« Une pause par jour » – 5 juillet 2024

S. Antoine-Marie Zaccaria, prêtre

Première lecture – « J’enverrai une faim, non pas de pain, mais la faim d’entendre les paroles du Seigneur » (Am 8, 4-6.9-12) – Lecture du livre du prophète Amos

Écoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays,
car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances. Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! » Ce jour-là – oracle du Seigneur Dieu –, je ferai disparaître le soleil en plein midi, en plein jour, j’obscurcirai la lumière sur la terre. Je changerai vos fêtes en deuil,
tous vos chants en lamentations ; je vous obligerai tous à vous vêtir de toile à sac, à vous raser la tête. Je mettrai ce pays en deuil comme pour un fils unique, et, dans la suite des jours, il connaîtra l’amertume. Voici venir des jours – oracle du Seigneur Dieu –, où j’enverrai la famine sur la terre ; ce ne sera pas une faim de pain ni une soif d’eau, mais la faim et la soif d’entendre les paroles du Seigneur. On se traînera d’une mer à l’autre, marchant à l’aventure du nord au levant, pour chercher en tout lieu la parole du Seigneur, mais on ne la trouvera pas. – Parole du Seigneur.

Psaume 118 (119), 2.10, 20.30, 40.131

R/ L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. (Mt 4, 4b)

Heureux ceux qui gardent les exigences de Dieu,
ils le cherchent de tout cœur !
De tout mon cœur, je te cherche, Seigneur ;
garde-moi de fuir tes volontés.

Mon âme a brûlé de désir
en tout temps pour tes décisions.
J’ai choisi la voie de la fidélité,
je m’ajuste à tes décisions.

Vois, j’ai désiré tes préceptes :
par ta justice fais-moi vivre.
La bouche grande ouverte, j’aspire,
assoiffé de tes volontés.

Évangile – « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin. Je veux la miséricorde, non le sacrifice ». (Mt 9, 9-13) – Alléluia. Alléluia. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, dit le Seigneur, et moi, je vous procurerai le repos. Alléluia. (Mt 11, 28) – Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôt. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » – Acclamons la Parole de Dieu.

La Loi et le coeur…

Une fois encore, le malentendu s’instaure entre les Juifs pieux et Jésus. En s’attablant avec des publicains, il choque car il contrevient aux règles de pureté qui obligent à se garder de tout contact avec des pécheurs. Or, ces « publicains » qui lèvent l’impôt au nom de l’envahisseur ont clairement fait le choix de « collaborer »: ils ne sont donc pas « fréquentables ». En partageant leur repas, Jésus ne les excuse pas, il n’est pas « laxiste ». Il cherche simplement, par ce geste provocant, à aider son auditoire à réfléchir.

Pour lui, la Loi est certes importante, mais elle ne doit pas étouffer le message d’amour du Père. Exclure d’emblée, au nom de la « bonne morale » celles et ceux qui ne correspondent pas à nos « valeurs » n’est pas conforme à la justice divine.

Pour bien se faire comprendre, Jésus cite un grand prophète, Osée : « C’est la miséricorde que je veux, et non les sacrifices ». L’auteur de notre évangile, Matthieu est le seul à citer deux fois cette phrase. Sans doute parce que, ancien publicain lui-même, et, par le fait même, longtemps interdit de s’approcher du Temple, il est touché par cette parole de compassion. Oui, « ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin»!

Être miséricordieux, c’est, littéralement, avoir le coeur (cor) sensible à la douleur, au malheur (miseria) de l’autre. Tant de « publicains » nous entourent aujourd’hui – blessés de la vie, blessés de l’amour – qui attendent de nous, non pas une Loi qui condamne, mais une espérance qui relève et un pain qui fait vivre.

Prière d’Evangile

Ce ne sont pas les bien-portants, mais les malades qui requièrent les soins du médecin.

Ce ne sont pas les repus et les prétentieux qui ont ta préférence, Seigneur notre Père, mais les pauvres qui mettent leur confiance en toi.

Ton Fils n’est pas venu appeler les justes, mais ceux qui, à l’exemple du publicain Matthieu, voient en lui un Sauveur plein de miséricorde.

Il n’hésitait pas, en son temps, à choquer les dévots quand ils négligeaient le cœur de la Loi.

Préserve-nous, Dieu fidèle et bon, de l’arrogance présomptueuse de ceux qui regardent les autres de haut. Donne-nous de répondre à tes appels avec une générosité semblable à celle de Matthieu.

Changez vos cœurs

Refrain
Changez vos coeurs, croyez à la Bonne Nouvelle !
Changez de vie, croyez que Dieu vous aime !

1
« Je ne viens pas pour condamner le monde :
Je viens pour que le monde soit sauvé. »
2
« Je ne viens pas pour les bien-portants ni pour les justes :
Je viens pour les malades, les pécheurs. »
3
« Je ne viens pas pour juger les personnes :
Je viens pour leur donner la vie de Dieu. »
4
« Je suis le Bon Pasteur, dit Jésus :
Je cherche la brebis égarée. »
5
« Je suis la porte, dit Jésus :
Qui entrera par moi sera sauvé. »
6
« Qui croit en moi a la vie éternelle :
Croyez en mes paroles et vous vivrez. »

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