« Une pause par jour » – 6 février 2016

« Ils étaient comme des brebis sans berger » – Évangile de Jésus Christ selon saint Marc  (Mc 6, 30-34)

En ce temps-là, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné. Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger.  Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux.

En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.

S’arrêter pour mieux repartir

LES DISCIPLES sont partis en mission; ils ont marché, parlé, beaucoup écouté… Ils sont fatigués, une fatigue qui touche le corps et l’âme… Malgré la foule qui attend, le Christ les invite à se mettre à l’écart, à reprendre souffle. Après le temps de la dispersion, voici le temps du rassemblement, rassemblement communautaire mais aussi personnel, intime.

Lorsque nous en faisons trop, nous avons le sentiment de ne plus bien savoir qui nous sommes. C’est toute notre personne qui est « dispersée », « éclatée ». Se mettre à l’écart, c’est alors prendre le temps de se « recentrer », de se re‑cueillir, de retrouver sa propre Source. Pour se donner, il faut accepter de se recevoir d’un Autre et, pour cela, accepter de « perdre » volontairement du temps, abandonner la montre, l’agenda et cette obsession contemporaine du « temps efficace » . . . Lorsque les « ouvriers » sont moins nombreux pour la « moisson », l’urgence paradoxale est d’oser s’arrêter.

Prenons garde aux dérives d’une Église où, devant l’immensité de la tâche, clercs et laïcs sombreraient dans un activisme spirituellement dangereux.

Comment dire Dieu à celles et ceux vers qui nous sommes envoyés, si nous ne prenons pas le temps de nous ressourcer? Entretenons avec vigilance le jardin de notre âme si nous voulons que nos contemporains y trouvent encore des fruits savoureux.

« Efforce‑toi d’entrer dans le trésor de ton coeur et tu verras le trésor du ciel », conseillait déjà, au VIIe siècle, Isaac le Syrien.

Prière

Seigneur, dans ma vie à l’école, dans mes engagements auprès des sans-logement, parfois, je n’ai, moi aussi, que peu de temps pour manger… Et pourtant, comme elle est douce cette barque où tu m’invites à l’écart : temps de prière, de silence, instants cœur à cœur avec mon Dieu…

Et me revoilà sitôt débarquée au monde. La question n’est plus alors de manger, mais peut-être de me laisser manger. Donne-moi, Seigneur, la grâce de me laisser manger, – sans me faire dévorer ! – au service de ceux qui t’ont ému, Toi aussi, ce jour-là

Sylvie, professeur.

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