« Une pause par jour » – 28 août 2017

21ème semaine du temps ordinaire – Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens (2 Th 1, 1-5.11b-12)

Paul, Silvain et Timothée, à l’Église de Thessalonique qui est en Dieu notre Père et dans le Seigneur Jésus Christ. À vous, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.

Frères, à tout moment nous devons rendre grâce à Dieu à votre sujet, et c’est bien de le faire, étant donné les grands progrès de votre foi, et l’amour croissant que tous et chacun, vous avez les uns pour les autres.  C’est pourquoi nous-mêmes sommes fiers de vous au milieu des Églises de Dieu, à cause de votre endurance et de votre foi dans toutes les persécutions et les détresses que vous supportez. Il y a là un signe du juste jugement de Dieu ; ainsi vous deviendrez dignes de son Royaume pour lequel vous souffrez. Que notre Dieu vous trouve dignes de l’appel qu’il vous a adressé ; par sa puissance, qu’il vous donne d’accomplir tout le bien que vous désirez, et qu’il rende active votre foi. Ainsi, le nom de notre Seigneur Jésus sera glorifié en vous, et vous en lui, selon la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus Christ.   – Parole du Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 23, 13-22)

En ce temps-là, Jésus disait : « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez à clé le royaume des Cieux devant les hommes ; vous-mêmes, en effet, n’y entrez pas, et vous ne laissez pas entrer ceux qui veulent entrer ! Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous parcourez la mer et la terre pour faire un seul converti, et quand c’est arrivé, vous faites de lui un homme voué à la géhenne, deux fois pire que vous ! Malheureux êtes-vous, guides aveugles, vous qui dites : “Si l’on fait un serment par le Sanctuaire, il est nul ; mais si l’on fait un serment par l’or du Sanctuaire, on doit s’en acquitter.” Insensés et aveugles ! Qu’est-ce qui est le plus important : l’or ? ou bien le Sanctuaire qui consacre cet or ? Vous dites encore : “Si l’on fait un serment par l’autel, il est nul ; mais si l’on fait un serment par l’offrande posée sur l’autel, on doit s’en acquitter.”   Aveugles ! Qu’est-ce qui est le plus important : l’offrande ? ou bien l’autel qui consacre cette offrande ?  Celui donc qui fait un serment par l’autel fait un serment par l’autel et par tout ce qui est posé dessus ;  celui qui fait un serment par le Sanctuaire fait un serment par le Sanctuaire et par Celui qui l’habite ; et celui qui fait un serment par le ciel fait un serment par le trône de Dieu et par Celui qui siège sur ce trône. » – Acclamons la Parole de Dieu.

Que de « malheureux êtes-vous » ! Ce sont, à proprement parler, des « malédictions » dont la portée est eschatologique : elles abandonnent à la sanction du Juge ceux qui furent les adversaires acharnés de Jésus. S’ils sont dénoncés comme « hypocrites », ce n’est pas parce qu’ils seraient des (dis)simulateurs, mais parce qu’il y a un hiatus inadmissible entre leur enseignement et leur pratique. En invitant ses auditeurs à faire tout ce que les scribes enseignent, il montre combien ils sont loin de ce qu’ils enseignent, combien ils méconnaissent leur propre enseignement puisqu’ils ne sont pas capables d’en vivre. Il y a une contradiction évidente entre ce qu’ils aspirent à être et ce qu’ils font, contre laquelle Jésus nous met vivement en garde.

Ainsi les scribes n’entrent-ils pas dans le Royaume et en excluent-ils leurs disciples. Et Jésus de détailler leur mode de fonctionnement erroné. Le fond du problème est lié à un retournement des valeurs de la Loi : ses articles ne sont plus perçus comme étant au service de la vie et de la croissance. Le souci que les scribes et les pharisiens manifestaient dans l’application de la Loi, leur zèle à faire des disciples n’est pas en question ; ce qui est dévoyé est l’absence de justice, de miséricorde et de fidélité dans leur comportement. Ce sont en effet les fondements de l’amour du prochain que Jésus enseigne. À quoi bon le pardon, s’il est enfermé dans des pratiques qui empêchent la relation avec le prochain ? À quoi bon convertir des âmes, si au lieu de leur faire découvrir la liberté des fils de Dieu, on les rend esclaves de pratiques vidées de leur lien avec la vie ? D’une manière générale : qui peut prétendre mériter le salut par son respect de prescriptions légales, en dehors de l’accueil du don de Dieu ?

Gardons-nous de juger les scribes et les pharisiens avec l’excès que Jésus dénonce chez eux et accueillons pour notre compte ce que Jésus dénonce. L’essentiel est dans l’orientation du cœur vers le Dieu vivant. Accueillir le don de Dieu, mais sans l’accaparer d’une manière qui nous détourne de Dieu ; voir dans les rites la réalité spirituelle qu’ils désignent ; entendre dans les prescriptions religieuses un appel à se convertir : telles sont les réorientations auxquelles nous sommes conviés. Voilà ce que Jésus enseigne en invitant à passer de l’or à celui que cet or veut glorifier ; de l’autel à celui à qui les offrandes sont offertes ; du temple à celui qui l’habite. En résumé : les pratiques religieuses sont inutiles si elles ne soutiennent une authentique vie de foi.

Seigneur, garde-nous de voir notre foi comme un guide formel pour notre vie, comme une assurance confortable qui nous protège des questions existentielles. Garde-nous de l’« hypocrisie » qui consiste à prétendre agir pour toi alors qu’on agit pour soi-même. Donne-nous de toujours garder les yeux fixés sur toi, ainsi nous serons fidèles à ton alliance et nous n’égarerons personne. Fais tomber les masques de notre prétendue justice et fais vivre, toujours, de ta miséricorde. Seigneur, convertis-nous et apprends-nous à aimer !

Que je vive ou que je meure

Seigneur Dieu,

une grande misère m’a assailli.

Mes soucis m’oppressent.

Je ne vois aucune issue.

Mon Dieu, sois favorable et aide-moi.

Donne-moi la force de supporter ce que tu m’envoies.

Ne permets pas que l’angoisse me domine.

Prends soin paternellement des miens,

de ma femme et de mes enfants.

 

Seigneur miséricordieux, pardonne-moi.

J’ai péché contre toi et les hommes.

Je me confie à ta grâce

et remets ma vie entre tes mains.

Agis envers moi selon ton bon plaisir

et, si tu le veux, en ma faveur.

Que je vive ou que je meure, je suis auprès de toi

et toi auprès de moi, ô Dieu.

Seigneur, j’attends ton salut et ton règne. Amen.

Dietrich Bonhoeffer

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