« Essentiel, non essentiel ? »

La question traverse nos sociétés depuis que des mesures sanitaires différenciées ont été mises en place selon les secteurs d’activité. Mon activité professionnelle, mon hobby, mon engagement associatif peuvent-ils redémarrer ? Sont-ils considérés comme essentiels ?

Cette catégorisation est profondément injuste, et elle a créé de nombreuses frustrations. On ne peut pas faire de hiérarchie : lire et se cultiver est tout aussi essentiel que se nourrir.
Essentiel, non essentiel ?
Il n’y a pas de réponse toute faite : une goutte d’eau semblera bien plus indispensable dans le désert qu’au cœur de l’océan, et la fleur semblable à mille autres devient unique quand elle se fait cadeau chargé de tous les sentiments sur lesquels on n’arrive pas à mettre des mots.
Essentiel, non essentiel ?
Qui suis-je pour juger ce que mon voisin, mon ami, mon frère estime indispensable à son bonheur ? Parfois il me fait découvrir avec un regard neuf ce que j’estimais n’être que banalité et que lui chérit tant.
Essentiel, non essentiel ?
Et si c’était l’occasion pour moi de me laisser habiter par cette interrogation : qu’est-ce qui est vraiment essentiel dans ma vie ? La pandémie aura eu ce mérite de nous faire redécouvrir ces petits bonheurs qui nous manquent tant depuis quelques mois : prendre nos proches dans nos bras et sentir battre leur cœur, boire un verre avec des amis juste pour le plaisir d’être ensemble, flâner dans un magasin en cherchant le petit plaisir à offrir à ceux qu’on aime… toutes ces petites choses de la vie tellement importantes… mais nous l’avions oublié tant nous y étions habitués.
Et puis il y a le jour qui se lève, comme une promesse nouvelle chaque matin.
Le bonheur d’aimer et d’être aimé.
Le sens de l’humour, qui fait à la fois sourire et relativiser (et les deux sont importants).
L’appel de la mer, invitation au voyage et au rêve.
Les yeux grands ouverts, besoin d’émerveillement et de nouvelles découvertes.
Le regard bienveillant qui fait grandir l’autre.
La joie simple de goûter le temps qui passe.
La grâce d’essuyer une larme quand pleure le cœur de mes proches.
Essentiel, non essentiel ?
« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux », dit le renard au Petit Prince.
« Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas », s’écrie Jean-Baptiste (Evangile de Jean 1,26).

Je ne peux pas dire mon essentiel sans évoquer l’invisible.

Le souffle vivifiant qui chaque jour me fait naître, fragile et fort à la fois.

Cette vie intérieure que nous avons en nous comme une source.

La quête incessante de la sagesse, promesse de sérénité et de bienveillance.

Dieu, ma force et mon bonheur.

Olivier Fröhlich, vicaire général du diocèse de Tournai

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