« Une pause par jour » – 26 janvier 2018

3ème Semaine du Temps Ordinaire – Première lecture (2 S 11, 1-4a.5-10a.13-17)

Au retour du printemps, à l’époque où les rois se mettent en campagne, David envoya Joab en expédition, avec ses officiers et toute l’armée d’Israël ; ils massacrèrent les fils d’Ammone et mirent le siège devant Rabba. David était resté à Jérusalem. Un soir, il se leva de sa couche pour se promener sur la terrasse du palais. De là, il aperçut une femme en train de se baigner. Cette femme était très belle. David fit demander qui elle était, et on lui répondit : « Mais c’est Bethsabée, fille d’Éliam, la femme d’Ourias le Hittite ! » Alors David envoya des gens la chercher. Elle vint chez lui ; il coucha avec elle. La femme devint enceinte, et elle fit savoir à David : « Je suis enceinte ! » Alors David expédia ce message à Joab : « Envoie-moi Ourias le Hittite. » Et Joab l’envoya à David. Lorsque Ourias fut arrivé auprès de lui, David lui demanda comment allaient Joab, et l’armée, et la guerre. Puis il lui dit : « Descends chez toi, prends du repos. » Ourias sortit du palais, et l’on portait derrière lui une portion de la table du roi. Mais Ourias se coucha à l’entrée du palais avec les serviteurs de son maître ; il ne descendit pas chez lui. On annonça à David : « Ourias n’est pas descendu chez lui. » Le lendemain, David l’invita à manger et à boire à sa table, et il l’enivra. Le soir, Ourias sortit et alla se coucher à nouveau avec les serviteurs de son maître ; mais il ne descendit pas chez lui. Le matin suivant, David écrivit une lettre pour Joab, et la fit porter par Ourias. Il disait dans cette lettre : « Mettez Ourias en première ligne, au plus fort de la mêlée, puis repliez-vous derrière lui ; qu’il soit frappé et qu’il meure ! » Joab, qui assiégeait la ville, plaça Ourias à un endroit où il savait que les ennemis étaient en force. Les assiégés firent une sortie contre Joab. Il y eut des tués dans l’armée, parmi les serviteurs de David, et Ourias le Hittite mourut aussi. – Parole du Seigneur. 

Psaume (Ps 50 (51), 3-4, 5-6ab, 6cd-7, 10-11)

R/ Pitié, Seigneur, car nous avons péché !

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice,
être juge et montrer ta victoire.
Moi, je suis né dans la faute,
j’étais pécheur dès le sein de ma mère.

Fais que j’entende les chants et la fête :
ils danseront, les os que tu broyais.
Détourne ta face de mes fautes,
enlève tous mes péchés.

Évangile (Mc 4, 26-34)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. » Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. » Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier. – Acclamons la Parole de Dieu. 

Débuts modestes

Tout commence par un simple regard, par un désir naissant. Puis, les choses se compliquent et aboutissent à l’orchestration d’un meurtre…
En résumé, voilà l’histoire de David, de Bethsabée et d’Ourias. Et il y a ce récit de la semence et de la graine de moutarde: là aussi, à des débuts modestes succèdent des résultats étonnants… mais moins tordus ! Entre ces histoires, une différence. Dans les paraboles de Jésus, les semences poussent par elles-mêmes, sans intervention humaine. Dans l’histoire de David, le développement se produit parce que des humains procèdent à des calculs stratégiques mortifères, revoient des plans et réajustent leurs actions pour parvenir à leur fin. Dans le cas de la semence, la croissance du royaume de Dieu est illustrée, imagée, tandis que la première lecture dépeint sans détour, sans ornement, l’enlisement dans le mal. Entre les deux, le Psaume 50 exprime la confiance en la patiente germination de la miséricorde de Dieu dans le cœur humain. Souhaitons que la logique de ce psaume prévale sur les logiques maléfiques du monde!

Fins impressionnantes

De beaux épis et des arbres magnifiques surgissent à partir de simples graines, tout à fait banales. Avec un minimum d’attention, tout le monde est en mesure de l’observer. De manière semblable, une Église diversifiée, répandue par toute la terre, surgira de la prédication d’un rabbi de Nazareth. C’est un fait qu’historiens et sociologues peuvent reconnaître. De la grâce miséricordieuse de Dieu qui travaille silencieusement les cœurs, naissent des hommes et des femmes capables d’espérer et de faire germer le royaume de Dieu. Pour le célébrer, beaucoup de foi est nécessaire, car il faut bien admettre que cela ne saute pas aux yeux. Mais la foi, comme la graine de moutarde ou le règne, peut croître.

Fais-moi, par les paraboles, entrer dans ton Royaume

Tout au long de ton Évangile, Seigneur,
tu as semé, comme des graines, les paraboles.
Aide-nous à les faire grandir
dans le terreau de la prière,
afin qu’elles deviennent pour nous
des arbres de lumière sur le chemin de ton Royaume.
Car il en est de ton Royaume
comme d’une semence fragile au fond de notre cœur
et qui ne demande qu’à grandir et à nous envahir,
Si nous l’entourons de nos soins.
Seigneur, fais-nous par les paraboles,
entrer dans ton Royaume.

Si je suis le fils prodigue, gaspilleur ou marginal,
accueille-moi et prends-moi dans tes bras
car j’ai vraiment péché contre toi
et contre mes frères,
mais je compte sur ta miséricorde infinie.

Et si je suis le fils resté à la maison,
le fidèle qui grogne dans son coin,
libère-moi de toute raideur
et de toutes mesquinerie
pour prendre part à la grande fête du Royaume.

Tant mieux si l’ouvrier de la onzième heure
touche le même salaire que l’ouvrier de la première,
tant mieux s’il a gagné le pain de sa journée,
je me réjouis avec lui, je me réjouis avec Toi.

Moi je suis là comme le pauvre Lazare,
à la porte de la maison
où festoie le riche inconscient.
Ou comme le riche qui, dans le séjours des morts
implore de tremper sa langue
dans l’eau qui rafraîchit,
l’eau des béatitudes, l’eau de ton Royaume.

Seigneur, fais-moi, par les paraboles,
entrer dans ton Royaume.

Pour être admis dans ce Royaume de miséricorde,
je sais maintenant, Seigneur, que je ne dois pas être
un serviteur plus exigeant et plus dur que son maître.

Je sais que je dois me détacher
de tout ce qui m’encombre
et faire fructifier les talents que tu m’as confiés.

Je sais que le Royaume
est à ceux qui gardent la simplicité des enfants.

Je sais que je dois me conduire
comme le bon Samaritain
et être attentif en priorité à tous ceux qui souffrent
de la violence ou de la maladie,
de la misère ou de la solitude.

Seigneur, je le sais, mais je ne le fais pas.
Alors pardonne-moi, comme tu as pardonné
à tous les pécheurs que tu as rencontrés sur la route
et donne-moi la grâce de vivre
selon tes enseignements.

Seigneur, fais- moi, par les paraboles,
entrer dans ton Royaume.

Jean Sauvenay

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