Dieu ne chasse pas les importuns
Jésus dit une parabole pour montrer à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager.
Les malins peuvent toujours sourire du cierge allumé, chaque samedi soir, par la petite vieille du quartier ou la prostituée du coin…
Toi, Seigneur, tu n’as pas envie de sourire de ces mille et une prières, naïves ou intéressées !
Toi, tu devines bien à travers l’épaisseur charnelle de nos cris, les limites humaines de nos désirs, dans la maladresse et l’ambiguïté même de nos demandes, tu devines toujours une attente éperdue de bonheur, une folle espérance que tu as déposée dans notre cœur.
«Seigneur, donne-moi de cette eau
afin que je n’aie plus à venir puiser ici ! » (Jn 4,15).
La Samaritaine rêve d’une eau miraculeuse qui la délivrerait de ses épuisantes corvées quotidiennes.
«Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là ! » (Jn 6,34).
Les Galiléens rêvent d’une abondance de pain qui les délivrerait de leurs durs labeurs quotidiens.
Et Toi, Seigneur, pédagogue d’éternité, tu ne repousses aucune de ces humbles demandes, mais tu nous fais passer, progressivement, patiemment, de nos demandes imparfaites, immédiates, matérielles, au désir de l’Eau vive et du Pain du ciel.
Lentement, respectueusement, amoureusement, tu élargis nos horizons trop courts, pour nous révéler le véritable objet de notre demande, souvent caché à nos propres yeux.
Tu purifies, tu creuses, tu transformes ces si humaines prières de demande, en les ouvrant à notre vraie faim et à notre vraie soif, à notre soif de Vie, à notre soif d’Amour et d’Eternité.