« Enlevez la pierre. Déliez-le et laissez-le aller »
Aujourd’hui, Dieu nous invite à ‘ôter la pierre’ qui empêche les autres de vivre et de se forger une vie décente et digne.
Jésus nous invite aussi à les défaire des bandelettes qui paralysent leur enthousiasme ou leurs initiatives.
Non seulement nous devons ‘les délier’ mais’ les laisser aller’ c’est-à-dire, dans un lâcher-prise qui est celui de l’amour, leur garantir la liberté de suivre leur propre chemin de vie.
Fernand
ÉVANGILE (Jn 11, 1-45) : Résurrection de Lazare
En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! » À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. « Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.
Homélie
Lors de ces trois derniers dimanches, ’Eglise nous propose un long récit biblique développant un accent de notre chemin de foi . Il y a eu la Samaritaine, qui espérait une vie autre. C’était voici 15 jours. Il y a eu l’aveugle-né qui espérait sortir de sa nuit. C’était la semaine dernière. Aujourd’hui, deux femmes, Marthe et Marie, amies de Jésus, espèrent une vie après cette vie pour Lazare, leur frère mort depuis quatre jours.
Ce chemin de foi est proposé à tout croyant et plus spécialement aux catéchumènes qui seront baptisés au cours de la nuit de Pâques.
Après avoir entendu chacun de ces récits, le catéchumène est invité à répondre, comme chaque chrétien, aux questions de l’Église:
1 «Crois-tu que cette eau qui vient de Jésus apaisera ta soif pour toujours et t’aidera à apaiser celle d’autres personnes ?
2 Crois-tu que Jésus peut te donner la lumière grâce à laquelle ta vie et la vie d’autres auront un sens ?
3 Et enfin, crois-tu que Jésus est Vie et Résurrection ?
Jésus a posé la question de la résurrection à Marthe. Sa réponse fut nette: « Oui, je crois. »( v 24) A-t-elle eu raison de croire ainsi? Beaucoup de chrétiens disent ne pas y croire. Et qui d’ailleurs pourrait le savoir? Personne n’en sait rien. La science est muette à ce sujet, autant incapable d’affirmer qu’il y ait une vie après notre mort que d’affirmer le contraire.
Il se fait que beaucoup confondent entre savoir (savoir par l’expérience ou par la science, avec des preuves) et croire! Croire et savoir sont deux attitudes distinctes. C’est ainsi dans notre vie quotidienne.
6 exemples:
- Des fiancés. Ils n’ont aucune preuve que leur amour les rendra heureux et qu’ils ont donc raison de se marier. Mais ils « croient» l’un en l’autre!
- Un couple qui décide de mettre un enfant au monde n’a aucune preuve que cet enfant sera heureux mais ils y « croient ».
- Et qui peut dire que tel étudiant-e a raison de commencer telles études, de choisir telle profession ? Rien ne prouve qu’il (elle) ait raison mais il (elle) y « croit » et « espère. »
« Moi, je ne crois que ce que je vois », disent certains ! Comme si notre vie quotidienne n’était pas truffée, remplie d’actes de foi et d’espérance !
- Quand des groupements humanitaires se battent pour que l’eau soit un jour accessible à tous, ils ne savent pas si cela va réussir. Ils y « croient.»
- Et nous-mêmes quand nous rendons visite à un malade, inconscient en apparence, nous ne savons pas si cela va le soutenir mais nous l’espérons.
- De même quand nous prions. Nous croyons que cela en vaut la peine.
Comme Marthe et Marie, comme tant de femmes et d’hommes devant la vie et la mort, nous sommes invités non pas à exiger des preuves pour agir mais à y croire, à espérer. Et particulièrement aujourd’hui, nous sommes invités à croire et espérer que, grâce à l’amour de Dieu, aucune pierre, – aussi lourde soit-elle – ne peut un jour être quand même soulevée et libérer la vie.
Jésus n’a d’autre but que de sortir le peuple juif de l’esclavage dans lequel il s’est empêtré à cause des lois et prescriptions qu’il s’impose.
Mais cette libération n’est pas automatique, contrairement à ce que pensent Marthe et Marie lorsqu’elles disent chacune : « Si tu avais été là mon frère ne serait pas mort ».(v 21 & 32). C’est un peu trop facile !
