de Notre Dame. 
Les mains du Christ

+ Je suis né dans le petit village de Frahan- sur-Semois. Ma maison se situait près de l’égli­se. Dans cette église, il y avait un très beau cru­cifix datant sans doute du 17ème siècle.

Tout le monde l’appelait : Notre Vieux Bon Dieu I * Je le vois encore, comme si c’était hier, accroché au mur près de l’autel latéral dédié à saint Matthieu, le patron de la paroisse.

Il était sculpté dans du bois de chêne et mesurait un bon mètre de haut.

J’étais frappé par le regard du Christ en croix, regard rempli de douceur.

Il avait une particularité : les bras du Christ avaient disparu au cours des temps.

Ce détail me faisait peur et attirait tou­jours mon regard.

+ Au moment de ma profession de foi, mon vieux curé qui était un homme au visage rude, m’a fait un cadeau que je n’ai jamais oublié.

Il connaissait bien mon attirance pour le Christ sans bras et ma tristesse de le voir ainsi, il me dit simplement à l’oreille :

– Tu sais, Jean, tu peux être les mains de Jésus !

Cette parole s’est imprimée d’un coup au plus profond de moi et elle a été comme un appel qui a guidé le choix de ma vie !

+ J’ai choisi de devenir religieux – pour être proche du Seigneur – et de devenir prêtre – pour me mettre à son service.

+ Quand j’ai été ordonné prêtre, tout le village avait préparé une fête à l’occasion de la première messe que je célébrerais dans l’église Saint Matthieu.

Pour la circonstance, un artisan avait construit un nouvel autel. Et au-dessus de l’autel, Notre Vieux Bon Dieu avait été attaché. Son doux regard attirait les chré­tiens qui venaient se réunir.

Vous devinez ma joie lorsque j’ai ouvert mes bras pour inviter tout le monde à la prière, en disant :

– Le Seigneur soit avec vous !

+ Quelques années après, j’ai eu la peine d’apprendre que Notre Vieux Bon Dieu avait été volé pour devenir une antiquité. J’ai eu vraiment de la peine mais la parole de mon vieux curé au visage rude m’est revenue clairement à la mémoire :

– Tu sais, Jean, tu peux être les mains de Jésus I

+ Cela va faire 35 ans que je suis prêtre. J’ai eu la joie d’être professeur pour des 13-14 ans. Que de fois, j’ai écrit au ta­bleau pour aider à comprendre que le Seigneur est toujours vivant auprès de nous !

+ Ces dernières années, j’anime un grou­pe d’élèves qui veulent prier ensemble, par­tager la Parole du Seigneur, donner de la joie autour d’eux. Que de fois, j’ai étendu les bras pour animer la prière commune !

+ Depuis 4 ans, je voyage dans le monde pour retrouver mes frères religieux.

Chaque année, je vais en Colombie pour rencontrer 1.500 jeunes qui vivent dans un collège appelé Mi Casa (Ma Maison).

Beaucoup d’entre eux sont, comme on dit là-bas, des enfants des rues qui ont dû se débrouiller pour se nourrir et survivre. Maintenant, ils sont accueillis, apprennent à se servir de leurs deux mains.

J’aime ces jeunes qui veulent s’en sortir. Et lorsque je rentre de Colombie, j’ai plus de courage encore pour prendre en main mon téléphone, pour prendre la volant de la voiture, pour écrire des lettres afin de trouver l’argent nécessaire pour qu’ils aient à manger tous les jours I

+ Et il m’arrive très souvent, de dire :

  • Seigneur, oui, je suis tes mains ! Don­ne-moi ton souffle !
Merci à tous ceux qui ont permis de reconstituer une partie de l’histoire de cette statue et de son importance primordiale dans la vocation de prêtre du Père Jean-Marie : Monsieur Jean-Marie Henry de Frahan (pour les infos et la photo de 1970) contacté par Madame Maria Teresa Silvestri, assistante paroissiale dans le secteur de Bouillon, l’abbé Krzysztof Brzostowsky, vicaire du secteur de Bouillon pour les photos actuelles du crucifix, Madame Hélène Cambier, Attachée au Service Patrimoine du Diocèse de Namur et Conservatrice du Trésor de la Cathédrale et Musée diocésain de Namur pour toutes les infos historiques et les photos de 1944.

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