« L’histoire vue du côté des perdants »

La Passion n’est pas l’histoire d’un vainqueur, mais celle d’un homme crucifié, victime de la violence et de la méchanceté des hommes.
Trop souvent, l’histoire, la grande histoire, est écrite avec le point de vue des vainqueurs, qui imposent leur lecture des événements. Ici, c’est l’histoire d’un vaincu qui nous est racontée. Un homme brisé, les bras étendus en croix, un roi moqué et couronné d’épines. La Passion du Christ nous invite à relire toute l’histoire de l’humanité en accueillant la mémoire des petits.
La force et la puissance ne témoignent que de l’orgueil des hommes. Désormais, c’est la fragilité qui est au cœur de l’histoire. C’est dans la fragilité et la faiblesse que se révèlent la force de Dieu et la vérité de notre humanité. C’est du côté des petits qu’il faut regarder.
Les perdants, les blessés de la vie,… ce sont eux qui écrivent la véritable histoire de Dieu.
Publié par l’abbé Olivier Fröhlich, vicaire général du diocèse de Tournai, sur son mur Facebook. 

Méditation par l’abbé Olivier Fröhlich, vicaire général (diocèse de Tournai)

Pas facile de sortir de sa zone de confort !
Je me souviens quand, enfant, j’ai appris à rouler à vélo. Première étape : les petites roues latérales, pour éviter de tomber. Et puis le moment où on enlève ces petites roues, où il faut impérativement se lancer pour ne pas tomber.
Le vélo, c’est comme la vie, pas possible de rester immobile ! C’est à ce moment-là qu’on est heureux d’avoir son papa à ses côtés, présence rassurante de celui qui nous rattrapera si jamais on devait chuter. Sans cette présence, aurais-je osé me lancer ? Mais une fois qu’on a démarré, quel bonheur de foncer et de sentir le vent sur son visage !
Tout au long de la vie, il y a des moments où nous sommes poussés à sortir de notre zone de confort : études, rencontres, profession, famille, voyages…
Parfois, nous connaissons des échecs, mais nous savons que nous ne pouvons pas faire du sur place. Souvent, ces nouvelles étapes nous font progresser : au-delà de la réussite ou de l’échec, nous apprenons, sur nous-mêmes et sur les autres. C’est la véritable richesse de ces expériences, une pêche toujours miraculeuse quand elle nous permet de recueillir un surplus d’humanité.
Sortir de sa zone de confort, c’est l’invitation que Jésus lance à Simon quand il lui dit : « Avance au large ». Le large, ce sont les eaux profondes, là où on n’a plus pied, où on ne maîtrise plus la situation. Simon n’est pas rassuré : ses amis et lui sont des pêcheurs qui ont plutôt l’habitude de caboter le long des côtes. Et pourtant, Simon fait confiance à ce fils de menuisier qui n’y connaît rien à la pêche.
Avance au large, sors de ta zone de confort, cela en vaut la peine : des filets pleins à craquer !
Avance au large, ne te laisse pas bercer par le doux balancement de ton rocking chair, le confort de tes idées, de tes habitudes, de ton cercle de relations…
Avance au large, lève les voiles, prends tes filets et va ! Dieu t’appelle. Ne manque pas l’appel du large.
Méditation de l’évangile de la pêche miraculeuse : Luc 5,1-11