« Une pause par jour » – 5 août 2016

« Que pourra donner l’homme en échange de sa vie ? » – Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu  (Mt 16, 24-28)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite.

Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir dans son Règne. »

La souffrance de Jésus, pourquoi ?
  • Les souffrances et la mort violente de Jésus, le non-coupable par excellence, demeurent un scandale, même si, hélas, on a fait pire depuis. Le supplice de la croix était pour les hommes de l’antiquité la torture la plus terrifiante. Pour les juifs, c’était un sommet de honte, réservé aux esclaves, un signe visible de la malédiction divine. Et cela explique la réaction de saint Pierre.
  • Comment expliquer pareils traitements infligés à Jésus, quand on voit en lui le Fils de Dieu, celui qui s’est entendu appeler : « Tu es mon Fils bien-aimé » ? Souffrances et mort (celles du Christ comme les nôtres) restent largement un non-sens.
  • Jésus nous apparaît, au cœur de sa Passion, comme un homme qui ne triche pas, qui n’accepte pas le compromis. Une sincérité qui, affirmée jusqu’à ce point extrême, a valu au Christ un respect universel (Socrate, pour des raisons similaires, jouit d’un même respect).
  • Jésus sur la croix a choisi la dernière place, celle de l’innocent torturé. Personne, si accablé  qu’il soit, ne peut accuser le Christ d’être seulement un beau parleur. « Lui aussi, il y est passé » : c’est le cri de confiance d’écrasés, d’opprimés !
  • Jésus, lorsqu’on voit en lui le Fils de Dieu, nous apparaît sur la croix dans toute sa grandeur : un Dieu qui ne se protège pas, qui donne sa vie. Donc un Dieu qui aime les hommes. Au point que saint Thomas d’Aquin osera écrire : «  Dieu aime l’homme, comme si l’homme était le Dieu de Dieu ! » Toute réflexion sur la croix de Jésus ouvre en même temps un abîme d’émerveillement et d’effroi sur ce qu’est Dieu.
  • Jésus n’a pas choisi la croix pour elle-même. Ses raisons sont celles du cœur : celui-là aime, qui accepte de dépendre de l’être aimé et qui le transforme de l’intérieur.
Prière

Seigneur,

toi qui viens sauver ma vie,

défends-moi de la perdre.

Toi qui viens porter mes croix

apprends-moi à les regarder en face.

Toi qui ne veux jamais la mort du pécheur,

aide-moi à choisir la vie.

Toi qui crées toute lumière,

tire-moi hors de l’ombre de mes nuits.

Toi qui es le feu et la chaleur,

rends-moi vigilant sur mes tiédeurs.

Toi qui, depuis le premier jour,

m’appelles par mon nom,

fais de ma vie une réponse

qui te fasse honneur.

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