Homélie de l’abbé Fernand Stréber : 1èr dimanche de l’Avent – Année B – 3 décembre 2023

1er dimanche de l’Avent.  (Année B) – Mc 13,33-37(Veillez)
Évangile – « Veillez, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison » (Mc 13, 33-37)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail,
et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous :  Veillez ! » – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

La vigilance est une qualité de présence.

 » Ce que je vous dis là, je le dis à tous. Veillez. « 

Chaque nuit, pendant que d’autres dorment, il y a des gens qui veillent.  Par exemple: la maman au pied du lit de son enfant malade, la personne au chevet d’un proche qui va s’éteindre, l’infirmière à l’hôpital, le service d’urgence 112; SOS Suicide ou Télé Secours, sans parler des travailleurs de la nuit.

Jésus voit son Église comme une maison où l’on veille, une maison aux vitres éclairées.  Jésus nous le demande:  » Prenez garde, veillez. « 

Dimanche dernier, dans la quasi – parabole du jugement dernier, Jésus nous rappelait que nous serons jugés sur l’amour et sur l’amour seulement.  Dans l’évangile d’aujourd’hui, il ajoute que nous, les chrétiens, nous serons aussi jugés sur notre vigilance.

 » Veillez, pour que le maître, en arrivant à l’improviste, ne vous trouve pas endormis.  » En dix lignes de cet évangile, ce verbe « veiller » est répété trois fois.

C’est le même appel que nous entendrons plus tard au jardin des oliviers, quand Jésus se retirera pour prier avec Pierre, Jacques et Jean et qu’il entrera en agonie.  Par trois fois, il reviendra vers eux et il les trouvera endormis alors qu’il les suppliait de veiller avec lui.

Veiller !  Que signifie cette attitude ? deux significations basiques de ce mot.

  • Rester volontairement éveillé pendant le temps habituellement consacré au sommeil.
  • être de garde ou surveiller un danger qui couve .

3        Jésus appelle à un autre éveil : c’est la vigilance, l’attente ou plus précisément l’attention.  Ces deux mots ont la même origine latine. : adventus qui a donné en français : Avent, cette période liturgique de 4 semaines qui précède Noël.

Attendre Jésus-Christ.   Mais comment s’y prendre ?: 2 étapes :

A : La prière comme Jésus  l’a fait lui-même notamment au jardin des oliviers la veille de sa mort.  » Veillez et priez.  » La prière nous maintient dans cette attente du Seigneur qui vient.

B : Mais où se trouve-t-il donc ce Jésus  ?  La quasi parabole du jugement dernier,  (Mt 25, 21-36) proclamée la semaine dernière nous a rappelé que son visage se découvre dans celui du pauvre.  Le thème de  campagne de « l’Action Vivre Ensemble » qui commence aujourd’hui insiste sur la solidarité.  (montrer l’affiche) 

La vigilance est donc cette qualité de présence aux autres, une présence qui permet de pressentir, de découvrir la détresse secrète d’autrui.

         Les quatre dimanches d’Avent nous préparent à trois venues de Jésus :
1 : la première venue de Jésus dans une mangeoire à Bethléem.

2 : la deuxième venue de Jésus dans notre cœur.  Laissons donc de la place pour accueillir Jésus dans notre vie.
Bientôt, nous allons installer une crèche chez nous.  Noël, sans crèche, ce n’est pas Noël. Mais où va-t-on la mettre cette crèche ?  Il y a déjà tellement de choses sur le meuble.  Il faudra encore pousser l’une ou l’autre chose de côté.  Et, si l’on faisait le contraire.  Si on débarrassait un coin du meuble maintenant et le laisser vide pendant le temps de l’Avent, ce serait une belle façon de se préparer à la venue de Jésus le jour de Noël, et surtout dans notre vie.
Oui, mais ça va faire un trou, un espace vide au milieu de la maison.  Oui, c’est vrai, mais n’est-ce pas comme cela qu’on peut sentir le vide de l’absence ?  N’est-ce pas comme cela qu’on peut mieux faire grandir en soi le désir de rencontrer Dieu?

3 : la troisième venue de Jésus : sa venue définitive.  Il est cet homme parti en voyage le jour de son ascension.  Il nous a confié sa maison, fixant à chacun son travail. (pour reprendre les termes de l’Evangile d’aujourd’hui) Et s’il nous était simplement demandé, pendant ces trois bonnes semaines préparatoires à Noël, de rester comme Marie, des serviteurs vigilants pour repérer cette venue de Jésus dans les frères multiples qu’il nous envoie sur notre route (notamment les personnes aidées par « l’Action Vivre Ensemble. »)

Abbé Stréber Fernand

Prière universelle

Le prêtre : Veillez, c’est l’invitation de ce début de l’Avent.  Confions au Seigneur les cris et les joies, les besoins et les espoirs de tous nos frères.

Veilleurs dans un monde parfois désorienté, solidaires des personnes qui perdent la direction de leur vie et des jeunes qui se perdent dans des passages sans issue, nous te prions, Seigneur.
Par ta présence, éclaire-nous. Que vienne ton Règne d’espérance.

Veilleurs dans un monde de fragilité et de détresse, solidaires des pauvres et des délaissés, nous te prions Seigneur.
Par ta justice, transforme-nous.  Que vienne ton règne de justice.

Veilleurs dans un monde instable, solidaires des personnes asservies au zapping, nous te prions, Seigneur.
Par ta patience, convertis-nous. Que vienne ton Règne de persévérance.

Veilleurs dans un monde aux yeux fermés, solidaires des chercheurs infatigables du bonheur, nous te prions, Seigneur.
Par ta bonté, change notre regard.  Que vienne ton Règne de simplicité.

Le prêtre : Seigneur, nous t’en prions, écoute nos prières  En ce temps de l’Avent, prépare nos cœurs à ta venue, toi qui es Dieu, pour les siècles des siècles. – Amen.

P’tit’ rawett’ : Une grenouille dans une marmite d’eau

Une marmite est remplie d’eau froide. Y nage tranquillement une grenouille.  Le feu est allumé sous la marmite.  L’eau chauffe doucement.  Elle est bientôt tiède.  La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager.  La température grimpe.  L’eau est chaude.  C’est un peu plus que ce qu’apprécie la grenouille, mais elle ne s’affole pas encore.  L’eau est maintenant vraiment chaude.  La grenouille commence à trouver cela désagréable mais elle est affaiblie, alors elle supporte.  La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille finira par cuire et mourir, sans s’être extraite de la marmite.

Plongée dans une marmite à 50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de patte salutaire et se retrouverait dehors.

Lorsqu’un changement négatif s’effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et à la vigilance et ne suscite la plupart du temps ni réaction ni opposition.                                                                                                                           

Quand brille la lune, Fidélité, p. 112

Laissez-nous votre commentaire !