Homélie -4ème dimanche de Pâques Année C – Abbé Fernand Stréber

Ac 13,14,43-52;  Jn 10,27-30,  11-05-2025
Première lecture « Nous nous tournons vers les nations païennes » (Ac 13, 14.43-52)

En ces jours-là, Paul et Barnabé poursuivirent leur voyage au-delà de Pergé et arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et prirent place. Une fois l’assemblée dispersée, beaucoup de Juifs et de convertis qui adorent le Dieu unique les suivirent. Paul et Barnabé, parlant avec eux, les encourageaient à rester attachés à la grâce de Dieu. Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole du Seigneur. Quand les Juifs virent les foules, ils s’enflammèrent de jalousie ; ils contredisaient les paroles de Paul et l’injuriaient. Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : « C’est à vous d’abord qu’il était nécessaire d’adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes. C’est le commandement que le Seigneur nous a donné : J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur ; tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants. Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région. Mais les Juifs provoquèrent l’agitation parmi les femmes de qualité adorant Dieu, et parmi les notables de la cité ; ils se mirent à poursuivre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire. Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium, tandis que les disciples étaient remplis de joie et d’Esprit Saint

Évangile – « À mes brebis, je donne la vie éternelle » (Jn 10, 27-30) – Alléluia. Alléluia. Je suis, le bon Pasteur, dit le Seigneur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Alléluia. (Jn 10, 14) – Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

Homélie

« Je suis le bon Pasteur. » Quand j’ai prononcé cette phrase à l’église, j’ai cru que j’avais encore gaffé.  J’avoue que j’ai eu peur.  En effet, il y a aujourd’hui tant de jeunes désemparés par la drogue ou livrés à euxmêmes, tant de parents qui ne se reconnaissent plus dans leurs propres enfants, des chrétiens désemparés par le comportement du curé de leur unité pastorale, des personnes pratiquantes déboussolées par des homélies culpabilisantes, tant de couples où l’amour ne se vit plus, tant de personnes qui cherchent en vain des repères et qui ne savent plus ce qu’il faut encore croire, tant de familles où les fins de mois sont dures, sans oublier l’alcoolisme et autres maladies de tous genres,…

Oui, ces personnes ce sont des proies faciles pour tous ceux-là qui, aujourd’hui, s’auto-proclament « bon pasteurs » et promettent le bonheur sans problèmes mais ne font que leur propre bonheur.  Je me méfie des sauveurs type cartomanciennes, horoscopes, sectes, « copains » au Carré à Liège ou au festival de musique qui ont « un petit boulot » à proposer aux personnes vivant une période de fragilité.

« Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent » Quand j’ai proclamé cela, j’ai vraiment eu des frissons.  Je me voyais déjà un mouton de Panurge, dans un troupeau docile, bêlant à l’unisson et suivant le pasteur sans réfléchir.  Je me voyais déjà bien au chaud uniquement entre gens qui se connaissent et qui sont les ‘chouchous’ du pasteur.  Je me voyais déjà dans un cercle de gens intolérants face à toute opinion différente de la leur, refusant toute place pour l’étranger quel qu’il soit.

Ex. : l’actualité quotidienne autour du « berger » de la Maison Blanche.

« Dieu et moi, on ne fait qu’un. »  Ouf !!!  Quand j’ai relu ces paroles à tête reposée je me suis dit qu’il n’y avait qu’une personne qui pouvait affirmer cela : Jésus et que c’était donc bien lui le bon pasteur connaissant ses brebis et aucun autre.

Alors j’ai été rassuré parce qu’un jour j’ai entendu que Jésus, lors de son passage sur terre, a accueilli tant de personnes désemparées sans oublier les lépreux, tant de femmes sans oublier la femme adultère.  J’ai été rassuré car je me suis rappelé que Jésus s’est tourné aussi vers le centurion romain, vers la cananéenne et combien d’autres païens.  Paul et Barnabé stimulés par l’exemple de Jésus l’ont fait aussi plus tard au nez et à la barbe des pharisiens de tout poil.  (l° lecture)

Je me rappelle avoir lu un jour dans la bible  que Jésus fidèle jusqu’au bout a été condamné à mort parce que son comportement dérangeait le pouvoir politique et religieux  en place.

J’ai été rassuré.  Car un pasteur de cette trempe a du prix à mes yeux parce que lui-même a vécu ce qu’il a dit..  Le suivre ne peut qu’apporter du bonheur.  Entre Jésus et son Père, entre Dieu-Père et Jésus-Fils c’est l’harmonie parfaite.  Il n’y a entre eux pas la moindre virgule de divergence d’opinion.  Ce n’est donc pas un hasard que Dieu l’a ressuscité, l’a relevé le troisième jour après sa crucifixion et sa mise au tombeau.

Aujourd’hui, en ce week-end de prière et de sensibilisation aux vocations religieuses, les communautés chrétiennes se rappellent que nous les prêtres sommes appelés aussi à être des pasteurs, autrement dit des rassembleurs, des guides, des hommes de communion, d’unité.  Unité n’a rien à voir avec uniformité.  L’unité c’est l’harmonie des différences.  Voilà un défi que de multiples confrères entourés désormais du nouveau Pasteur de l’Eglise universelle : Léon XIV tentent de relever chaque jour grâce à votre prière et à votre aide concrète.

Abbé Stréber Fernand

P’tit rawett’  en lien avec la fête des mères : « Découvrir l’essentiel »

Découvrir l’essentiel dans notre vie, une question de survie…

Il était une fois deux tribus en guerre dans la région des Andes. La première tribu vivait dans les basses terres et la seconde dans les montagnes. Un beau jour, les habitants des hautes terres envahirent leurs congénères, pillèrent les pauvres paysans et kidnappèrent le bébé de l’une des familles. Les habitants des basses terres ne savaient pas comment escalader la montagne. Ils ne connaissaient aucun des sentiers bien connus des montagnards et ne savaient pas où les trouver ni comment les suivre sur les terrains escarpés. Ils envoyèrent tout de même leur meilleure équipe d’éclaireurs afin d’escalader la montagne et ramener le bébé auprès de sa famille. Les hommes essayèrent plusieurs méthodes d’escalades différentes, en vain. Après plusieurs jours d’efforts, ils commencèrent à s’avouer vaincus et à considérer cette mission comme une cause perdue. Alors qu’ils s’apprêtaient à plier bagage, les expéditeurs des basses terres virent la mère du bébé s’approcher vers eux, à leur grande surprise. Ils réalisèrent qu’elle descendait la montagne qu’ils n’étaient pas parvenus à escalader. Ils aperçurent le bébé attaché au dos de la jeune femme. Comment cela se faisait-il ? Ils étaient tous interloqués. Un homme finit par la saluer et lui demander : – Nous ne sommes pas parvenus à escalader cette montagne, et pourtant nous sommes bien plus forts et expérimentés que toi ! Comment as-tu fait ? La jeune femme haussa les épaules et dit : – Ce n’était pas ton bébé, c’est pour ça !

Ismaël SADKY

Petites miettes spirituelles   Fr. ANDRE Albert 05/2024

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