Homélie – 17ème dimanche Temps ordinaire Année A – Abbé Fernand Stréber

L’évangile de ce dimanche, nous propose deux petites paraboles parlant du Royaume de Dieu.
Nous pouvons le trouver comme un trésor ou comme une perle fine mais pour cela, il faut le chercher, tout vendre.
Il demande un choix radical et un sérieux discernement : qu’allons-nous garder ?  Qu’allons-nous jeter ? Quelles sont nos valeurs ?

C’est ce discernement que demande Salomon dans la première lecture.
Jeune roi, il demande à Dieu l’art d’être attentif à ce qui est bien pour gouverner son peuple avec droiture et justice.
Il ne demande rien pour lui.

Le Seigneur lui donnera la sagesse qui habitera son cœur.

Comme Salomon, demandons au Seigneur de pouvoir nous arrêter, ouvrir les yeux pour discerner ce qui nourrit notre vie et ce qui contribue au bonheur de tous.

Ainsi nous pourrons coopérer à la construction du Royaume.

Fernand

PREMIÈRE LECTURE « Tu m’as demandé le discernement » (1 R 3, 5.7-12) – Lecture du premier livre des Rois

En ces jours-là, à Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur apparut en songe à Salomon. Dieu lui dit : « Demande ce que je dois te donner. » Salomon répondit : « Ainsi donc, Seigneur mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David, mon père ; or, je suis un tout jeune homme, ne sachant comment se comporter, et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; sans cela, comment gouverner ton peuple, qui est si important ? » Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit : « Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi. »

ÉVANGILE « Il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ » (Mt 13, 44-52)

En ce temps-là, Jésus disait à la foule ces paraboles :

« Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau.  Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ.

Ou encore : Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines.     Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle. »

Homélie

1         Depuis 3 dimanches Jésus nous parle en paraboles.  Il nous parle du Royaume.  Rien à voir avec le Royaume de Belgique qui a célébré sa fête nationale mardi dernier.  Jésus ne donne pas de définition du Royaume.  Jésus ne dit pas ce qu’il est mais il nous donne des comparaisons.   « Le royaume, c’est comme » dit-il !

Le Royaume c’est comme le semeur qui sème partout, dans les broussailles comme dans la bonne terre, c’est comme un champ où le bon grain pousse avec l’ivraie, c’est comme un négociant qui abandonne tout pour acheter une perle rare.

2         Si nous choisissons de dire que le Royaume est synonyme de paradis notons que  Jésus n’en parle pas au futur mais au présent : « c’est ».  Il nous donne simplement des pistes pour déjà vivre dans ce Royaume ici et maintenant.

3         Dieu ne veut qu’une chose, c’est le bonheur de l’Homme.  C’est d’ailleurs le sens de ces deux petites paraboles : elles nous donnent des pistes.  Une de ces pistes c’est qu’il n’est pas possible de tout avoir.  Il faut faire un choix radical.  En effet, pour acquérir le champ ou la perle rare, l’homme vend tout ce qu’il a.

Être croyant c’est opter pour certaines valeurs.  La foi est une école de préférences.  Il faut renoncer à certaines choses si l’on veut acquérir la perle rare.  4        Et ce trésor, nous dit l’Evangile, n’est pas loin.  Il est enfoui dans le champ.  Il est sous nos pieds et nous le foulons si souvent sans le savoir, sans soupçonner qu’il est là si près de nous.

5         Dans la parabole du trésor, il y a un mot qui me dit à quel point choisir le Royaume de Dieu est une chance extraordinaire à saisir même s’il faut y mettre le prix : Ce mot est le mot « joie ».  Fou de joie, l’homme va vendre tout ce qu’il possède.

6         L’image du trésor découvert par hasard dans la première parabole me dit que le Royaume est gratuité.  L’homme qui a découvert ce trésor ne le cherchait pas.  Il le découvre sans s’y attendre.  Le Royaume est donc donné comme ces choses merveilleuses qu’on n’a pas cherché mais pour lesquelles on fait tout pour les conserver.

