Il n’y a plus rien à en tirer
« Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. »
Décidément cette paroisse est trop vieille,
dit son curé,
il n’y a vraiment rien à en tirer.
Elle est figée dans une désespérante somnolence,
elle ronronne aux Sons des grandes orgues,
elle broute paisiblement la messe du dimanche !
Seigneur, voilà des années
que je rame à contre-courant,
pour rien !
Mes paroissiens estiment qu’ils ont droit
aux secours de la religion,
et que je suis payé pour cela !
Pompier, gendarme, curé,
après tout, chacun son métier !
Je suis à la fois leur druide et leur paratonnerre…
Et ils s’étonnent parfois de mes brusques colères !
Seigneur, est-ce bien utile de vouloir faire boire
un âne qui n’a pas soif?
Je crois que je vais mettre la clef sous le paillasson…
Mais un soir, avec quelques-uns d’entre eux,
plus lucides, plus éveillés,
nous avons décidé de prier une heure,
chaque semaine,
ensemble.
Nous avons prié chez l’un,
puis chez l’autre…
Nous avons commencé par bêcher notre propre jardin,
nous avons sarclé nos vieilles habitudes,
retourné nos lâchetés, nos blocages, nos rancœurs,
extirpé patiemment nos impatiences, nos a priori, nos peurs…
Oui, nous avons prié,
beaucoup prié.
Nous avons retourné et fumé notre terre,
pendant des semaines et des semaines…
Nous étions une petite poignée …
Quelques mois plus tard, nous étions une centaine.
Et aujourd’hui,
notre paroisse a refleuri
et commence à donner quelques beaux fruits !