Il était une fois un ermite, un jeune homme et un … chat noir avec une queue blanche …

Il était encore jeune. Il avait grimpé jusqu’en haut de la colline pour trouver un ermite que l’on disait sage et prudent. Il voulait comme lui apprendre le secret de la

paix intérieure.

Arrivé là-haut, fatigué mais heureux après plusieurs jours de marche, il trouva dans une cabane retirée le vieil homme au visage pacifié. Il était là assis sur une chaise de paille, le regard penché sur un livre qu’il déchiffrait.

– Maître, je voudrais trouver la paix du cœur. Pouvez-vous m’indiquer le chemin à prendre ?

L’ermite releva la tête et lui dit :

– Tu peux rester trois jours avec moi puis tu partiras.

Quand tu auras trouvé un chat noir avec une queue blanche, alors seulement tu pourras commencer avec moi un chemin spirituel. Après trois jours, le futur disciple pour assurer son progrès spirituel et l’illumination définitive, se mit en route à la recherche du chat décrit par le Maître. Il sillonna les campagnes durant des mois entiers. Il voyait des chats noirs avec des queues noires, des chats blancs avec des queues blanches, des chats gris, des chats couleur marron mais il ne vit aucun chat noir avec une queue blanche. De nuit et de jour, il marchait. Ils voyaient des milliers de chats mais aucun ne correspondait à ce qu’il cherchait. Fatigué, découragé, après plusieurs années il vint trouver l’ermite dans sa cabane rustique.

– Maître, j’ai erré des années, par tous les temps, mais je n’ai trouvé aucun chat noir avec une queue blanche.

Le Maître écoutait paisiblement tout en caressant le chat de la maison. Celui-ci venait et repartait à la recherche des souris. Et le Maître écoutait. Tout à coup le regard du jeune homme se posa sur le chat de l’ermitage. Et le chat était noir avec une queue blanche ! Le chat de toujours, le chat qu’il avait croisé maintes fois durant les trois jours passés avec le Maître. Cent fois le jeune homme avait vu ce chat… mais il ne l’avait jamais vu !

*   *   * 

Très souvent, notre vie quotidienne nous enfonce dans une répétition de gestes qui nous rend aveugles et sourds. Nous ne nous rendons pas compte que tout ce qui est là devant nous dans l’instant est un « événement-avènement. » Pris par l’habitude nous ne percevons plus ce qui se cache dans les interstices des choses merveilleuses et banales qui nous environnent : le rire d’un enfant, le vol d’un oiseau, les couleurs d’un tableau, une présence bienfaisante… Or tout appel est signe, il suffit de faire attention, d’apprendre ou ré-apprendre à regarder chaque chose, chaque personne, comme si c’était la première fois.

Puisse l’Esprit du Seigneur, en ce temps de Carême,

nous donner la grâce d’un regard avisé et perspicace !

Bonne semaine !

frère Albert ANDRÉ

rue du Bua, 6

B – 6723 Habay-la-Vieille

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