« Une pause par jour » – 2 octobre 2026

Ss Anges Gardiens

Première lecture – « As-tu, une seule fois dans ta vie, donné des ordres au matin ? Es-tu parvenu jusqu’aux sources de la mer ? » (Jb 38, 1.12-21 ; 40, 3-5) – Lecture du livre de Job

Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête et dit : « As-tu, une seule fois dans ta vie, donné des ordres au matin, assigné son poste à l’aurore, pour qu’elle saisisse la terre aux quatre coins et en secoue les méchants ? La terre alors prend forme comme argile sous le sceau et se déploie tel un vêtement ; aux méchants est enlevée la lumière, et le bras qui se levait est brisé. Es-tu parvenu jusqu’aux sources de la mer, as-tu circulé au fond de l’abîme ? Les portes de la mort se sont-elles montrées à toi,
les as-tu vues, les portes de l’ombre de mort ? As-tu réfléchi à l’immensité de la terre ? Raconte, si tu sais tout cela ! Quel chemin mène à la demeure de la lumière, et l’obscurité, quel est son lieu, pour que tu conduises chacune à son domaine et discernes les sentiers de sa maison ? Si tu le sais, alors tu étais né, et le nombre de tes jours est bien grand ! » Job s’adressa au Seigneur et dit : « Moi qui suis si peu de chose, que pourrais-je te répliquer ? Je mets la main sur ma bouche. J’ai parlé une fois, je ne répondrai plus ; deux fois, je n’ajouterai plus rien. » – Parole du Seigneur.

Psaume 138 (139), 1-3, 7-8, 9-10, 13-14ab

R/ Conduis-moi, Seigneur, sur le chemin d’éternité. (cf. Ps 138, 24b)

Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais !
Tu sais quand je m’assois, quand je me lève ;
de très loin, tu pénètres mes pensées,
Que je marche ou me repose, tu le vois,
tous mes chemins te sont familiers.

Où donc aller, loin de ton souffle ?
où m’enfuir, loin de ta face ?
Je gravis les cieux : tu es là ;
je descends chez les morts : te voici.

Je prends les ailes de l’aurore
et me pose au-delà des mers :
même là, ta main me conduit,
ta main droite me saisit.

C’est toi qui as créé mes reins,
qui m’as tissé dans le sein de ma mère.
Je reconnais devant toi le prodige,
l’être étonnant que je suis.

Évangile – « Leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux » (Mt 18, 1-5.10) – Alléluia. Alléluia. Tous les anges du Seigneur, bénissez le Seigneur : à lui, haute gloire, louange éternelle ! Alléluia. (Dn 3, 58) – Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

À ce moment là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d’eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas
pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux. Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi. » Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux. – Acclamons la Parole de Dieu.

« Quand je serai grand … »
« Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux ? » (v.1).
La question est posée à Jésus par ses disciples, brute et sans détour. Plus que leur curiosité, elle met au jour leur ambition, leur convoitise, leur avidité de pouvoir et leur rivalité. Car vouloir être le plus grand ou le premier est en quelque sorte le refus de l’égalité fraternelle, et peut-être même l’envie de se passer de Dieu : « vous serez comme des dieux » (Gn 3,5) ; ou même de le dépasser : « bâtissons-nous une ville, avec une tour dont le sommet soit dans les cieux. Faisons-nous un nom » (Gn 11,4).
La réponse de Jésus est cinglante … et les accule à faire une conversion radicale : « si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. » (v.3).
Le Royaume ne s’accommode pas des travers arrivistes. La pauvreté, la petitesse, l’humilité, l’enfance spirituelle, le moins, le peu, la douceur sont les seules clés qui ouvrent le cœur de Dieu ; tandis que l’ambition, la grandeur, la gloriole, le plus, la prétention, la violence et les démonstrations de force se fracassent sur la porte de la miséricorde … qui ne s’ouvre mystérieusement qu’au souffle de la fragilité.
La faiblesse est la langue et le visage de Dieu. Jésus ne révèle son identité et sa mission, ne se fait connaître qu’à travers la rencontre des plus petits et des laissés-pour-compte auxquels il s’identifie, jusqu’à mourir dans une totale impuissance sur la Croix.
C’est en ce lieu que réside le secret de Dieu, là où il veille et recueille les miettes, les blessures et la poussière, là où ses anges apportent l’offrande de nos petitesses (v.10), là où retentit le chant des pauvres : « Le Puissant fit pour moi des merveilles ! » (Lc 1,49).
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