18 juillet 2015, 7h30. Gedinne, 6 vélos, 1 voiture balai. L’aventure commence. Pour ma part, c’est la première année que je tente cette expérience : le « Pélé Vélos ». Rallier un petit village dans le centre de la France à Lourdes en 4 jours. 450 kilomètres d’épreuve physique mais surtout morale. Parce que le physique, à part le premier jour parsemé de malchance et de problèmes, n’aura pas fait défaut les 3 jours suivants. Mais le moral est plus que primordial dans un tel périple. Résumons chaque jour de ce tour inoubliable.
Jour 1, problèmes à gogo (125km) : Après avoir visité la veille le village historique d’Oradour sur Glane, notre première station, nous voilà partis pour rejoindre Notre-Dame de Sanilhac, dans le Périgord. Plus facile à écrire qu’à faire, nous étions motivés, mais nos vélos pas autant. Après à peine 1 kilomètre, mon pneu arrière crève. Il n’atténuera pas ma volonté, nous voici repartis sur le champ. Etape sans grandes difficultés, si ce n’est les nombreuses côtes et les nombreuses descentes. Mais encore une fois, plus que les jambes, les vélos ont lâchés : 2 crevaisons au total et surtout un gros problème de dérailleur, qui laissera son propriétaire dans l’incapacité de continuer l’aventure. Nous laissons un autre camarade dans la voiture balai au dernier point de ralliement, à 30 kilomètres de l’arrivée. Les crampes sont très nombreuses, si bien que mon rôle de cycliste se transforme en masseur pro. (rires) Cette première étape est à oublier pour le lendemain, absolument. A Notre Dame de Sanilhac, la piscine permet de remettre les jambes en place et d’oublier les crampes.
Jour 2, départ à 08h30 (100km) : nous devons rejoindre Virazeil, petit bourg près de Marmande. Réduits à 5, 4 jeunes et 1 vétéran qui nous laissera bouche bée tout le long du chemin. Car s’il existait un maillot du mérite, il serait pour lui : grosse grippe 2 semaines auparavant, il a tenu et plutôt bien le rythme. Ce deuxième jour donc sera sans grande difficultés encore ( à part cette côte de Montbazillac assez mortelle) et surtout sans problèmes techniques. Quel plaisir de rouler sans s’arrêter tous les quarts d’heure, les jambes souffrent moins. Notre arrivée plutôt précoce nous permettra de profiter beaucoup de la piscine, la détente fait du bien !
Jour 3, toujours tout droit ! (100km). 100 kilomètres, c’est une chose. Mais lorsque la moitié de l’étape n’est que ligne droite interminable, le moral doit être au top. Il l’était, une vitesse moyenne très élevée pour arriver à Manciet, notre dernière auberge avant d’arriver dans la ville sainte. Pas de piscine cette fois, mais un café non loin de là avec des bières bien de chez nous! De quoi se sentir près de chez soi, à presque 1000 kilomètres de là.
Jour 4, la der’ ! (110 km). Motivés par notre but, la vitesse moyenne augmente nettement. Aucune difficulté à nouveau, c’est la fin ! Maxime et sa grande chance, crèvera un pneu juste à la pancarte Lourdes. Arrivée au sprint vers cette pancarte, sprint mythique dans l’histoire du Pélé Vélos.
Arriver à cette pancarte n’est pas chose commune. Pour ma 5ème fois à Lourdes, les papillons dans le ventre étaient encore là. Voir cette pancarte et se souvenir de l’effort commis donne vraiment une autre vision de soi-même. « On l’a fait ! », criai-je à mes camarades. Et la sensation n’était pas moindre. Fierté mêlée de bonheur, les derniers kilomètres vers le camp des jeunes, notre logement pour la semaine.
Cette aventure était inoubliable. Elle nous a permis de nous prouver qu’on pouvait le faire, malgré les appréhensions. A recommencer, sans hésiter !
Brandon Lemmens