2ème semaine de l’avent – IsaÏe 40, 25-31 – Psaume 102 (103) – Matthieu 11, 28-30 – « Venez à moi, vous tous qui peinez » (Mt 11, 28-30) – Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Avec cette référence biblique, on nage en plein paradoxe: suivre Jésus serait un joug facile à porter… Il faut avoir vécu à la campagne dans les années 1940 pour avoir eu l’occasion de voir un véritable joug. Il s’agit d’une lourde pièce de bois posée sur le cou d’un bœuf. On utilisait même un joug double pour atteler une paire de bœufs. Ce collier rudimentaire, taillé dans du bois franc (du merisier ou de l’érable), obligeait le bœuf à courber la tête, ce qui favorisait une meilleure traction.
Quant à la sequella Christi, la suite du Christ, n’est-il pas dit au contraire que la croix attend le chrétien et la chrétienne? «Si quelqu’un veut venir avec moi… qu’il porte sa croix et me suive. » (Matthieu 16, 24) Le propos de Jésus semble ici tout à fait paradoxal. «Mon joug est facile à porter.» Qu’est-ce qui peut rendre ce joug léger? L’explication réside dans un mot: l’amour. C’est l’amour qui change tout. En marchant à sa suite, nous ne pourrons échapper à la croix. Or cette croix portée avec amour perd de sa lourdeur.
Un jour ou l’autre, il est arrivé à chacun et chacune de devoir s’impliquer à fond dans une cause, parfois jusqu’à la limite de ses forces. Lorsque cette implication se fait dans un esprit de service, on éprouve un grand sentiment de bonheur. Déjà Euripide écrivait: «Le souvenir de nos peines passées est agréable. » Le chrétien et la chrétienne vérifient quotidiennement cette vérité.
Seigneur, s’il est vrai que nous ne faisons pas toujours ce que nous aimons, aide-nous à aimer ce que nous faisons.