Pour trouver la liberté de la même manière que le peuple hébreu est sorti d’Egypte plusieurs siècles auparavant , il nous faut aussi oser « sortir ».
Remarquons d’ailleurs que c’est toute la trame du récit que nous venons d’entendre :
1 Le premier qui sort c’est Jésus : il sort de Transjordanie, pays calme et paisible, pour affronter l’opposition de Jérusalem. (v. 8)
2 Ensuite nous voyons que ce sont les juifs qui sortent de chez eux pour consoler Marthe et Marie .(v 19)
3 Puis, tandis que Marie et ses amis juifs s’enferment dans leur deuil, c’est Marthe qui sort de la mortuaire pour aller à la rencontre de Jésus.(v 20)
4 Sur le conseil de sa sœur, Marie sort à son tour rejoindre Jésus. ( v 29)
5 Enfin Lazare sort du tombeau (v 43) mais pour cela il a besoin de l’aide des autres. « Déliez-le et laissez-le aller » ( v 44) dit Jésus.
Par ces derniers mots Jésus nous montre que la libération n’est jamais terminée. Elle reste un combat quotidien. Aujourd’hui, avec l’aide d’autres, nous sommes invités à délier toutes celles et ceux qui sont enfermés dans leur tombeau.
Bientôt Jésus lui‑même va mourir, sur une croix. Il sera mis au tombeau. Mais il en sortira plus vivant que jamais. Et depuis ce jour‑là, devant tous les tombeaux, des croyants s’unissent aux hommes et aux femmes de bonne volonté et luttent contre la mort. Ils font rouler la pierre qui emprisonne l’homme. Ils délient les liens qui le tiennent allongé pour que l’homme puisse marcher en toute liberté! Et la résurrection devient le couronnement d’une vie d’homme debout.
Prière universelle
La vie ! Qu’y a-t-il de plus précieux mais aussi de plus menacé ? Avec la même foi que Marthe et Marie, les sœurs de Lazare, présentons au Seigneur nos prières.
- Ils sont de plus en plus nombreux les oubliés du monde, du progrès et du développement, tous ces peuples qui ne parviennent pas à prendre leur place dans le concert des nations. Puissent tous les privilégiés de notre société leur venir en aide et les sortir de leur tombeau. Seigneur nous te prions.
- Ils sont nombreux celles et ceux qui travaillent à soigner, guérir et accompagner les souffrants. Qu’au milieu de nos activités pressantes nous trouvions un peu de temps pour visiter, aider et soutenir, ceux qui parfois très près de nous souffrent et peinent. Seigneur nous te prions.
- Il est heureux de pouvoir chaque semaine nous rassembler pour célébrer le sacrement du partage et le mémorial du don que Jésus nous a fait de sa vie. Que ces moments de prière soient pour nous force de vie et ressourcement pour marcher dans la joie. Seigneur nous te prions.
Seigneur, toi qui pleures ton ami Lazare, tu as accueilli la prière de Marthe et Marie.
Ecoute le cri de notre foi, sois notre vie et notre résurrection Amen.
P’tit rawett’ : « Dans cette ville, il n’y a pas de coiffeur »
« Il n’y a pas de Dieu ! » lança tout à coup le coiffeur. « Et pourquoi donc ? interrogea son client. « S’il existait , il n’y aurait pas tout ce mal et ces êtres mauvais comme Hitler, Staline et tant d’autres »répondit-il. Le modeste croyant qui se faisait couper les cheveux opposa quelques arguments mais en vain. Notre coiffeur avait des idées bien arrêtés. La coupe achevée, le client s’en alla. Un peu plus loin, il croisa un pauvre hère à la coiffure longue et désordonnée, à la barbe généreuse et hirsute. Il reprit alors la direction du salon de coiffure et interpella le coiffeur : « Il n’y a pas de coiffeur dans cette ville ! » « Et moi, alors ? » « Non il n’y a pas de coiffeur dans cette ville ! Je viens de voir un homme à la chevelure démesurée et à la barbe non taillée. C’est bien la preuve. » « Mais je n’en peux rien s’il ne s’adresse pas à moi » répliqua le coiffeur. « Tu vois, il en va de même pour Dieu. »
D’après une histoire racontée par Pie TSHIBANDA