C’est aujourd’hui que se réalise la promesse
Evangile : Luc 1,1-4 ;4,14-20
Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début ,d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus. En ce temps-là, lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre »
Homélie
J’ai découvert 3 bonnes nouvelles dans l’évangile d’aujourd’hui.
1 « C’est pour toi, excellent Théophile, que j’écris ». C’est par ces mots que St. Luc débute son Evangile.
Qui était Théophile ? Nous l’ignorons mais ce que l’on sait c’est que son nom ‘théo-philo’, signifie ’ami de Dieu’. Autrement dit c’est à l’ami de Dieu que Luc écrit et aujourd’hui, ce sont à tous les amis de Dieu c’est-à-dire à toutes celles et ceux qui sont bien disposés à accueillir ses paroles que Luc confie cette Bonne Nouvelle et il les qualifie d’« excellents ». Première bonne nouvelle.
2 C’est autour de cet adverbe « Aujourd’hui » que la deuxième partie de mon commentaire sera centrée.
Pour comprendre l’évangile il est utile d’en connaître le contexte : Jésus revient en Galilée, une région qu’il connaît bien. L’accueil y est chaleureux. Ce ne sera pas pareil à Nazareth, le village de ses parents. On verra cela la semaine prochaine.
A Nazareth, il participe à la liturgie hebdomadaire juive du samedi à la synagogue et il se propose pour lire le texte biblique et ensuite le commenter. Cette pratique est courante dans le monde juif.
Le servant lui remet le livre du prophète Isaïe et pas le livre de la Loi (la Torah) lu par le prêtre Esdras dans la première lecture. Pour Jésus le message des prophètes est central. Ils ont davantage anticipé l’événement Jésus.
Jésus proclame ce vieux texte que tout le monde connaît par cœur : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. »
Tous ont les yeux braqués sur Jésus.
Jésus referme le livre puis dit simplement en guise d’homélie :
« aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre. »
Il ne faut plus attendre. Dieu passe à l’acte. Dieu sauve aujourd’hui.
Ce texte d’Isaïe devient un véritable discours-programme pour Jésus.
« Aujourd’hui » : Cet adverbe parcourt les 4 évangiles.
Quelques exemples :
1 A Noël l’ange dit : « Aujourd’hui vous est né un sauveur. »
2 Lors du baptême de Jésus, Dieu dit : « Tu es mon Fils. Aujourd’hui, je t’ai engendré. »
3 Après la guérison du paralytique les gens disent : « Aujourd’hui, nous avons vu des choses extraordinaires. »
4 En priant le Notre Père, – une prière inventée par Jésus -, nous disons : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. »
5 Lors de son passage sous le sycomore Jésus dit à Zachée : « Descends de l’arbre. Aujourd’hui, je vais chez toi. Aujourd’hui, le salut est venu pour cette maison. »
6 Au larron sur la croix, Jésus dit : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. »
Tout l’Evangile illustre que Jésus n’en reste pas au stade de la parole. Elle sera suivie par son action aux côtés des pauvres, des captifs, des aveugles et des opprimés. C’est la 2° bonne nouvelle.
3 Voici la 3°:
Le texte lu par Jésus commence par cette phrase : « L’Esprit du Seigneur est sur moi ». C’est le même Esprit qui a reposé sur Jésus lors de son baptême. (texte proclamé voici 2 semaines). C’est le même Esprit qui reposera plus tard sur les apôtres lors de la Pentecôte. C’est le même Esprit qui repose sur chacun de nous depuis notre baptême.
Autrement dit comme Jésus, nous avons les moyens de prendre part aux pistes d’actions reprises dans l’extrait du livre d’Isaïe que je résume en quelques mots : libérer l’homme de ses angoisses, de ses servitudes, de ses paralysies, rendre concrets les bienfaits de Dieu. 3° bonne nouvelle.
N’attendons pas demain, c’est aujourd’hui que se réalise la promesse.
Fd Stréber
Prière universelle :
C’est la Parole de Dieu qui fait notre unité.
Puisse chacun être reconnu dans son interprétation c’est-à-dire dans sa mise en pratique.
- Tous nous écoutons la même Parole, tous nous nous réclamons d’un même Evangile. Pourtant cette Parole reste parfois lettre morte dans notre vie, Pour que notre prière corresponde à notre vie et que notre vie devienne prière. Seigneur nous te prions.
- L’unité ne peut se vivre que dans la diversité. Pour que personne, au nom de cette unité, ne soit ni rejeté ni condamné, mais que dans le respect et la reconnaissance de chacun, nous suscitions la véritable communion. Seigneur nous te prions.
- Malgré notre désir de paix, l’actualité reste endeuillée chaque jour par de nombreux morts de par le monde. Puisse cette violence, non seulement nous émouvoir ou blesser notre sensibilité mais soulever et susciter notre solidarité. Seigneur nous te prions.
Père, puisse ta Parole trouver en nous des témoins fidèles et audacieux par ton Fils Notre Seigneur Amen.
P’tit rawett (échos à la 2° lecture) – Chacun a SON rôle A jouer
Si la note disait :
– Ce n’est pas une note qui fait la musique… il n’y aurait pas de symphonie.
Si le mot disait :
– Ce n’est pas un mot qui fait une page… il n’y aurait pas de livre.
Si la pierre disait :
– Ce n’est pas une pierre qui peut monter un mur… il n’y aurait pas de maison, ni d’église, ni de cathédrale.
Si la goutte d’eau disait :
– Ce n’est pas une goutte d’eau qui fait une rivière… il n’y aurait pas d’océan.
Si le grain disait :
– Ce n’est pas un grain de blé qui peut commencer un champ… il n’y aurait pas de moisson.
Si l’homme disait :
– Ce n’est pas un geste d’amour qui peut sauver l’humanité… il n’y aurait pas de justice, de paix, de dignité et de bonheur sur la terre des hommes.
Comme la symphonie a besoin de chaque note, comme le livre a besoin de chaque mot, comme l’océan a besoin de chaque goutte d’eau, comme le moissonneur a besoin de chaque grain de blé, l’humanité tout entière a besoin de toi, là où tu es, et on pourrait ajouter : là comme tu es avec ta joie, ton espérance, ta souffrance, ta misère, l’humanité tout entière a besoin de toi, car tu es unique, aimé de Dieu et donc irremplaçable.
Michel Quoist repris dans « Rendez-vous comtes » compilé et édité par A. Vervier et Fd Stréber