Homélie de l’abbé Léon Bechoux sur l’évangile de ce dimanche 3 avril 2016 (2ème dimanche de Pâques année C).

Après les attentats d’il y a quelques jours, les réactions sont diverses. Certains, nombreux, ont peur. Il faut dire que les mesures prises par le gouvernement ne sont pas nécessairement faites pour rassurer : être surveillé un peu partout ne suscite pas la confiance. Beaucoup de réactions de solidarité se sont exprimées, et c’est réconfortant et finalement, beaucoup plus rassurant que la présence massive de militaires et de policiers. Il y a des réactions individuelles ou collectives de racisme et de xénophobie, dans certains milieux la haine des arabes se développe. La peur fait se recroqueviller sur soi-même, le plus souvent.

Les apôtres et les disciples de Jésus, après le procès et la mise à mort de leur maître, longent les murs et s’enferment. Ils ont peur de sortir, peur d’être pourchassés comme Jésus le fut, peur aussi d’être condamnés comme lui. Il y a bien quelques femmes qui disent qu’il est vivant. Des apôtres l’ont rencontré aussi, mais cela ne suffit pas à leur rendre confiance. Et quelqu’un comme Thomas, qui nous ressemble un peu, veut bien croire, mais il lui faut avoir vu, vu de ses yeux : « Si je ne vois pas la marque des clous dans ses mains, si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas … »

Et Jésus vient à ses apôtres enfermés. Il vient, il se tient debout … Ce n’est pas quelqu’un de terrassé, c’est quelqu’un de libre que la mort n’a pas écrasé… Il dit : « La paix soit avec vous ! » Arrêtez d’avoir peur. Je suis là, debout, au milieu de vous, je suis avec vous ! Et il invite Thomas à se livrer aux vérifications qu’il voulait faire. Et Thomas est bouleversé, la confiance commence à lui revenir : « Mon Seigneur, et mon Dieu ! Et Jésus lui dit : « Il va falloir que tu apprennes à croire sans avoir besoin de voir ! »

La confiance ne reviendra totalement chez les apôtres qu’à la Pentecôte quand ils recevront l’Esprit-Saint. A ce moment-là, clairement ils oseront annoncer que Jésus est vivant et qu’il les fait vivre, qu’il leur donne de l’assurance. Leur foi les fait vivre et devient contagieuse ; notre première lecture dit : « Une foule de plus en plus nombreuse de femmes et d’hommes croient au Seigneur et s’ajoutent à leur groupe. »

Dans un monde de violence, où les attentats se succèdent, dans un monde dominé par le fric, ne faudrait-il pas que notre foi nous aide à nous libérer pour faire confiance aux autres, pour tendre la main à l’opprimé et l’étranger ? Est-ce que notre foi ne pourrait pas nous conduire à refuser les amalgames et, par exemple, à refuser de bêler avec les racistes contre tous les Arabes ? Dans la foulée de notre Carême, dans la joie de Pâques, avec la force de Dieu et son amour, nous pourrons petit à petit construire une terre où il fera meilleur vivre pour tous.

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