            L’image de la perle dans la seconde parabole signifie que le négociant  qui la découvre la cherchait.  Il en avait envie..  Sa vie était toute tendue vers cette découverte..  Le Royaume est donc aussi quelque chose que l’on recherche.

            Dans la 1° lecture, le roi Salomon applique ce que les deux paraboles de Jésus proposent.  En effet, pour Salomon ce qui a le plus grand prix, la plus grande valeur, ce n’est ni la richesse ni la vengeance sur ses ennemis ni le souhait de mourir le plus tard possible mais bien obtenir la faculté de bien réaliser sa mission.  Cette mission consiste à diriger son peuple ce que la première lecture appelle le discernement.  Acquérir le Royaume selon Jésus  exige de réaliser un discernement

*Faire preuve de discernement signifie analyser une situation avec maturité, intelligence et clairvoyance afin de prendre la décision la plus ajustée.  C’est ce qui permet d’agir de façon éclairée.

*Le discernement est la capacité d’une personne à comprendre la portée de ses actes et à en être consciente au moment de les commettre.

            La question essentielle qui ressort de ces textes : « Quel est le trésor qui me procure le plus de joie  aujourd’hui? » 

Prière universelle  

Maintenant que nous avons entendu les 2 paraboles du Royaume, puissent-elles inspirer notre prière.

  • Nous recherchons tous le bonheur, un trésor qui souvent est tout près de nous, mais que nous ne remarquons pas tellement nous sommes aveuglés par tout ce qui brille superficiellement.

Donne-nous, Seigneur l’audace de tout perdre pour acquérir ce vrai trésor.

  • Salomon a demandé au Seigneur de lui donner un cœur attentif pour qu’il sache gouverner son peuple et discerner le bien du mal. Au lendemain de notre fête nationale, prions pour que nos dirigeants politiques aient le même souci de rechercher le bien commun

Donne-leur, Seigneur la sagesse de mettre de côté leur profit personnel et les susceptibilités de partis et de communautés.

  • Nous avons aussi la responsabilité de ne pas chercher seulement notre propre bonheur mais de le procurer aux autres en les aidant à se libérer de tout ce qui entrave leurs droits et leurs libertés.

Donne-nous, Seigneur le goût du partage et de la justice et de participer ainsi à la construction de ton Royaume.

  • Intentions personnelles

Seigneur, donne-nous de risquer notre vie sur ta Parole et de découvrir le trésor que tu nous promets.

2 p’tits rawett’s
« QUELLE RICHESSE ? »

Un jeune homme se plaignait de Dieu auprès d’un vieil ami.

   – Dieu envoie aux autres ses richesses mais à moi, il ne me donne rien. Comment débuter dans la vie sans rien ?

   Le vieillard lui répondit :

   – « Es-tu aussi pauvre que tu le dis ? Dieu ne t’a-t-il pas donné la jeunesse et la santé ? »

   – « Je ne dis pas non et je suis fier de ma force et de ma jeunesse ! »

   Le vieillard lui prit la main droite et lui dit :

   – « Voudrais-tu te la laisser couper pour mille roubles ? »

   – « Sûrement pas ! »

   – « Et la gauche ? »

   – « Pas davantage. »

   – « Consentirais-tu alors à devenir aveugle pour dix mille roubles ? »

   – « Dieu me protège. Je ne donnerais pas mes yeux pour tout l’or du monde !

   – « Alors, de quoi te plains-tu ? reprit le vieillard.

   Ne vois-tu pas que Dieu t’a donné un immense trésor ? »

Tolstoï Léon

OÙ EST TON TRÉSOR…

Un jour, un vieux mendiant traverse la place du marché. Il marche lentement, ni fier, ni honteux, comme s’il était en paix avec lui-même.

Un riche commerçant l’apostrophe avec mépris: 
« Eh toi! Qui es-tu, toi que personne ne connaît? »
« Quelle importance, répond le mendiant?
L’essentiel est que je me connaisse moi-même!
L’inverse serait catastrophique:
que je sois connu de tous mais pas de moi-même ».

DELVAUX  Pierre-Paul

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