Homélie – Solennité du Saint Sacrement Année A – Abbé Fernand Stréber

Solennité du Saint-Sacrement  (A) – « Manger la parole et le pain »

Devenons ce que nous recevons : le corps et le sang du Christ.

Notre vie devient ainsi sacramentelle, elle est le lieu de la présence de Dieu là où nous nous donnons en nourriture dans le service des autres.

Abbé Fernand Stréber

Première lecture  Dt 8, 2-3.14b-16a

Moïse disait au peuple d’Israël :     « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire passer par la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : allais-tu garder ses commandements, oui ou non ?     Il t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim, et il t’a donné à manger la manne – cette nourriture que ni toi ni tes pères n’aviez connue – pour que tu saches que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur.     N’oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.     C’est lui qui t’a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif. C’est lui qui, pour toi, a fait jaillir l’eau de la roche la plus dure.     C’est lui qui, dans le désert, t’a donné la manne – cette nourriture inconnue de tes pères. »

Psaume  (Ps 147 (147 B), 12-13, 14-15, 19-20)

Glorifie le Seigneur, Jérusalem ! Célèbre ton Dieu, ô Sion !
Il a consolidé les barres de tes portes, dans tes murs il a béni tes enfants.

Il fait régner la paix à tes frontières, et d’un pain de froment te rassasie.
Il envoie sa parole sur la terre : rapide, son verbe la parcourt.

Il révèle sa parole à Jacob, ses volontés et ses lois à Israël.
Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ; nul autre n’a connu ses volontés.

Évangile (Jean 6, 51-58)

En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.  Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que la vie du monde. » Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il donner sa chair à manger ?» Jésus leur dit alors : «Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous.  Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.  En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.  Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.  De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.  Tel est le pain qui descend du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.  Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Homélie

Le terme « manger » est repris 8 fois dans l’évangile de ce jour.  C’est donc autour de ce verbe que je vais centrer mon homélie.  C’est avec les douze apôtres que Jésus a mangé pour la dernière fois avant sa mort.  Je cite l’Evangile : « Pendant ce repas, Jésus prit du pain,… le rompit, le donna aux apôtres en disant: Prenez, mangez, ceci est mon Corps.»  (Mt 26, 26)

         Sans doute, ce soir-là, les apôtres se sont-ils souvenus de paroles surprenantes de Jésus prononcées dans la synagogue (Jn 6,59) de Capharnaüm quelques mois auparavant.  En voici un exemple tiré de l’évangile proclamé aujourd’hui: « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’Homme, vous n’aurez pas la vie en vous. »(Jn 6, 53). S’en est suivi une discorde musclée entre Jésus et les Juifs comme en  témoigne l’évangile d’aujourd’hui que je cite à nouveau : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » (Jn 6,52) Lire la suite