« Petit conte de Noël à hauteur de sapin »

Cette année-là, l’esprit de Noël n’était pas au rendez-vous au sein de cette famille.

Le grand-père, qui habitait dans la maison depuis le décès de son épouse, ne voulait pas qu’on dresse et qu’on orne un sapin.

« C’est parce que grand-mère est morte? » avait candidement questionné la petite fille ? « C’est parce que tu es triste, grand-père ? » avait ajouté son grand frère ?

Le grand-père a répondu : «Non ! C’est parce que on voit partout des sapins, mais presque nulle part une crèche. Or, Noël, c’est bien une fête chrétienne, pardi !» Lire la suite

« L’absence »

L’absence,
C’est une chaise vide
Qui projette son ombre, le soir, devant la porte .
C’est un dialogue suspendu
Qui ne connait pas de fin
L’absence,
C’est un regard perdu
Qui part à la rencontre de souvenirs heureux,
C’est une larme, au bord de la paupière,
Qui enfin roule sur la joue.
L’absence,
C’est une voix quelque part
Qui ne nous parvient plus,
C’est un bruit de pas pressés
Qui ne foulent plus l’allée.
L’absence,
C’est l’éfluve d’un parfum frais
Qui ne flotte plus dans la salle à manger,
C’est une place au bout de la table,
Qui reste vide tous les jours de l’année,
C’est un silence pesant
Qui accompagne le dîner.
L’absence,
C’est un anniversaire
Qu’on ne peut plus fêter,
C’est un bonsoir mon amour,
Qui reste sans réponse.
L’absence ,
C’est une main tremblante,
Qui caresse le froid marbre d’une tombe,
C’est un doigt tout léger ,
Qui effleure les méandres d’un nom.
L’absence,
C’est la peur d’oublier
L’être que l’on ne reverra jamais.💕
Laurette Gomez

« Lettre d’adieu de Nicolas Mestre »

Nicolas, accompagné de ses proches, se battait de manière acharnée depuis 6 ans contre un sarcome d’Ewing, une forme rare de cancer des os qui touche souvent des sportifs.
Il a laissé derrière lui cette lettre d’adieu avant de nous quitter.
Nous garderons de lui son sourire, tous les souvenirs de moments passés avec lui.
Je ne suis plus.
Cette phrase est courte, percutante. Elle est sans doute dure à lire pour ceux qui m’ont aimé et dont l’empathie et la peine les emplissent à la lecture de ces mots, mais la mort fait partie de la vie, et c’est précisément en son caractère éphémère que réside sa beauté.
Comme certains d’entre vous le savent je me suis battu avec acharnement ces dernières années contre la maladie, mais de toute bataille il doit sortir un vainqueur. De toute bataille il doit sortir un vaincu. Et désormais je ne suis plus.
Ne vous y méprenez pas à la lecture de ces mots.
Le vainqueur ici, c’est moi.
Car s’il est aisé de se laisser aller à penser que la vie est une bataille dont nous sortirons tous perdants car nous la perdrons tous, cette vie, Gagnant est celui qui aura profité de celle-ci dans ses plus simples instants. Et je l’ai fait.
Un paysage, un vent chaud d’été, un coucher de soleil. Un baiser de celui ou celle qu’on aime. La convivialité d’un repas de famille. La chaleur d’une étreinte entre une mère et son fils. L’amour fraternel entre un frère jumeau, sa sœur et soi-même. La fierté d’un père. Le regard bienveillant d’un grand parent. Les fous rires entre amis. J’ai connu tous ces plaisirs. Dès lors comment pourrais-je me considérer malheureux ?
Malheureux que ma vie ait été si courte, je le suis certainement. Il y a des bonheurs que je ne connaîtrai jamais, et que j’aurais tant aimé caresser. Devenir père, voir mon enfant grandir, le voir jouer avec les futurs enfants de mon frère jumeau Sylvain et ceux de ma sœur Julie. Marier la femme que j’aime et nous passer la bague au doigt. Raconter une histoire à son enfant et le voir s’endormir au son de sa voix. Ce sont des bonheurs que j’aurais tant aimé vivre et dont la simple pensée me met le sourire aux lèvres en écrivant ces lignes.
Mais ne soyez pas triste pour moi.
Avez-vous déjà réalisé au moment de quitter le lieu de vos dernières vacances à quel point le paysage y est magnifique ? Vous avez passé ces 2 dernières semaines à l’avoir sous les yeux sans pour autant vous en être émerveillé le moindre du monde mais soudain ça y est, vous le voyez. C’est pile au moment de le voir pour une dernière fois que sa beauté vous frappe et vous enivre de tout votre être. Et vous vous demandez comment vous avez pu passer tout ce temps à avoir ce paysage sous les yeux sans jamais vous en être émerveillé pour autant. Mais soudain vous savez. Vous savez à quel point vous être chanceux de l’avoir sous les yeux. Vous l’appréciez enfin à sa juste valeur.
C’est la même chose pour la vie.
C’est souvent le moment où l’on réalise l’instabilité des choses, leur caractère mortel, unique dans le temps et irrémédiable que l’on réalise leur incroyable beauté et à quel point elles étaient précieuses.
À la manière de cet homme qui, avant de s’en aller de son lieu de vacances jette un dernier coup d’œil au paysage qu’il va devoir quitter des yeux, et qui réalise en même temps à quel point sa beauté est enivrante avant de rentrer chez lui, moi, j’ai eu la chance de jeter ce regard émerveillé à la vie chaque jour depuis 6 années.
J’ai réalisé très tôt dans la vie à travers les épreuves qu’elle a mises sur mon chemin son caractère si précieux, et je me suis attaché dès lors à profiter de chaque instant comme s’il était le dernier.
Alors je ne vais pas vous le cacher, ces 6 dernières années ont aussi été remplies de souffrances, telles que je n’aurais jamais cru en connaître un jour. Mais voilà. Aussi remplie de souffrances fut elle j’ai eu une vie. Et j’en ai eu une belle. Elle a été remplie d’amour. De mes proches. De ma famille. De mes amis. Des personnes que j’ai eu la chance d’aimer, et de celles qui m’ont fait l’honneur de m’aimer, c’eût été l’espace d’un instant ou pour une vie.
À travers les souvenirs que vous garderez de moi et continuerez à chérir en vous tout au long de votre vie, je perdurerai, et cette perspective me rend serein alors qu’il est bientôt temps pour moi de m’en aller.
J’ai tenu à vous laisser ces mots, comme une conclusion, un épilogue à ce long et à la fois trop court voyage.
Aimez-vous les uns les autres. Aimez la vie.
Car moi je l’ai aimée.
Chérissez vos proches. Chérissez mon souvenir mais surtout chérissez les vivants tant qu’ils le sont encore, les morts peuvent bien attendre.
Et si parfois la présence de mon absence se fait sentir trop forte, alors vivez pour 2, c’est la meilleure chose que vous pouvez faire et le plus bel hommage que vous pouvez me rendre.
Il est temps pour moi de vous quitter
Éternellement vôtre,
Nicolas
Xx
L’athlète du club Boulogne canoë-kayak est décédé le 9 aout à l’âge de 25 ans.
Quelques infos complémentaires à lire ici !

