Sois mon pourvoyeur de sève !
Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu’on jette dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l’obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruits : ainsi, vous serez pour moi des disciples. »
Seigneur,
dans le silence de l’aube,
dans la rumeur assourdie du soir ou au cœur de la nuit,
j’aime venir te prier devant la petite lampe du sanctuaire.
Là, je prends mieux conscience que je ne suis qu’un sarment
de cette Vigne dont Tu es le Cep vivant.
Greffe-moi sur Toi, Seigneur, solidement.
Greffe-moi sur ton grand Corps spirituel
qui dépasse les frontières visibles du monde et de l’Eglise.
Greffe-moi sur ce Corps qui respire au rythme de l’invisible.
Que ton Esprit, Seigneur, Amour créateur, Vie féconde,
circule en moi, habite ma vie, mes relations, mes joies, mes souffrances,
mes engagements, mes paroles et mes silences.
Alors, comme le sang qui irrigue la moindre cellule du corps,
comme la sève qui irrigue la plus petite feuille de l’arbre,
par Ton Esprit,
je serai en communion avec toute la terre.
Je crois qu’en Toi, Seigneur, le Vivant,
les hommes, désormais, ne sont plus seulement des individus,
juxtaposés, isolés,
mais un seul Corps
qui rassemble tous les vivants et tous les morts.
Branche-moi sur ta Vie, Seigneur !
Plus je serai intimement greffé sur Toi,
plus j’entrerai dans ce grand et mystérieux circuit de l’amour créateur,
et plus je serai proche de tout homme.
Ma prière greffée sur la tienne, ô Christ priant,
apportera, je le crois, ce surcroît d’amour,
ce surcroît de respiration intérieure
qui régénère toutes les cellules du Corps
et rapproche les cœurs.
Greffe-moi sur ta Vie, Seigneur
et ma vie trouvera cette secrète fécondité
qui prépare la terre des hommes à ton éternité.