Une ordination presbytérale ce dimanche à la cathédrale de Namur…

Quentin Collin, de Habay-la-Neuve, sera ordonné prêtre dimanche prochain.  À 23 ans, il a tout plaqué pour entrer au Séminaire.

Le sourire aux lèvres, Quentin Collin nous attend devant la porte du presbytère de Habay. Dans quelques jours, il sera le seul du diocèse à être ordonné prêtre, à Namur. Il discute avec l’abbé Romuald. Peut-être échangent-ils sur cette journée importante qui attend l’Habaysien. Le jeune vicaire originaire du Bénin a vécu ce moment important l’an passé.

Avenant, Quentin Collin semble auréolé d’une joie sereine et d’une paix intérieure. On ne rencontre pas tous les jours un jeune de la région sur le point de devenir prêtre. La curiosité nous titille.

Quentin était instituteur. Alors qu’il allait être nommé, il a tout plaqué pour entrer au Séminaire. Il avait 23 ans.

Quentin Collin, comment est née cette vocation de devenir prêtre?

J’ai été élevé dans une famille chrétienne. J’ai eu la chance enfant d’aller à l’église tous les week-ends. Dès sept ans, j’étais acolyte (enfant de chœur). Étant petit, je priais déjà tous les soirs, avec mes mots d’enfant. À 16 ans, un séminariste-stagiaire est venu dans la paroisse de Habay, François Barbieux (NDLR: il est maintenant président du Séminaire de Namur). Son témoignage de vie m’a bousculé. Je me suis rendu compte qu’on pouvait être jeune et se donner à Dieu et pour l’Église.

Et pourtant la prêtrise n’a pas été votre premier choix…

À 18 ans, les premiers choix importants s’imposent. Je me voyais devenir prêtre, mais je ne me sentais pas prêt. Et si jamais ce n’était pas ma vocation, je n’aurais pas eu de bagage. Je me disais aussi que si Dieu doit vraiment m’appeler, il peut attendre. J’ai donc suivi des études d’instituteur. J’ai été diplômé en 2011. Je ne me voyais pas alors dire à mes parents qu’ils avaient payé mes études pour rien, et je me sentais le besoin d’exercer.

Qu’est-ce qui vous a poussé à changer de voie?

Je me suis occupé des 1re, 2e et 3e primaire de Toernich pendant deux ans, puis des 4e, 5e et 6e primaire dans d’autres écoles de la région. Le désir de devenir prêtre était toujours présent, mais plus enfoui. Je me rendais quand même tous les jours à l’église.

Et puis, j’ai vécu un moment assez fort. Je suis arrivé en retard à une messe à la chapelle du mont Carmel, à Rulles. Une petite chapelle, au fond d’un cimetière. Je suis arrivé au moment de l’Évangile. Oui, j’étais très en retard (rires). Au moment où je franchis le seuil de la chapelle, le prêtre dit: «La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux.» C’est une parole qui parle de la vocation. Je m’étais toujours dit: si Dieu m’appelle, j’ai besoin d’un signe. C’était le signe que j’attendais.

Comment votre famille, vos proches, vos amis ont-ils réagi?

Je ne leur avais jamais parlé de mes hésitations. Ils n’ont pas tous bien compris ce revirement, mais ils l’ont accepté. Et ils ont vu au fur et à mesure que je m’épanouissais dans cette voie.

C’est difficile de mettre des mots pour expliquer ce qu’on ressent. Quand je parle à des jeunes, je leur explique que c’est comme un coup de foudre pour une fille. On ne sait pas expliquer pourquoi, mais on sait que c’est celle-là.

Renoncer à vous marier, à avoir des enfants, cela n’a pas été difficile?

Pour moi, non. Les sept années de séminaire permettent de mûrir le choix qu’on a fait. Choisir implique un certain nombre de renoncements. C’est sûr que j’y pense, mais j’ai été élevé dans une famille nombreuse, je suis déjà oncle six fois. Je ne serai jamais père biologique, mais j’ai une famille autour de moi. L’Église aussi est notre famille.

L’Église ne devrait-elle pas autoriser le mariage des prêtres?

Certains disent qu’avec le mariage des prêtres, il y aurait plus de vocations. Je ne le pense pas. L’Église protestante manque de pasteurs. Autoriser le mariage n’est pas une solution. C’est un vaste débat. Le désir de servir Dieu prend le pas sur le reste. C’est un don de soi, en toute liberté et en conscience, pour le Christ et l’Église. Un don si fort qu’il implique des renoncements.

Autres controverses: la position de l’Église sur des sujets comme l’homosexualité, l’avortement, le préservatif… Des positions qui peuvent paraître d’un autre temps. Comment un jeune occidental, sur le point de devenir prêtre, réagit-il?

Ce sont des sujets très délicats. L’Église prône la vie, elle nous accompagne dans nos difficultés. Contrairement à l’étiquette qu’on veut lui mettre, l’Église ne juge pas les personnes. Elle nous offre un chemin à parcourir, à la lumière de l’Évangile.

Pour un jeune, comment se retrouver dans une Église que beaucoup considèrent vieillotte? N’est-il pas temps de la dépoussiérer?

L’Église ne se résume pas au bâtiment et à la messe du dimanche. Certes, la pratique diminue et les cheveux gris se font plus nombreux. Si on ne voit que cela, c’est dommage. Il y a de très belles choses qui se font et qui se vivent, notamment dans les mouvements et associations. Il faut se donner la peine de découvrir sans a priori, et d’oser faire la rencontre de Dieu dans sa vie. Il ne vous enlève rien, il donne tout.

Comment envisagez-vous votre futur sacerdoce?

Bien (sourires). Je considère le prêtre comme étant un serviteur de Dieu et de la communauté qui lui a été confiée. Il est porteur d’une mission, avec l’ensemble de l’équipe pastorale. Il n’est pas tout seul, il n’est pas quelqu’un qui joue de tous les instruments. Il est aussi un témoin, il est là pour aider les personnes à découvrir le Christ et annoncer la bonne nouvelle.

Article tiré du Vers l’Avenir du Luxembourg, 7 septembre 2020 à découvrir ici !

Etant donné que la célébration eucharistique est ouverte uniquement aux personnes ayant reçu une invitation nominative et afin de permettre à chacun de vivre ce beau moment, l’ordination sera filmée et retransmise en direct.

Voici un lien YouTube  pour accéder à la retransmission en direct, à 15h :
En union de prières avec le futur prêtre et tout le diocèse de Namur ! V.P.

Laissez-nous votre commentaire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s