Homélie 30ème dimanche temps ordinaire Année B – Abbé Fernand Stréber

L’Evangile d’aujourd’hui nous dit 3 mots :
Confiance ! Dieu tient toujours promesse.
Lève-toi ! Il attend que tu fasses un pas.  Il n’ira pas te chercher.

Il t’appelle !  Et s’il t’appelle, c’est sûrement pour ton bonheur.

Abbé F. Stréber 

Marc 10,46b-52 : guérison de l’aveugle Bartimée
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

Homélie           

Les marginaux ne sont pas toujours ceux qu’on pense.

NB : Les mots en italique sont des mots de l’évangile de ce jour.

Que trouve-t-on au bord du chemin ?
1         Des déchets jetés par des usagers de la route.  Quand je fais mon jogging, je suis choqué par les poubelles de ceux qui ne veulent pas se rendre au parc à containers.  Cette semaine j’ai eu l’occasion de m’arrêter pour saluer le civisme d’un bénévole qui les ramasse régulièrement.

Sur le bord de la route nous trouvons rarement quelque chose d’intéressant.

2         Pourtant, c’est là aussi que se trouve l’aveugle Bartimée et avec lui tous les clandestins, les migrants, les exclus de la société comme les détenus, les bouches inutiles et les dépressifs de toute espèce.

3         Sur le bord de la route c’est là aussi que se trouvent les oubliés, qu’ils soient du tiers ou du quart monde ou encore ceux qui sont en panne parce que la malchance, l’échec ou la perte de leur emploi les ont surpris alors qu’ils ne s’y attendaient pas.

En se mettant au bord de la route toutes ces personnes n’encombrent pas trop ceux qui ont pris la bonne route, ceux à qui tout sourit et qui foncent en ne regardant que devant eux.

Il ne faut pas déranger ceux qui savent où ils vont, qui sont sûrs d’eux car ils détiennent la vérité et le droit.

Pourvu que tous ceux-là qui sont au bord du chemin ne viennent pas les gêner en tendant la main et en criant comme l’aveugle Bartimée : « Prends pitié de moi

Jésus marchait sur la route avec ses disciples et une foule nombreuse.  Il allait de Jéricho vers Jérusalem, ville où il sera bientôt acclamé par la foule avant d’endurer la crucifixion et d’être ressuscité, remis debout par Dieu.

Sur la route, Jésus a entendu les cris de Bartimée malgré les gens qui le rabrouaient pour le faire taire.  Jésus s’arrête et dit.  « Appelez-le. »  Jésus ne va pas lui-même vers l’aveugle mais invite ses auditeurs à retrouver la vraie priorité autrement dit l’amour de tous ces petits que lui, Jésus, mettait au centre.

Etrangement, l’aveugle devient le sujet de toutes les attentions.  Tout à coup, il devient intéressant.  Il devient quelqu’un dont les premières communautés chrétiennes ont retenu le nom : « Bartimée » ! Un prénom araméen qui signifie « fils précieux ».

Bartimée n’hésite pas.  Il jette son manteau,  –  et j’imagine,  –  aussi sa casquette avec ses quelques pièces pour bondir sur la route et courir vers Jésus qui lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. »  Bartimée retrouve la vue.  Il se met à marcher, rejoignant le flot de toutes celles et ceux qui vont à Jérusalem.  C’est une véritable résurrection !

Depuis lors, Bartimée est devenu le modèle des croyants.    De quelles manières ?

1         Bartimée sort de son attitude d’attente pour oser crier sa misère.  Il croit en lui.

2         Bartimée formule sa demande.  La prière n’est-elle pas aussi un cri vers Dieu ?

3         Bartimée fait face aux oppositions de son entourage direct qui le rabroue.

4         Bartimée jette son manteau.  Il prend distance par rapport à ses attaches matérielles pourtant essentielles pour quelqu’un qui « tête la rue » comme m’a dit un jour un détenu.