Retrouvailles inattendues en ce temps de vacances…

Une sortie de vacances dans un snack en famille … tout le monde s’installe …

Je jette curieusement un œil à la table voisine et croit reconnaître un jeune homme d’une bonne vingtaine d’années que j’ai eu la chance d’accompagner dans son caté de profession de foi il y a donc pratiquement plus de 10 ans…

Mon regard est irrémédiablement attiré par cette table, je tourne les yeux de temps en temps pour être sûre de son identité et me pose intérieurement cette question :  « J’y vais ou je n’y vais pas ? » Peur de déranger trois jeunes adultes heureux de passer un moment de détente ensemble …. Peur de sa réaction … le temps a passé … que de changements en dix ans … l’enfant de l’époque est devenu un jeune adulte…

Finalement, je saute le pas et m’approche … ‘Je l’avise, il m’avise’… 😉 Je lui dis : « Bonjour ! Tu es M. ou bien L. ? » (en effet, il faisait partie du groupe de caté avec son frère jumeau … »un vrai jumeau » )

Il me reconnaît, son visage s’illumine, il me sourit et me dit : « Oh le catéchisme ! C’était il y a longtemps, j’ai 22 ans » Ensuite, il ajoute d’un air taquin : « Tu ne nous différencies pas encore, mon frère et moi, depuis autant d’années ? ».

Nous papotons … et nous échangeons les souvenirs de cette époque, essayons de nous rappeler les prénoms des autres enfants … certains reviennent facilement à notre mémoire, d’autres pas du tout … Le sourire ne quitte pas nos visages, tout heureux de ce retour en arrière et des beaux souvenirs que cette rencontre provoque aussi bien chez lui que chez moi …

Et il finit par me dire : « Et si on essayait de se revoir tous ensemble ? »

Je lui dis : « Ok, je veux bien m’en occuper … ! ». Comme nous étions trois catéchistes à l’époque pour ce groupe, je me renseigne auprès d’elles … certains prénoms sont cités  … et grâce à un réseau social très connu, je crée un groupe privé, envoie les invitations à y prendre part…

Il me reste à prendre le pouls des autres membres et à créer l’événement … Affaire à suivre donc…

Merci à toi M. pour ta bonne humeur et ton enthousiasme contagieux !

Merci la VIE pour ce beau cadeau ! 😉 

Véronique Paquay

Une histoire touchante à l’approche de la fête des mamans et des papas !

Tous les ans, les parents de Martin l’emmenaient chez sa grand-mère pour les vacances d’été, et ils rentraient chez eux par le même train le lendemain. Puis un jour le garçon dit à ses parents : «Je suis assez grand maintenant. Et si j’allais chez grand-mère tout seul cette année ?» Après une brève discussion les parents sont d’accord. Les voici debout sur le quai de la gare, le saluant, lui donnant un dernier conseil par la fenêtre, tandis que Martin continue à répéter : «Je sais, vous me l’avez déjà dit cent fois…!» Le train est sur le point de partir et le père chuchote : «Mon fils, si tu te sens soudainement mal ou effrayé, c’est pour toi !» Et il lui glisse quelque chose dans sa poche. Maintenant, le garçon est seul, assis dans le train, sans ses parents, pour la première fois… Il regarde le paysage par la fenêtre qui défile.. Autour de lui, des inconnus se bousculent, font du bruit, entrent et sortent du compartiment, le contrôleur lui fait des commentaires sur le fait qu’il soit seul.. Une personne lui jette même un regard triste… Du coup, le garçon se sent de plus en plus mal à l’aise… Et maintenant, il a peur. Il baisse la tête, il se blottit dans un coin du siège, les larmes lui montent aux yeux… À ce moment-là, il se souvient que son père lui a mis quelque chose dans la poche. D’une main tremblante, il cherche à tâtons ce morceau de papier, il l’ouvre : «Mon fils, je suis dans le dernier wagon…»

C’est ainsi dans la vie… Nous devons laisser partir nos enfants, en leur faisant confiance… Mais nous devons toujours être dans le dernier wagon afin qu’ils n’aient pas peur… Rester proches d’eux tant que nous sommes en vie…

Auteur inconnu