Homélie 15ème dimanche temps ordinaire Année B – Abbé Fernand Stréber

Jésus envoie les douze en mission
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6, 7-13

En ce temps-là, Jésus appelle les Douze ; alors, il commença à les envoyer en mission deux par deux.  Il leur donnait pouvoir sur les esprits impurs, et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ.  Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir.  Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.

Homélie

« Nul n’est prophète en son pays » nous a dit Jésus dans le texte d’évangile proclamé la semaine dernière.  Jésus vient de subir un échec dans la synagogue de Nazareth où les gens de son village ne l’ont pas écouté.  C’est ce moment précis qu’il choisit pour envoyer ses 12 apôtres en mission.  Jésus ne se décourage pas.  Il se remet en route immédiatement.

Pas facile pour les 12 qui, jusqu’à présent, ont suivi le maître.  Désormais, ils doivent se lancer sans lui.  Les douze n’en mènent pas large !

Alors Jésus leur donne 5 recommandations :

  1. Être solidaires : Partir « deux par deux :

Au temps de Jésus, un témoignage n’était reçu que s’il était porté au moins par deux témoins.  Jésus envoie donc ses disciples deux par deux.  C’est pour qu’ils puissent s’entraider en cours de route, se réjouir de leurs succès, se réconforter aux heures de déception. 

Aujourd’hui, si nous voulons apprécier la qualité d’un témoin du Christ, il est donc intéressant de vérifier s’il parle et agit en son nom propre ou en solidarité avec d’autres.  L’évangélisation n’est pas une affaire individuelle mais communautaire.

  1. Repousser le mal « Expulser les démons »: .

Dans sa deuxième consigne, Jésus invite ses apôtres à repousser les esprits mauvais et il leur donne le pouvoir requis pour le faire.

Les esprits impurs : autrement dit tout ce qui empêche l’homme d’être lui-même, d’être libre : par exemple : l’argent, la soif du pouvoir, l’envie de dominer, la recherche des honneurs,…

3 : troisième recommandation : Emmener seulement  le nécessaire « N’emportez que le strict nécessaire : un bâton, des sandales. »

Ces recommandations varient d’un évangéliste à l’autre.  Marc, Matthieu et Luc ne retiennent pas les mêmes détails.  C’est dire que cette recommandation n’est pas à prendre à la lettre et peut être adaptée selon le climat, les conditions géographiques et culturelles du pays.

Je ne crois pas que Jésus interdise de faire des provisions et des calculs  Il ne nous demande pas d’imiter des moines irlandais qui se lançaient sur les mers dans des barques sans gouvernail tant était grande leur confiance en Dieu qui les envoyait.

4 : Quatrième recommandation : Respect de la liberté. « Si on refuse de vous écouter, partez en secouant la poussière de vos pieds. »

Jésus dit à ses apôtres de ne pas craindre l’indifférence, le refus, des auditeurs.  La vérité de l’Evangile peut faire peur, attiser des résistances.  Dans de tels cas ils n’ont qu’à aller ailleurs.  L’évangélisation n’est pas une question de séduction ni de popularité.  Jésus ne demande pas d’entrer en conflit avec ces personnes.

Il s’agit d’offrir l’évangile, d’en donner envie.  Le reste ne nous concerne pas, c’est le secret de la liberté de chacun et de la grâce de Dieu. 

Nous ne savons pas ce que la femme adultère a fait de la parole de pardon de Jésus: c’est son secret.

Ce que j’aime bien dans l’histoire de Bernadette Soubirous qui a fait une expérience inédite avec la Vierge Marie dans une grotte des Pyrénées.  Marie lui demande d’aller en parler au curé de Lourdes.  Il la reçoit froidement.  Bernadette lui dit simplement :  « La Sainte Vierge ne m’a pas demandé de vous convaincre, elle m’a demandé de vous le dire. »

  1. Poser des gestes concrets : « Ils proclamèrent qu’il fallait de convertir. expulsaient des démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades et les guérissaient »

Curieusement, Jésus ne précise pas ce qu’il faut dire, mais bien ce qu’il faut faire.

Cette recommandation demande aux apôtres non seulement de prêcher, mais surtout de poser des gestes qui attestent la vérité de ce qu’ils annoncent.  Les gestes évangélisent davantage que les paroles.  Ce qui ne veut pas dire que les paroles sont inutiles.  Mais elles ont leur limite.

5 recommandations données par Jésus aux douze.  5 consignes toujours bien utiles aujourd’hui aux disciples que nous sommes.

Abbé Stréber Fernand

Prière universelle

Comme Amos  et les prophètes de l’Ancien Testament
qui ont quitté leur terre
pour annoncer la venue de ton règne,
Père, aide-nous à être disponibles à ton Esprit
lorsqu’il nous invite à renoncer à certaines habitudes
pour mieux parler de  Toi.
Nous te prions

 

Comme les disciples de Jésus
partant annoncer la venue du Royaume
à un monde parfois hostile et dur,
Père, aide-nous à être forts et courageux
face à l’indifférence,
face au vide spirituel,
face au rejet pur et simple.
Nous te prions

Comme Amos et les apôtres se défendant
face à des personnes refusant de les accueillir,
Père, donne-nous les moyens de nous défendre
quand notre témoignage de chrétien est ridiculisé.
Ainsi, nous ne serons plus tentés de rentrer dans l’anonymat en démissionnant.
Nous te prions

P’tit rawett’ – Incendie au cirque               

Un incendie venait d’éclater au cirque ambulant. Le directeur dépêcha le clown, déjà prêt pour le spectacle, vers le village voisin  pour demander des secours.  Le feu était sur le point de se propager à travers les toits desséchés par le soleil, jusqu’aux premières maisons. Le clown se précipita, exhortant vivement les habitants à venir prêter main forte aux gens du cirque en détresse.  Mais les villageois prirent l’appel du clown pour un excellent numéro publicitaire.  Ils applaudirent et rirent aux larmes. L’artiste s’efforça pathétiquement de raisonner la population : le cirque était réellement en flammes ! Ces supplications eurent pour effet de décupler l’hilarité de la foule, qui trouvait que le clown jouait admirablement son rôle. Les rires furent interrompus par le feu qui gagna le village.

Kierkegaard.
Voyages au pays des 500 contes, A. VERVIER et F. STREBER, édité par les auteurs en 2003.

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