5         Bartimée honore la confiance qui lui est faite en allant vers Jésus.

6         Une fois relevé, Bartimée marche avec Jésus et vit déjà comme un ressuscité.  L’évangile utilise le même mot grec pour dire « relevé » et « ressuscité. »

7         A son tour, Bartimée aura l’occasion de concrétiser sa foi en disant à tous ceux qui sont encore sur le bord de la route: « confiance, lève-toi il t’appelle. »

Depuis ce jour-là, ils sont nombreux celles et ceux qui marchent sur le chemin tracé par l’évangile, celles et ceux qui ont, comme Jésus, entendu des appels de détresse et ont eu le courage de s’arrêter, de croiser des regards pour leur proposer de soutenir la campagne 11.11.11.  Ces personnes ont le courage de prendre la main des éclopés, des abandonnés à la misère pour les faire simplement quitter le bord du chemin et les faire goûter au bonheur de marcher avec d’autres sur une belle route avec, devant eux, la perspective d’un bonheur à construire et d’une vie à réussir.

PRIÈRE UNIVERSELLE
  1. Seigneur, vois le premier regard de l’enfant qui s’éveille à la vie.

Regarde avec nous  les yeux pleins d’espérance  de ceux qui croient en l’avenir….
Nous te prions.

  1. Seigneur, vois le regard joyeux de ceux qui aiment d’un amour sincère.

Regarde avec nous les yeux de ceux qui sont révoltés…Nous te prions.

  1. Seigneur, vois le regard douloureux des souffrants.
    Regarde avec nous les yeux de nos frères privés de la vue…Nous te prions.
  2. Seigneur, vois le regard de ceux qui baissent les bras.

Regarde avec nous les yeux mouillés de larmes de ceux qui pleurent un ami décédé…. Nous te prions.

2 p’titès rawett’s

Dans cette ville, il n’y a pas de coiffeur


« Il n’y a pas de Dieu ! » lança tout à coup le coiffeur.  «  Et pourquoi donc ? interrogea son client. 

« S’il existait , il n’y aurait pas tout ce mal et ces êtres  mauvais comme  Hitler, Staline et tant d’autres »répondit-il. 
Le modeste croyant qui se faisait couper les cheveux opposa quelques arguments mais en vain.  Notre coiffeur avait des idées bien arrêtés.  La coupe achevée, le client s’en alla. Un peu plus loin, il croisa un pauvre hère à la coiffure longue et désordonnée, à la barbe généreuse et hirsute.  Il reprit alors la direction du salon de coiffure et interpella le coiffeur :
« Il n’y a pas de coiffeur dans cette ville !  »   « Et moi, alors ? »
«  Non il n’y a pas de coiffeur dans cette ville ! Je viens de voir un homme à la chevelure démesurée et à la barbe non taillée.  C’est bien la preuve. »  
« Mais je n’en peux rien s’il ne s’adresse pas à moi » répliqua le coiffeur.
« Tu vois, il en va de même pour Dieu. »

Dans « Racontez-nous » 2° tome, 40 contes, plaquette éditée par  A.VERVIER & F. STREBER 2022

D’après une histoire racontée par Pie TSHIBANDA.

Dieu…, l’inattendu

II y avait une fois une dame qui était religieuse, dévote et remplie d’amour de Dieu.

            Chaque matin, elle allait à l’église.

            Chemin faisant, des enfants l’interpellaient, des mendiants l’accostaient, mais elle était tellement absorbée dans ses dévotions qu’elle ne les voyait même pas.

            Or, un bon jour, elle descendit la rue comme d’habitude et parvint à l’église juste à temps pour l’office.

            Elle poussa sur la porte, mais ne put l’ouvrir. Elle poussa plus fort et découvrit qu’elle était verrouillée.

            Bouleversée à la pensée de manquer l’office pour la première fois depuis des années et ne sachant quoi faire, elle leva les yeux.

            Et là, juste devant sa face, elle vit une note épinglée sur la porte.

            C’était écrit : “Je suis là, dehors !”.

Journal « En Marche« 

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